LA GLYCINE
A mon balcon celle gl}cine Tord ses bras fleuris dans le soir, Avec le tendre désespoir .
D'une princesse de Racine.
Elle en a la fière langueur Et la inortelle nonchalance; Et lorsqu'un souffle la balance, Et que le jour traîne en longneur,
Et tarde à partir, cl recule Le déchirement tant qu'il peut, Elle exhale une àme d'adieu, Bérénice du crépuscule !
2l6 LES MUSARDISES.
Le livre glisse de mes mains.
Le petit drame se termine.
(I Cruel! » dit au jour la glycine.
Les cieux blessés ont des carmins.
Par la haute porte-fenêtre, Mystérieusement, alors, Une des branches du dehors.
Comme un geste vivant, pénètre.
Du frémissant encadrement Ce bras jeune et souple s'échappe ; Et je sens sur mon front la grappe Qu'il laisse pendre tendrement !
Tout s'embaume. El je remercie.
Et, pour lui dire mon amour, Je donne à la fleur, tour à tour.
Le nom d'Esther et d'Aricie.
Et je compare, les yeux sur Mon livre tombé sans secousse.
L'odeur plus forte d'être douce Au vers plus ardent d'être pur !