‹ Les musardises, 1887-1893Chapitre 54 sur 67 · lUÈRE d'un matin BLEU · texte numérisé non relu

lUÈRE d'un matin BLEU

Répète : « Tuiun... »

Sur autant de tons Qu'un delphinium A de clochetons!

Que dit l'eau du puits?

« Adveniat... » L'air?

(( Regnum tiiiim... » Puis Tout devient plus clair !

Bien qu'entre les pins Glisse un canon mat, Là-bas les lapins Ont gémi : « Fiat!... »

Ayant accepté Qu'un plomb la tuât, La caille a chanté :

« Voluntas tua !... »

Un pigeon luisant Quitte le bouleau Et monte, en disant :

(( Siciit in cœlol... »

La bêche, à ce vol Dont elle vibra, Droite dans le sol Gronde : « Et in terra ! »

Et : (( Panem nostriim... ».

Dit le sol vermeil.

(( Qaotidianuni... », Réi3ond le soleil !

Le ciel est si bleu Que tout, ce matin, Pense qu'il ne peut Prier qu'en latin !

C'est le réséda D'aube irradié Qui murmure : <( Da Nobis ho die... »

« Dimitte nobis Débita nostra... ».

Bourdonne l'iris Où l'abeille entra.

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