L'ENFANT JESUS
d'ailleurs un peu sèche et semble sortie des mains d'un bon médailleur, tel que Guillaume Dupré, plutôt que de celles d'un statuaire. Pourtant, dans le buste de Dominique de Vie, Dupré montre avec quelle liberté et quelle franchise il sait manier la ronde-bosse.
Le groupe en bronze de De Vries est intitulé: Mercure enlevant Psyché. Je crois que Mercure, au contraire, rapporte, non sans effort, et dépose à terre son fardeau non reconnu et refusé par l'Olympe. Psyché, c'est psuké : un souffle, un rien. Or, la personne pèse bon poids !
Le Mercure de Jean Bologne n'ayant, lui, rien à porter que son caducée, se pose légèrement sur le paquet de cure-dents que mâchonne un Eole bouffi. L'œuvre est d'un bon élève de Michel-Ange, qui, devenu professeur à son tour, aura trop d'élèves, et tiendra mal sa classe de petits arrivistes. L'un d'eux, pourtant, mérite une mention très honorable : c'est Pierre Tacca, pour son beau buste du maître.
Pierre Biard a sculpté lourdement une Renommée pour le tombeau du duc d'Epernon à Cadillac en Guyenne. Est-ce une Renommée qui souffle dans un tube, ou bien un tube qui souffle dans une Renommée, à la voir ainsi boursouflée? Biard est l'auteur d'œuvres plus solides, entr'autres le magnifique jubé de Saint-Etienne-du-Mont.
Warin, sculpteur flamand naturalisé français, est l'auteur du beau buste de Louis XIII, œuvre qui est un portrait d'homme et non une illustration d'oraison funèbre. C'est cette volonté d'observation, ce souffle d'air pur et vivifiant qui empêcheront
Jean -AYarix.
Louis XIII.
l'étouffement de Tari français, qui permettront l'avènement de Puget el de Coyzevox.
II faut encore citer, parmi les sculpteurs de ce temps: Michel
Bourdin, à qui l'on doit la statue d'Amador de la Porte; Simon Gnillain, qui résiste à l'« influence», ou malaria romaine, avec les trois statues, a r r a n g é e s en basrelief triomphal, de Louis XIII, d'Anne d ' A u t r i c h e, e t d e Louis XIV enfant, pour le monument du Pont-au-Change ; Jacques Sarrazin et ses beaux médaillons, en regrettant que son œuvre principale, le Cardinal de Béridle, soit à Juilly; François et Michel Augnier, qui se présentent fièrement, avec le superbe tombeau de De Thou, déjà signalé, le monument des ducs de Longueville -- et, hors du Louvre, les bas-reliefs de la porte Saint-Denis, si peu regardés, les sculptures du dôme du Val-de-Grâce, qui méritaient bien quelques vers de Molière; Gilles Guérin, qui nous laisse la
Simon Guillain.
Louis XIII. Anne d'Autriche, Louis XIV enfant.
statue de Charles de l'a Vieuxville et de sa femme . . . Mais, si c'est toujours la continuation du mouvement de la Renaissance, nous voilà aussi en plein XVIIe siècle.