‹ Les musées d'Europe. La sculpture au Louvre;Chapitre 51 sur 52 · LES MASQUES · texte numérisé non relu

LES MASQUES

Ija sculpture de la Chine est à peine représentée au Louvre, et c'est le Japon seul qui fournira les éléments de ce dernier chapitre. Ce n'est pas que les œuvres japonaises soient, elles non plus, bien nombreuses, mais elles forment le commencement d'une collection qui pourra s'agrandir par bonne fortune, et quelques pièces sont intéressantes et significatives.

La plus ancienne œuvre placée ici serait la délicieuse statuette d'Amida, en bois laqué, datée du VIIe siècle, longue figurine

debout sur la fleur de lotus, les yeux clos dans un visage triste et vieillot, et deux mains admirables, l'une levée,Fautre abaissée, deux mains délicates, fines, fuselées, faites pour les contacts précieux et les gestes sacrés.

La grande sculpture peut être admirée en une fort belle statue en bois du VIIIe siècle, une statue de Bodhisatwa provenant du temple de Yaku Si Ji. C'est un personnage grand et svelte, le taille mince et légèrement infléchie.

Les plans du corps sont établis avec un art impeccable, et les dessins retombants formée par le costume sont d'une grâce régulière tout à fait spéciale. Le visage est lourd, le menton double, la bouche petite, l'arcade sourcilière largement dessinée. L'ex-

Stalue d'Amida. Bois laque (Vile siècle).

JAPON

^■MH

MASQUE DE BOUDDHA (époque archaïque)

pression est fixe, imperturbable, comme sur beaucoup de visages de l'Egypte et de la Chaldée, mais il y a ici une expression particulière d'amertune et de lassitude.

Le masque du Bouddha archaïque, que l'on peut voir sous une vitrine, non loin de cette belle statue, est, au contraire, marqué de l'étonnante sérénité du grand prophète de l'Asie. Aucune émotion passagère ne peut troubler ce visage où la sagesse humaine se mêle au sentiment du néant divin. Ce n'est pas le sommeil qui clôt ces lourdes paupières, c'est la pensée qui se recueille, étrangère aux vaines passions et aux puériles gloires du monde. Tout homme, pour éviter les

SOttiseS et les Portrait de Tokyori (XVIe siècle).

vilenies de la vie, de vrait avoir toujours sous les yeux ce masque à la fois hautain et bienveillant.

II y a encore un Bodhisatwa Mirokou, incarnation bouddhique de la charité, que l'on croit du IXe siècle. Puis, des masques de Ghigakou, déformés et grimaçants, des Ville, IXe, XIIe siècles; un petit prêtre en bois laqué du XVIe siècle; et du même temps, une

belle statue assise, le Polirait de Tokyori, visage d'ascète, œil pensif, alors qu'un autre : Rijoken, prêtre bouddhiste, a le front plus soucieux, l'œil plus vif, le visage plus dur.

Les masques sont assez nombreux et d'expressions variées, les uns riants et paternes, d'autres inquiets et douloureux. Les nuances notées par. les artistes japonais sont nombreuses, et le genre du portrait n'est nullement absent de leurs œuvres. Leurs représentations des animaux sont, elles aussi, infiniment variées, mais je ne vois guère au Louvre qu'une Tête d'aigle en grès et une Tortue en bronze.

Le monument le plus récent est un Bouddha en bois doré, probablement du XVIIIe siècle, où nous admirerons une fois de pins le travail des artisans du Nippon, la pure science de la forme paisible, l'attitude de la sagesse bienfaisante.

Portrait de Rijoken. prêtre bouddhiste.

JAPON

BOUDDHA (XVIIe ou XVIIIe Siècle)

F. Anguier et B. Prieur. — Tombeau du président de Thou.

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