X PREFACE
que la France eût, comme l'Angleterre, la connaissance , la pratique , le respect de la liberté, du droit et du devoir ?
Pour revenir à l'objet qui nous occupe, aux musées de France, et pour parler aux Français de ce qu'ils ont chez eux, quel est, de ces deux partis, le meilleure prendre ? — Ou tout louer, tout admirer , tout exalter, prétendre que notre musée du Louvre l'emporte à la fois sur ceux du reste de l'univers , qu'il est au grand complet, qu'il réunit toutes les époques, toutes les écoles, tous les genres, tous les maîtres,etqu'il possède les meilleures œuvres des maîtres, des genres, des écoles et des époques; — ou bien reconnaître que, s'il est réellement supérieur à tous les autres musées dans son ensemble, et par l'universalité de ses collections, il est, dans chaque partie, surpassé par quelqu'un des autres; qu'à côté de richesses véritables , précieuses, et quelquefois surabondantes, il offre souvent une misère qui va jusqu'à la nudité , des vides absolus , des lacunes regrettables , impardonnables quelquefois , de trop grandes parts pour de petites renommées ou de trop petites œuvres pour de grands noms; puis signaler ces imperfections diverses, non certes pour le triste plaisir de blâmer, mais dans Tespoir qu'elles seront corrigées avec le temps? Je le répète : de ces deux partis quel est le meilleur à prendre? Assez d'autres s'arrêtent au premier; moi, j'adopte le second, et je croirai nonseulement donner à mon travail une fin plus utile, non-seulement me tenir plus près de la justice et m'avancer plus loin dans le progrès, mais aussi mieux comprendre et mieux pratiquer le véritable amour de la patrie.