‹ Les musées dE̕urope: Le Louvre: La peinture étrangèreChapitre 29 sur 38 · I.ilnsvvvliscmcnt du Chrisl · texte numérisé non relu

I.ilnsvvvliscmcnt du Chrisl

(1525—1578), avec un Capitaine nénilien noir et rouge. Restent deux séries considérables du Tintoret et du Véronèse*

Le Tintoret, de son nom Jacopo Robusti, né en 1518, mort en 1594, élève du Titien, bientôt épris des formes allongées et musclées de Michel-Ange, fut un magnifique travailleur, acharné a

Palm A lk Vikix.

L'Adoration des bergers.

l'étude de l'antique et de la nature, et qui a apporté à l'Ecole de Venise et à Tart une beauté de pittoresque, un sens du dramatique qui font reconnaître ses œuvres entre toutes. Il n'a pas la tranquille aisance du Titien, la chaleur paisible de sa couleur, il n'a pas la calme ordonnance de Véronèse, il apparaît un artiste en recherche, guidé par l'inquiétude. Mais rien n'est plus beau et plus émouvant que cette ardeur passionnée. D'ailleurs

Li: Ti\t()iii:t.

L(i clutslc Siizdnii

c'est en Italie qu'il Inul voir le Tiiitoret. bien (jn'il ne puisse y avoir un plus beau tableau que son Ijwcincnl (1rs pieds de la sacristie de Vl\scuri(ii mais nous sommes au musée de Madrid, où se voient aussi de très beaux Tintoret: la linluillc ïUdvUiiuc cnlre Turcs ci Vcniliciis. mouvementée sans confusion, vue au-dessous

Le Tixtoret.

Joseph et la femme de Pntiphar.

IG

des voilures de deux barques, et sur Tune de ces barques, la ligure éblouissante de clarté dune femme renversée et emportée par des ravisseurs; la Pnrijication des Vierges Madionites, scène de baigneuses faite d'attitudes et de mouvements de nature, où rallongement des figures, imité de Michel Ange, sera imité par le (ireco, de même que les harmonies bleues et blanches et les figures saintes et angéliques du Paradis seront également inspiratrices du peintre de Tolède: des panneaux traités avec la liberté de l'esquisse, où il y a de délicieuses har-

T.i: Tintoiu:t.

Le Paradis.

mon les et des mouvements dune vérité prise sur le fait, la Heine de Saha., la (Auiste Suzanne, Moïse sauné des eaux, Esllier devant Assuérus, Judith et Ilotopherne, Joseph et ta femme de Putiphar : enfin, des portraits de Vénitiens et de Vénitiennes où le Tintoret montre un tempérament particulier d'observateur, un sens du caractère et de Tâpreté, des costumes noirs et des chairs grises, qui en font, là encore, un initiateur du (ireco.

Paolo Cagliari, dit le Véronèse (1528—1088) est, comme le Titien, un grand représentant de la gloire de Venise. C'est un maître du groupement et de la perspective, il établit ses décorations avec la science d'un architecte, il dresse ses figures comme un sculpteur.

ECOLE ITALIENNE

\.E IINTOREl

LA PITHIFICAIION DES VIERJ^HS MAUIAMIKS

Li: Tin ToiiF.T.

Moïse sdiiiu' ihs luiii.v.

il fait jouer l'air cl la liimicrc dans rcspaco. Son ,i>c'nic est clair cl fccond, souple cl liariiioiiicux. C/csl à \'cnisc. à Vcronc, à Trcvisc, à Viccncc, (juil faul le voir se déployer à Taise, aux plafonds cl aux murailles des palais et des églises. Mais un tel artiste s'exprime en toutes (cuvres, en tous formats, ses

< i5S^' ,» MM

Le Tixtohkt.

Judith ci Ilohtpherne.

tableaux de Madrid le donnent à voir avec le frais éclat de son coloris, la savante disposition de ses personnages. Qu'il s'agisse d'un groupe comme celui de Vénus cl Adonis, où le torse de la déesse semble éclairer le paysage autant que la lumière du ciel:

des trois personnages de la Jeunesse entre le Vice cl ht Vciiu, où rallégorie prend si facilement une allure de réalité, Véronèse se révèle comme un décorateur apte à masser les feuillages, à disposer les nuées, à bâtir un palais, à espacer des colonnes, à dresser des statues, à tendre des étoffes, et aussi comme un peintre qui se fait un jeu de montrer la souplesse des corps, l'éclat des chairs de créatures vivantes qu'il installe sur ses toiles d'un pinceau si savoureux et si caressant. Il est le maître aussi de groupements disposés, équilibrés, comme ceux de Jésus cl le Cenlurion, Il place son Jésus dispulanl avec les docleurs au centre d'un temple dont il construit magnifiquement les colonnades et les tribunes. Il réunit en une assemblée curieuse et vivante les

La Conception.

convives des Xoccs de (lana. Il imagine dans un jardin somptueux une (Uuislc Suzanne infiniment jeune et charmante. Il peint des portraits qui ont la grandeur et la saveur de sa manière.

Après lui, il n'y a plus, au musée de Madrid, qu'un peintre de la décadence de Venise. Tiepolo (lOÎKi — 1770) qui a certainement des dons de joli peintre, une méthode claire et souple, mais gâtée par 1 abondance des détails, par la fadeur de Texpression. Il traite de même la (lonrepUon de la Vienje et le (Ihar de Vénus, mais montre parfois un sens de la réalité pittoresque, par exemple dans le Jésus dépouillé de ses uéleinents.

Il y a d'autres écoles italiennes au Prado. Celle de Gènes est représentée par (îiovanni Beneditto Castiglioni (KîK) — 1()7()): celle de Naplcs par le trop abondant Luca (îiordano (1(),T2— 1705), invité par Charles 11 et ([ui a vraiment profité de l'invitation avec trop d'empressement: il a couvert de ses peintures médiocres ri^s|)agne entière, jusqu'aux plafonds du rigide h^scurial. Au Prado, il n"a pas moins de soixante-cjuatre tableaux, autant que Vclasquez.

L'école de Pologne a ici tous ses (^arrache, Ludovic, Augustin, Annibal, son Léonello Spada, son Albane, son Dominiquin, son Guerchin. Il y a encore, chez ces artistes, une science de peinture, de beaux morceaux, mais le sens de la vie et le sens de l'art vont chez eux safïïnblissant et se perdant.

PonDIIXONK.

Portrait de femme.

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