‹ Les musées dE̕urope: Le Louvre: La peinture étrangèreChapitre 36 sur 38 · II · texte numérisé non relu

II

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Cliché Lévv et fils.

Albbrt DOrer.

Son Portrait en U98

d'une expérience plus forte: les yeux enfoncés sous les sourcils de travers, la bouche éloquente, la face restée jeune sous les années, disent Tintelligence et le courage. — Enfin, Durer est présent encore par ses deux figures cVAdam et Eue, dont il y a aussi un autre exemplaire à Florence. Celui de Madrid est de toute beauté. Les corps sont svelles et souples, la chair est pétrie de lumière, les proportions sont irréprochables, comme le voulait le calculateur de volumes et de mesures que fut le peintre de Nuremberg.

Si le portrait de la Femme qui tient un œillet ne doit être inscrit que sous la rubrique de Técole dHolbein, le Portrait (Vhomme ù(jc peut être attribué au maître luimême (1497-1542): il est infiniment expressif avec son nez bourgeonné, ses yeux perspicaces, ses grosses mains appuyées sur un meuble comme sur un comptoir.

Après Holbein, il faut sauter deux siècles, arriver à Raphaël Mengs (1728-1779), grand tavori de la cour d'Espagne, qui a laissé vingt tableaux au Prado: rois, reines, infants, infantes, vingt tableaux et pas une ceuvre, des costumes et pas une

expression. Aihert DChkh PonraU d'homme.

Cliché Lévy et fils.

Watteau.

\ //(• prise iliiiis Ir .hddiii <li- S<iiiit-( liniil.

FRANCE

NICOLAS POrSSIX. — VALKNTIN. — CLAl I)K LOKKAIN. — LKS HKATlilUN. — .IKAN NOCHKT. — HYACINTlIi: IlKiAl'I). — .IKAX HANC. — LAlUilIJJKHi:. — NATTIKH. — CAHU: KT MICllKL VAN I.OO. — .lOSKPlI VKHNKT.

icoLAS Poussin (1594— 1()()5), qui naquit aux Andclys, s'en vint à Paris à dix-huit ans, se fixa à Home à trente ans, pour un séjour de seize années. Il s'y fixa même pour toujours puisque, revenu à Paris en 1640, il retournait en 1042 à Rome, où

il devait mourir en KKîo. C'est un grand artiste français naturalisé italien et dont Tinfluence devait être grande, autant que celle des Italiens, sur l'art de la France. Il a été le maître du paysage historique, dont l'évolution en paysage naturiste n'a eu lieu que sous TefiTort de 1 Kcole de 1830. Cette école a d'ailleurs trouvé chez le Poussin des éléments nécessaires à son œuvre, elle n"a eu quù les dissocier des décors voulus par lesquels le peintre français de Rome exprimait ses conceptions toujours très belles et très luuiles. (^hez le Poussin, au Prado comme au Louvre, on trouve les aspects variés des choses, des arbres, des montagnes, des eaux, des nuages, comme on trouve les attitudes, les gestes, les expressions de la vérité chez les personnages, qu'il s'agisse de .SV///î/ Jérôme, du (Jtrisl cl ta Madeleine, d'une Bacchante, de Noi\ de la (Chasse de Méléaijrc. Il faut seulement découvrir ces aspects de nature et ces détails d'humanité dans les ensembles refroidis et majestueux voulus par l'artiste. Il est souvent magnifique dans ces compositions, telles que le Parnasse où parmi les arbres savamment disposés, Apollon et les Muses reçoivent un poète, en présence d'Homère, Virgile, Horace, Dante, Pétrarque, Ariosle, toute rassemblée réunie autour du corps rayonnant de la nymphe Castalia.

Claude Gellée, dit le Lorrain (lOOO— 1682), avec la même conception de décor médité que le Poussin, son ami et son maître, se plaît aux jeux de l'atmosphère, aux brumes dorées, aux matins purs, aux soirs éclatants qui donnent un aspect d'apothéose aux Ruines de Rome, à la Raie d^Ostie, à Moïse sauvé des eaux, à la rencontre de Tolne et l'ange Raphaël, aux panoramas de montagnes, de vallées, de rivières, où Filippo Lauri, Guillaume Courtois ajoutent des figures.

Valentin (IGOO— IGIW), épris du Caravage, peint un dramatique Marlyre de sainl Laurenl. Et nous arrivons aux peintres de la

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cour de France du XVII^^ et du XVIII^ siècle: les Beaubrun, qui vivent, l'un, Henri, de 1003 à 1007, raiilrc, Charles, de 1004 à 1092, et qui ont ici les portraits d'Anne- Marie, fille du duc d'Orléans, du Dauphin de France, premier fils de Louis XIV; Pierre Mignard (1010- 1095), portraitiste de J/'''^ de Fonlanges: Jean Xocret (1010-1072), avec un Louis XIV; Hyacinthe Higaud (1059-1743), avec un autre Louis XI \\ pareil à celui du Louvre. Jean Ranc (1074-1735) est un Français fixé en Espagne, et qui peint Philippe V et sa famille. Largilliére (1050-1740) représente en ses atours

brillants l'infante Anne-Victoire, qui fut fiancée à Louis XV et qui épousa le roi de Portugal. De Jean-Marc Naltier (1085—1700), la fille de Philippe d'Orléans: 3^''^ de lierrij. Carie van Loo (1705—1705) peint une Duchesse de Parme, Michel van Loo

Claude Lohhaix.

Tobie et latKjc liaphacl.

(1707—1771), en un immense tableau, nous donne à voir toute la Camille de Philippe V. Callet (1741-1823) répète son Louis XVI. Et Joseph Vernet (1714—1789), après ce défilé des peintres de Versailles, allongé par une foule d'anonymes, vient avec ses marines,

ses cascades, qui continuent le paysage arrangé et pittoresque

Mais il y a un vrai maître du paysage français à Madrid, Watteau (1(584—1721), avec le plus délicieux Mariage champêtre et une Vue des Jardins de Saint-dlond, dorés de jour, bleuis d'ombre, qui groupent les personnages de la comédie où se complut l'imagination rêveuse de Tartiste.

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