Fragment d'un sarcophage chrétien
821 — 885. Pierres d'inscriptions grecques; en partie des fragments.
836 — 853. Inscriptions latines, en partie des fragments.
2"^' partie.
ScTilptures assyriennes.*)
Excepté le n° 23, tous les autres reliefs depuis le n* 1 jusqu'au n** 32 , sont en albâtre gris. Les plaques ont servi à garnir les murailles dans des palais royaux. Les sculptures sont calculées pour la peinture dont elles avaient été primitivement couvertes, le caractère et le rang des personnes ayant été indiqués non seulement par des emblèmes mais aussi par certaines couleurs pour les vêtements et par d'autres signes distinctifs. C'est ainsi que le bandeau frontal du roi était brodé en blanc et bleu de pourpre, et que son habit était blanc et rouge de pourpre. Les traces, des couleurs sont surtout visibles sur les sandales du n*^ 1 , où les semelles sont en rouge de safran , et les courroies et talons en bleu de pourpre. Les bordures et coutures des vêtements Ge n^ 1) sont finement dessinées de manière à s'accorder aux figures en miniature. On y reconnaît l'imitation du tissu eu couleurs tel qu'aujourd'hui encore montrent
*) On pourra comparer les monles de ces sculptures dans les salles des moules de plâtre.
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les plus précieux et les plus fins tissus de la Perse et du Thibet. Les ornements se composent de plantes, d'animaux ailés et sans ailes, de figures démoniques ailées qui sont en adoratiop devant les arbres sacrés, de scènes de chasse etc. Les vêtements en couleurs des Perses sur la célèbre mosaïque qui représente la bataille d'Alexandre, sont aussi couverts d'animaux ailés, et Polyclète a caractérisé le vêtement de Nemnon, roi de la Susiane, au moins par des oiseaux brochés.
Les Iraniens se distinguent, quant à l'habillement, des hommes des autres nations par la double corde sacrée qui entoure jour et nuit les hanches et sert de talisman contre les dieux méchants (Diws, Dewas). On l'ôte et la tient dans la main seulement pendant les prières du matin et du soir. Elle est portée sur la peau, mais elle sort du vêtement, descend à droite et à gauche des hanches et finit par de jolis noeuds pourvus de houppes. Au n® 25 la corde que porte le roi a la forme d'un ruban tressé et bordé de houppes en or.
Outre la barbe et la chevelure très soignées, outre les chaînes, bracelets, colliers et anneaux autour du cou, du bras et du poignet, ce sont surtout les boucles d'oreilles qui sont remarquables chez les Ariens. Cette parure nationale paraissait tellement eflFéminée aux Grecs qu'ils appelaient „ Barbare", dans l'acception méprisante du mot, tout homme qui la portait. Les figures sur les reliefs, qui ne portent pas les boucles d'oreilles ne sont pas des Iraniens ; comme p. e. les guerriers sur les n°" 20, 22, 26. Le conquérant de Chypre sur le stèle n'*23, bien qu'il porte des vêtements iraniens, n'a pas non plus les boucles d'oreilles et cependant Rawlinson juge d'une inscription qu'il a été Assyrien. Les bagues à cachet ou les bagues en général ne se voient nulle part, quoique chaque oriental ait toujours eu son cachet sur lui. Les Iraniens cachetaient, on le sait, avec des cylindres qui n'étaient pas portés aux doigts.
Une autre marque caractéristique de tout ignicole Iranien est le court bâton avec la pomme en forme d'une rose et avec l'orillon en cuir. Ce bâton sert à tuer toutes les bêtes déclarées
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nuisibles et profanes par la religion et surtout les serpents. Chez les Babyloniens chaque homme portait comme pomme de bâton un emblème spécial auquel on le reconnaissait.
La personne du roi peut être reconnue parmi tous, au diadème royal en couleurs blanche et bleue, lorsqu'il se montre la tête découverte, ou au bandeau de la tiare (tiarodesmos), lorsqu'il porte la tiare. Le diadème couvre tout le front; il devient plus étroit vers l'occiput, où il est noué; ses bouts (infulae) descendent les épaules et pendent sur le dos. Le bandeau de tiare ou de chapeau est de la même forme ; il sert à attacher la tiare au derrière de la tête. Le roi seul porte ces bouts (infulae) aux bandeaux, ainsi que l'habit brodé de rouge et de blanc.
Il faut encore remarquer la pose du roi. Il est toujours représenté tourné de l'Est vers l'Ouest, c'est-à-dire de la droite à la gauche (en se plaçant dans le sens de la sculpture). La demeure des dieux étant supposée être en Orient, c'est-à-dire à droite {év Se^tà) du monde, d'où ils paraissent tourner leurs regards vers l'Occident, le roi, dont la personne jouit de droits divins et d'une adoration divine, prend la même pose. Voilà pourquoi les Mages ont exigé, qu'Alexandre arrivant comme un dieu, fît son entrée à Babylone par la porte orientale, la porte de droite, et non pas par la porte occidentale, et l'on sait aussi que Darius n'a jamais voulu passer par la porte occidentale. Ce n'est qu'en combattant avec l'épée ou avec le javelot, soit dans la bataille soit à la chasse, que le roi se présente parfois tourné vers la gauche.
Nous attirons encore l'attention sur les Eunuques, les valets de chambre du roi. On les reconnaît aux formes féminines de leur figure sans barbe qui montre un type étranger. Le manque de la double corde sacrée prouve qu'ils ne sont pas Iraniens; ils ne portent pas non plus le bandeau frontal. Dans les cortèges aux n*** 12 et 25 on voit aussi des Eunuques.
Les figures ailées sont les démons sacrés, les serviteurs et messagers des dieux bienfaisants et protecteurs. Les démons d'Ahuramasda ont des figures humaines; ceux du Mithras ont
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des têtes d'aigles (Sinamru, Nisroch de la Bible), car c'est ainsi qn'on se représente ces dieux. Par le fait qu'il y a toujours deux pour accomplir une action, on voit que ce ne sont pas les divinités elles-mêmes mais seulement leurs démons. On pourrait les croire prêtres des dieux et supposer les ailes faire partie de l'accoutrement, si les têtes d'aigle ne s'opposaient pas à cette supposition, puisque la tête d'oiseau ne peut pas être un masque dont on couvre la tête humaine, comme cela se voit par exemple chez les prêtres égyptiens.
Ils ont quatre ailes ; une paire en est tournée en haut, l'autre |
en bas. On voit cela très distinctement au n® 24.
Partout ailleurs, où l'on ne voit que deux ailes, dont l'une tournée en haut et l'autre en bas, on suppose toujours les deux ailes l'une derrière l'autre et se couvrant. Les figures des Chérubins sur l'arche d'alliance et sous les arbres sacrés sur les sculptures murales au temple de Jéhovah des Juifs à Moria, étaient représentées sous la même forme. Ces démons devant paraître comme des personnes actives, il s'en suit qu'ils portent l'habillement humain avec tous les accessoires de l'usage national.
Ce qui est à remarquer, c'est qu'ils ont toujours une jupe courte ne dépassant pas le genou, sous le vêtement de dessus et que leurs jambes sont nues. Les démons d'Ahuramasda portent le chapeau de prêtre en forme de casque, dont le signe caractéristique sont deux ou trois cornes de taureau, les pointes en avant. Sans ce chapeau les Mages ne pouvaient pas plus accomplir les devoirs sacrés que les flamines des Romains sans le galerus. Les démons sans chapeau et qui portent seulement le bandeau frontal des prêtres (p. e. les n"« 4 et 5) servent probablement une autre divinité.
Ces serviteurs des dieux portent différents objets dans leurs mains selon l'ouvrage qu'ils ont à faire. Toutes les consécrations et bénédictions se faisant, d'après le rituel des Iraniens, d'habitude par le feu éternel et l'eau sacrée, c'est-à-dire par Zum et Barsom, on comprendra la signification du pignon sacré
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à la place de la torche et du vase à Teau bénite avec lesquels les démons accomplissent la bénédiction et Tadoration.
Le pignon (conus), le fruit du cèdre, du cyprès ou du pin à pignons, donc des arbres sacrés du paradis iranien, que le dieu Ahuramasda a plantés lui-même, représente ici le signe et le symbole du feu pur à cause de la force inflammante dont il est doué. Il donne la flamme la plus pure, la plus vive à cause des matières résineuses qu il renferme et sert chez les anciens à allumer instantanément le feu. C'est la raison pourquoi on le voit si souvent sur les autels antiques en relief.
L'eau est indiquée par le seau à Teau bénite, d'où l'on répand l'eau sacrée à toutes les bénédictions. Il est attaché à une anse mobile; on le porte toujours de la main gauche, tandis que la main droite tient le brandon ou est levée pour bénir. On remarquera enfin que sur toutes les sculptures le pignon n'est jamais porté par les démons ornés du bandeau frontal.
Les n*" 7 et 13 montrent un arbre sacré d'une forme et d'un aspect tout particuliers ; il ressemble plus à un produit artistique qu'à une oeuvre de la nature, mais les Orientaux le prennent pour ^l'arbre de la vie". C'est peut-être la plante Haoma ou Saoma, dont il est question plus bas (le n® 1). C'est un tronc élancé pourvu de noeuds; sa couronne ressemble à une feuille de palmier en forme d'éventail; cet éventail a toujours sept feuilles. Le tronc et la couronne sont entourés d'un nombre de ces petits éventails à sept feuilles qu'un système de guirlandes tressées en filets lie au tronc de manière à ce que ces petits éventails se présentent comme des fleurs attachées à des branches et se balançant dans l'air. L'entourage n'est assurément qu'un accessoire artistiquement orné. En voyant cette sculpture on se rappelle les arbres sacrés des Orientaux qui, dans les cérémonies et fêtes d'adoration de l'Être divin, qui les habite, sont parés au tronc et dans les branches d'ornements royaux, de vêtements, de bandeaux, de bracelets et chaînes en or. Nous citons p. e. le palmier de Nedjra avec son démon oraculiste qui, à la fête de ce dernier, est paré de la manière
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dont nous yenons de parler, et le célèbre platane en Lydie, sanctifié par Xerxès qui Tornait de vêtements, de bandeaux et de parures en or, et installait près de cet arbre sacré, comme son gardien continuel, un de ses immortels (Mellophores).
Sur les bordures et sur les coutures des vêtements, cet arbre sacré se rapproche davantage, quant à la forme, dune plante; il est sans guirlandes artificielles, mais il porte à chaque branche un bouton qui a la forme du pignon. Ou le yoit aussi entouré de taureaux et de chevaux ailés au lieu de démons. (Comparez les sculptures dans la galerie des moules.)
Ce qui est à remarquer dans toutes ces figures, c'est qu'aucune d'elles ne montre la tête autrement qu'en profil.
Les inscriptions qui s'étendent sur toutes les sculptures ne sont pas encore déchiffrées.
1. La personne du roi, avec deux entourages différents. Au premier tableau le roi porte les armes royales, l'arc et la flèche, mais il est sans épée; il est coiffé de la tiare et entouré de deux démons d'Ahuramasda qui, portant les symboles du feu éternel et de l'eau sacrée, lui donnent la bénédiction. C'est l'arme qui paraît devoir être bénie ; voilà pourquoi la main droite du roi soulève les flèches.
Le tableau suivant montre le roi entre deux Eunuques. Il porte au côté gauche l'épée dont la bouterolle est marquée par deux lions. S'appuyant de la main gauche sur Tare, il tient de la droite la coupe remplie du suc de l'arbre sacré d'Haoma ou de Saoma, sous la forme duquel le dieu Saoma lui-même est invoqué et adoré. Ce breuvage doit produire la sagesse et la force de la raison tout en rajeunissant le corps. C'est le même breuvage que prennent les dieux bienfaisants eux-mêmes; il est bu par chaque prêtre pour rendre efficace la prière et tout Iranien le boit une fois par jour pendant ses prières. Les ustensiles pour pressurer les feuilles de Saoma se trouvent, comme le fourneau, dans l'inventaire de chaque maison. L'Eunuque placé devant le roi porte le chasse -mouches et la cuillère avec laquelle il a versé le breuvage dans la coupe ; — c'est Téchanson royal,
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aussi n'a-t-il aucune des armes habituelles. Son bandeau pend, comme signe distinctif, sur Tépaule gauche et descend sur le devant et au dos. L'Eunuque derrière le roi a le carquois, Tare, le bâton et Tépée; c'est le porte -carquois du roi. De Nimrud.
2. Le roi avec l'arc et la coupe, mais sans épée. Le démon derrière lui porte le bandeau frontal des prêtres, sa droite levée -» donne la bénédiction*; sa gauche tient le seau à l'eau bénite. De Nimrud.