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III. LA GALERIE DES TABLEAUX

On y arrive soit de la galerie de communication, soit de la galerie supérieure de la Rotonde en traversant le vestibule de Tescalier du vieux Musée. — (Pour les heures où cette galerie est ouverte au public, voyez la page 2.)

Bien que cette galerie soit inférieure, quant au nombre des

chefs-d'oeuvre de grands artistes, à celles de Dresde, de Munich

et de Vienne, elle dépasse cependant celles-ci et beaucoup d'au-

tores collections sons le rapport „de l'histoire " artistique, parce-

qu'elle contient des tableaux d un nombre considérable d'artistes,

surtout des époques plus reculées, et de ces artistes souvent

même les principaux ouvrages. C'est le Grand Frédéric, et

même d'autres princes avant lui, qui ont fondé cette galerie en

réunissant un grand nombre de tableaux de maîtres dans les

châteaux royaux. En projetant la fondation d'un Musée, on fit

à Paris l'acquisition de la célèbre galerie Giustiniani contenant

en majeure partie des ouvrages de l'époque des éclectiques et

des naturalistes, et plus tard, en 1821 celle de la collection du

négociant anglais Solly, habitant de Berlin, laquelle embrasse un

nombre considérable de tableaux de toutes les époques et de

toutes les écoles (notamment des époques reculées). La galerie

se compose donc d'un choix fait dans ces collections et d'autres

acquisitions partielles souvent très importantes.

Les sept salles de l'étage supérieur, où les tableaux se trouvent disposés, sont divisés en 37 compartiments pour obtenir plus de place. On a facilité de cette manière l'aperçu du développement historique de l'art, mais on ne voit pas tout sous un jour favorable , la lumière, d'en haut manquant entièrement. Il serait aussi à désirer qu'on plaçât quelques tableaux dans des salles plus spacieuses. Le premier compartiment se trouve à droite en entrant de la galerie de communication, le troisième après

la salle d'entrée. La première division s'étend de là par la salle

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d'entrée sur les compartiments de Tautre côté; la deuxième division commence dans le 4" compartiment à droite de Tentrée.

Introduction servant d'aperçu de Vhistoire de la peinture chrétienne,

l.'* période (jusqu'en 600 après Jésus-Christ): Commencement de la peinture chrétiennne à Rome et à Constantinople. Enfance de la technique. Sujets religieux: Paraboles et traditions.

9* période (600—1200). Peinture byzantincy fond doré, figures très longues. En Italie les figures sont petites et ramassées. Charlemagne fonde à Aix-la-Chapelle une académie de peinture. Les principaux sujets sont: „le crucifiement" et «Marie avec l'Enfant*.

8* période (1200 — 1300). Essor de la peinture en Italie, dans les Pays-Bas, en Allemagne et en France. Développement de Vart byzantin. Technique perfectionnée. Villes principales en Italie: Pise, Siène et Florence; au Bas-Rhin; Maestricht et Cologne,

4' période (1300 — 1420). Progrès. En Italie: Giotto de Florence (1276 — 1336); les sujets bibliques cèdent la place à des sujets tirés des traditions historiques. Peinture à Tempera (les couleurs sont mélangées avec du jaune d'oeuf et de la colle de parchemin). En Allemagne: maître Guillaume (1380 à Cologne).

5* période (1420 — 1500). Italie: Les Florentins Tomaso Masaccio (1401 — 1443) et Fra Angelico da Fiesok (1387 — 14ÔÔ) développent les moyens d'exposition; jour et ombre, expression spirituelle. Les Pays-Bas, à Bruges et à Gand: Les deux frères: Hubert van Eyck (13j66 — 1426) et Jean van Eyck (f 1441) développèrent considérablement l'art de la peinture (Perspective de l'air et de la ligne, études d'après la nature). Premier emploi artistique de la peinture à l'huile. Grand progrès technique et son influence sur l'art en l'Aile-

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magne et en Italie. Dans ce dernier pays des écoles de peinture se fondent à Florence, en Umbrie, à Bologne, dans la Romagne, à Venise j en Allemagne: aux bords du Rhin, en Franconie et en Suabe. Le fond d'or disparaît pen à peu. Sujets: outre les traditions bibliques, rallégorie antique et la mythologie. Une technique merveilleusement soignée, naïveté de la représentation.

•* période (1500 — 1550). Époque de splendeur. La raideur et la gaucherie symmétrique de Texposition cèdent la place à la manière correcte et à la liberté pittoresque dans la composition. En Italie: Léonardo da Ftnct (1452 — 1519). Études anatomiques, lois du raccourcissement. Les moyens de représentation basés sur la science. Michel -Ange Buonaroti (1474 — 1563). Énergie du mouvement, hardiesse des lignes. Raphaël Sanzio (1483 — 1520). Beauté des formes; profondeur du sentiment dans Texpression. Perfection du coloris. Le Corrège (1494 — 1534). Études des effets de lumière. Clair-obscur. Tiziano Vecellio dit le Titien (1477 — 1576). Licamat, vérité parfaite de la nature. En Allemagne et dans les Pa^S'Bas: Albert Durer (1472 — 1528). Profondeur du sentiment, exactitude de la composition. Hans HolbeinÇiiBS — 1554). Vérité dans Texposition de la vie humaine. Outre les sujets religieux, la mythologie et le portrait fournissent un grand nombre de sujets. La peinture s'adonne de plus en plus à des buts particuliers.

9' périoile (1550 — 1590). Période d'arrêt. Imitation des grands maîtres. Grande trivialité et froideur du sentiment.

8* période (1590 — 1670). Époque de réaction. Quelques

bons artistes luttent encore contre le dépérissement de la

peinture. Ce sont: en Italie les Carracci, en Hollande Rubens

(1677 — 1640). Supériorité du coloris. Influence sur l'Espagne

et la Hollande. En Espagne: Ribera, Velasquez, Murillo G&

perfection dans tout son éclat). En Italie: Caravage (1569

— 1609), Guido Reni (1566 — 1642), Salvator Rosa (1615 —

1673), Carlo Dolci (1616 — 1686). Dans les Pays-Bas on

cultive le paysage, la peinture de genre, fruits, fleurs etc.

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Aniony van Dyk (1599—1641), Terborch (1610—1681), Rembrandt (1606 — 1669), Everdingen (1621—1673), Adrien van Ostade (1610 — 1685), et son frère Isaak van Ostade (1617

— 1654), Teniers (1610 — 1690), Wouvermann (1625-1683), Ruisdael (1635 — 1681).

•* période (1670 — 1780). Nouvelle marche rétrograde. Disparition de la vérité natarelle. Travail maniéré avec effets de couleurs. Mesquinerie dans le choix des sujets. Ce sont le paysage et la peinture de genre qui se maintiennent encore le mieux et notamment dans les Pays-Bas et en France. Poussin (1594—1665), le Sueur (1617—1655), PTaWeaw (1684

— 1721), Chùdowiecki (1726 — 1801), Raphaël Mengs (1728

— 1779), van der IFérjf (1659 — 1722), Pesne (1683 — 1757), Canaletto (1697 — 1768), Angelika Kauffinann (1742 — 1807), Batoni (1708 — 1787).

La peinture moderne du XIX siècle n'y est pas comprise.

La disposition des tableaux dans la galerie ne répond pas exactement aux susdites époques. Elle se divise, ainsi que Tindiquent les inscriptions au-dessus des passages des cloisons, en trois parties, dont la première contient les écoles italiennes, espagnole et française, la seconde: les écoles hollandaises et allemandes, et la troisième: les peintures byzantines et chrétiennes des temps les plus reculés. Quiconque voudra prendre le chemin strictement historique, commencera par la troisième division, visitera ensuite la première et finira par la deuxième.

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