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I.c vent qui souffle à travers la monlagne Me rendra fou

Comment l’homme à la carabine est devenu fou, la pièce nous l’explique. C’est sur un faux soupçon de l’infidélité de doùa Sabine que Gastibelza perd la raison. Pour se venger, il dérobe des papiers qui seuls peuvent sauver le père de doua Sabine impliqué dans un procès capital. Par bonheur tout se retrouve au dénoûment, les pièces justificatives et la raison du fou. Dès son début le compositeur a montré qu’il possédait l’accent dramatique. Le trio du premier acte, le chœur ironique des seigneurs, et l’air pathétique de Gastibelza ont été surtout remarqués.

Le Moulin des Tilleuls , opéra-comique en un acte, représenté à l’Opéra-Comiquele 9 novembre 1849, a fourniâ l’auteur l’occasion de s’exercer dans le style militaire et le style champêtre. Tout l'intérêt de la pièce est dans ce contraste ; les couplets du sergent, dont l’orchestration produit des effets piquants, la pastorale pour soprano : A mes moutons en m'éveillant , naïve et bien rendue, enfin la romance : Loin du pays , n'ayant plus d'espérance, ont laissé de bons souvenirs.

La Croix de Marie , trois actes (10 juillet 1852), n’occupa l’affiche que quelques jours, bien que la musique fût loin d’être médiocre. M. Maillart so releva en faisant jouer au théâtre Lyrique, le 19 septembre 1856, les Dragons de Villars, celui de ses ouvrages qui a eu le plus de succès, et que l’on considère comme le meilleur. C’est que l’on y rencontre plus que des mélodies charmantes : on y admire des beautés d’un ordre élevé, telles que la prière que nous trouvons magnifique : Soutien de T innocent. L’air de Rose Friquet se compose de

trois mouvements excellemment traités ; de l'andante : Espoir charmant I Sylvain m'a dit: Je t'aime, qui est suave et expressif; d’un petit allégretto piquant : Ah ! voyez, voyez cette figure, et de la cabalette : Oui, c'est moi qu'il a choisie, dont la phrase principale a de l’élégance et aussi de la chaleur ; le petit duo : Quelle folie I moi jolie ? et les couplets de la Cloche sont les autres morceaux saillants de cet opéra.

Les Pécheurs de Catane, donnés au théâtre Lyrique le 17 décembre 18C0, ont pour sujet une passion malheureuse, un amour contrarié par la différence des rangs, assez analogue à celui que M. de Lamartine raconte dans Graziella. Rien de moins gai par conséquent que cet opéra-comique. Quant à la musique de M. Maillart, elle se reconnaît à ses qualités habituelles : la couleur, le caractère, la force expressive.

La dernière production qui soit sortie jusqu'à ce jour de la plume de notre compositeur est Lara, opéra-comique, représenté à l’Opéra- Comique (1804). Le nom de Lara rappelle un des sombres poèmes dus au génie de Byron ; mais le héros de la pièce de MM. Cormon et Michel Carré se compose à la fois de Lara et du Corsaire. L'action est si sobre, pour ne pas dire si sèche dans les ouvrages du grand poète anglais, que celui qui les met à la scène est forcé de les coudre deux à deux comme en usaient Plaute et Térence, avec les comédies de Ménandre, quand ils les voulaient adapter au théâtre latin. Dans le cas dont il s’agit, les critiques n’ont pas trouvé en général cette suture très-habilement faite. Cependant M. Maillart a enlevé le succès de l’œuvre, grâce au mérite d’une partition entraînante et d'un effet irrésistible dans quelques scènes. Le premier acte contient un beau chœur d’hommes, la ballade suivie du refrain : On te pendra, et les couplets de Lambro : Comme un chien fidèle. Dans le second, il y a des couplets bien tournés et chantés encore par Lambro, la grande scène où Kaled chante la romance arabe : A l'ombre des verts platanes, et le finale qui est traité magistralement; enfin, dans le troisième acte, la scène du rêve est un digne pendant de celle qu’on trouve dans Haydée. Tout en reconnaissant à la fois le mérite du compositeur dans cette œuvre et l’accueil favorable que le public lui a fait et auquel le talent si original de M"* Galli-Marié dans le rôle de Kaled a bien un peu contribué, nous ne pouvons nous défendre de quelque inquiétude en voyant M. Aimé Maillart subir Vinfluenza du jeltatore Wagner. 11 en résulte, dans certains passages de la partition, des modulations enharmoniques d’une dureté extrême et des hardiesses extra musicales à l’usage

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des sujets translucides, mais qui ne sauraient charmer les gens de goût. M. Aimé Maillart est assez riche de son propre fonds pour ne pas se mettre à la remorque d’une théorie qui nous priverait de l’exercice de ses belles facultés naturelles.

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