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GÉNÉALOGIE DE MM. DE MUSSET

Dressée sur les titres originaux produits au Juge d'armes de France en 1701, 1722 et 1776

La famille Musset, ou de Musset, est établie en Beauce et en Vendômois depuis le milieu du XV^ siècle. MM. d'Alès de Corbet la croient originaire de Lorraine où se trouve la seigneurie de Mussey qui, unie à celle de Beuroy dans le bailliage de Bar, fut érigée en baronnie le 23 juin 1719. Il y a dans le département de la Haute-Marne une autre seigneurie du nom de Mussey. On trouve aussi dans l'arrondissement de Bazas un village nommé Musset, et dans la paroisse de Busloup en Vendômois la terre des Mussets.

Bodolphe de Musset assista en 1140 à la fondation du prieuré du Val d'Ore au diocèse de Paris. Il parut encore en 1141) comme témoin dans une charte du même prieuré : son nom est écrit en latin : Mucceius (Badulphus de Mucceio). Voir Gallia Christiana.

Artaud, évêque d'Elne, donna des terres au monastère de Sainte-Marie de Clériane, sainte maison d'Ardorel, du consentement d'Arnauld de Musset (Arnaldi du Musseto), d'Adhémar, son fils, et de leurs frères, de la paroisse de Mossat (Mossatensis). Cet acte inséré

au Galiia Chruliana porte la date de l'an de l'incarnation 1162. On y trouve les signatures d'Arnauld, d'Adhémar, son lils, de Rainiond et de Guillaume, frères d'Arnauld (Arnaldi de Mosseto), et celui de Bernard de Musset, archidiacre d'RIne. Le siège de l'évèclié d'Elnea été transféré à Perpignan,

Colin Musset, poète et musicien français, dont la femme se nommait Angelle, fut de la société intime de Thibaut comte de Champagne et de Blois. Il excellait à jouer de la viole. C'est une tradition générale qu'il vivait à Paris lors qu'on construisit dans cette ville le portail de l'église de Saint-Julien de Ménestrels ouMenestriers, et que sa statue et celle de sa femme ont été placées sur ce portail. La Croix du Maine et les auteurs de la France littéraire ne disent point de quelle province Colin Musset était originaire, mais on croit qu'il s'établit à Troyes en Champagne, et qu'il a survécu le prince auquel il était attaché. C'est en 1253 que mourut le comte Thibault, et nous trouvons dans les ordonnances des Rois de France (t. VII) que Gui ou Guidon Muscet était receveur de Philippe le Bel en 1294 pour les foires de Champagne. En observant que, dans un endroit. Guidon Muscet est nommé Mucertus et dans un autre Maucertus et dans un autre» valetus et receptorPhilippi Pulchri ».

Dans un rouleau ou parchemin concernant le dénombrement fait en 1395 des habitants de la paroisse de Mesnil-Josselin en Normandie, on trouve au numéro premier :

(( Hubert Musset pour lui et pour son fils, et pour Simon Musset, fils de son frère Pierre Musset. )>

Nous lisons dans le Galiia Christiana que Marie Muzet ou Muzot, abbesse de Saison, ou Sallesine, au diocèse de Namur, mourut, suivant les uns, en 1427, et que, suivant d'autres, elle vivoit encore en 1440.

L'armoriai de Lorraine fait connaître deux familles nobles du nomdeMussey, l'une d'ancienne chevalerie,

l'autre originaire de Marseille. Celle-ci subsiste encore et porte dans ses armes un aigle. « Messieurs de Musset, seigneurs de Pray et de la Bonnaventure en Vendôniois, portent pour armes » , selon l'armoriai de France, a d'azur à l'épervierd'or.chapperonné, longé, perché de gueules ; Devise : Bonne aventure aux Preuses; Cri : Courtoisie. »

Du Cange, dans son glossaire, dit que le musset est une espèce d'épervier ou de faucon, que quelques-uns appellent fragel. a Muscetus, accipitris vel Falconis species, quam alii fragellum vocant ».

L'épervier étoit le corps de la devise de Jeanne d'Ars ou d'Arc. Catherine du Lis , nièce de cette héroïne, a épousé François de Villebresme, allié à la famille de Musset.

Simon Musset , conseiller du Roi et du duc d'Orléans et de Milan, maître de la Chambre des Comptes de ce prince établie à Blois, fut lieutenant général et garde des sceaux royaux de la même ville (1). Il y acquit de Jehan Meslon une maison, sise dans la grande rue. Le contrat de cette acquisition fut reçu par Le Gendre, notaire, le 12 avril 1461 (en marge : registre de la Chambre des Comptes). Nous ignorons si c'est à cette époque que Simon Musset s'établit à Blois, et s'il a quelque rapport de parenté, soit avec ceux du même nom que nous venons de désigner, soit avec Henri Musset, 23« abbé de Saint-Crespin-en- Chaie, à Soissons, lequel mourut en 1479 après avoir rassemblé les chanoines dispersés et rétabli la discipline dans ce monastère de l'ordre de Saint-Augustin (voir GalliaChristiana, t. IX). Quoiqu'il en soit, Simon

(i) D'après M. Martellière, Simon Musset était dès 1455 un des élus au gouvernement des affaires de la ville de Blois; dès 1436, le duc Charles d'Orléans l'avait employé à ses affaires et lui avait fait accomplir de nombreux voyages à Asti. A la saint Jean 1462, il fut commis à exercer, à titre de suppléant ou coadjuteur du vieil Etienne Musset, l'office de lieutenant général du bailliage de Blois, etc. .

Musset reçut le S juillet 1476 à sa foi et hommage les chanoines de S}unt-Jac(|ues-cle-niois pour raison de leurs dîmes de Sainl-Luhin-en-Ver^'onnois. tenues de leur fief et seigneurie de la Courtoisie, paroisse de Sainl-Léonard-lès-Marchenoir (en marge : titres de la Courtoisie). François, comte de Dunois et de Longueville, par lettres du 22 mars 1479, lui confirma deux droits d'usage nobles de la forêt de Marchenolr, l'un, pour l'hôtel de la Maisonfort de l'Etang, l'autre pour la Courtoisie (en marge : idem, archives du comté de Dunois). Marie de Clèves, duchesse douairière d'Orléans, le lit établir comme un de ses conseillers dans l'état qu'elle arrêta le 7 avril 1480 de ses officiers et de ceux de son fils que le Roi avoit toujours exemptés du ban et arrière ban (en marge : cabinet de M. d'Hozier). Dès l'année 1461, et du vivant de Charles duc d'Orléans et de Milan, Simon Musset exerçait la charge de lieutenant général du gouverneur et bailli de Blois. Il paroît que c'étoit alors une commission révocable, et nous verrons que tantôt Simon Musset la tint des baillis, tantôt du comte de Blois lui-même, ou du Roi.

Le 15 août 1483, Louis, duc d'Orléans et de Milan, confirma le don de l'ofiice de conseiller que la duchesse, mère et tutrice, avoit fait pendant sa minorité à son « féal et bien amé M'^ Simon Musset », (en marge : cabinet de M. d'Hozier). Cette confirmation eut pour motif la « considération des bons et agréables services » du titulaire qui, étant gradué, étoit, suivant l'usage du tems, qualifié « maître », « noble homme », « honorable et sage ». A ce sujet, nous remarquerons que la Roriue, dans son « Traité de la noblesse », dit que les seuls gradués recevaient autrefois le titre de maître, que c'étoit ainsi qu'on qualifiait les chevaliers es loix, et qu'en 1474 les baillis, sénéchaux et prévôts préféroient pour eux-mêmes la qualité de « noble tiomme » à toute autre. Il cite (chapitre 67, p. 314),

des actes dans lesquels Jehan de Meliin, chevalier, est qualifié a Noble homme honorable et sage ».

Non seulement Simon Musset fut confirmé dans son ofïice de conseiller le 15 août 1 483, mais le 1 2octobre delà même année, il fut reçu et installé lieutenant général du gouverneur et bailli de Blois, et ce fut encore le même duc d'Orléans, depuis roi sous le nom de Louis XII, qui lui fit don de cet office. C'est en cette qualité de lieutenant général que le 21 octobre 1489 il certifia que, par ordonnance de MM. les gens du Conseil de la justice de Blois, Jehan Jobert, sergent, avoit porté, en la ville d'Amboise, à la duchesse d'Orléans certaines lettres missives touchant la conservation du domaine de Blois, pourquoi il avoit été taxé audit Jobert 20 sols, à raison de 10 sols par jour. Le 14 août 1490, Méry de Beauvilliers, écuyer et gouverneur et baillif de Blois, confirma Simon Musset et Denis Musset, son fils, dans la charge de lieutenants généraux audit office de gouverneur et bailli de Blois, qu'ils avoient exercé sous Messire Guy Pot, son prédécesseur, et dont le Roi avoit donné la survivance audit Denis Musset. Le 19 février 1505, le roi Louis XII, étant à Blois, reçut la résignation pure et simple que lui fit Simon Musset de l'office de lieutenant général du bailli de Blois et de garde des sceaux royaux audit Blois au profit de Denis Musset, son fils.

Simon Musset ne vivoit plus le 22 mai 1511, époque à laquelle Georges Jacquet et plusieurs autres firent déclaration de leurs héritages à sa veuve et à ses enfans pour raison du fief de la Courtoisie.

Dans ces titres, la veuve de Simon Musset est nommée Jeanne, mais on ne lui donne pas son nom de famille. Nous présumons qu'elle étoit fille de Jeanne de Villebresme(l), dame delà Courtoisie, qui, en 1417, étoit veuve de Guillaume Guéret, écuyer, et qui, dès l€ 13 juillet 1419, étoit remariée à André de Bonas,

chambellan du Hoi; mais on ignore si celte Jeanne, épouse de Simon Musset, étoit issue du premier ou du second mariage de Jeanne de Viilebresme. Quoiqu'il en soit de celte conjecture, Jeanne de Viilebresme, veuve en 14o4 de André de Honas, donna le {{ janvier de cette année-là le domaine de la Cour toisie par bail à longues années sous la condition d'en rétablir les bAtimens ruinés, par les guerres. Après elle et dès le 8 jativier 1470, ainsi «jue nous l'avons vu plus haut, cette terre étoit possédée par Simon Musset, et nous apprenons, par une sentence du lieutenant général de Marchenoir, qu'elle appartenoit le 18 avril 1542 à André Musset par droit héréditaire, comme représentant défunte dame Jeanne de Viilebresme, veuve de xMossire André de Bonas, chevalier.

Le fief et seigneurie de la Courtoisie, relevant de celui de la Grange uni au comté de Cheverni, était encore possédé par la famille de Musset en 1780. Quoique les déclarations rendues au fief de la Courtoisie en 1511 nous portent à croire que Simon Musset laissa plusieurs enfans, les titres ne- nous font connoître que Denis qui suit :

Denis Musset, écuyer, seigneur de la Rousselière et de la Courtoisie, conseiller du Roi, maître des requêtes de la duchesse d'Orléans et de Milan, fut pourvu de l'ofTice de lieutenant général du bailli de Blois et garde des sceaux dudit bailliage, d'abord en 1495 en survivance de Simon Musset, son père, et ensuite sur la démission de ce dernier par lettres patentes du Roi données à Blois le 19 février 1505. Il avait acquis du vivant de son père le lieu et manoir de la Rousselière assis en la paroisse de Cheverni et relevant à la foi et hommage de la seigneurie dudit

(i) Voir ce que dit M. Martellièrc au sujet de l'origine des Viilebresme qui, au début du XIV" siècle, auraient été des marchands drHpiers de Blois, et de leurs alliances avec les Hurault et les Morvilliers.

lieu. Le contrat de cette vente, que consentit noble demoiselle Marguerite de Delvon, veuve de feu M. H. Arnault-Lévèque, en son vivant écuyer tranchant de feue la duchesse d'Orléans et de iMilan, fut reçu le 24 mars 1490 par Jacques Pervault, tabellion juré à Blois.

Denis Musset acheta de Jean Lefèvre, par contrat devant Hallope, notaire à Blois, le 6 juin 1511, une maison en la rue Chamoton (1). Cette maison avait été baillée à rente en 1498 par feu N. H. Simon Musset son père. Jeanne, duchesse de Longueville, comtesse de Dunois, reçut le lo juillet 1532 à sa foi et hommage Denis Musset pour raison des droits d'usage en la forêt de Marchenoir dépendant de ses fiefs de la Maisonfort, de l'Etang et de la Courtoisie. Il assista en 1533, en qualité de lieutenant général du bailliage, à l'assemblée des trois ordres tenue à Blois pour la rédaction de la coutume du comté. Il vivoit encore le 29 décembre 1534 et paroît être mort avant 1536. Du moins André Musset, son fils, possédoit le 13 mai 1536 la terre de la Courtoisie, et Claude Musset, frère aîné dAndré, exerçoit la charge de lieutenant général le 31 janvier de la même année.

Denis Musset épousa en 1478 ou 1479 Marie de Villebresme, fille de Macé de Villebresme, maître d'hôtel de Marie de Clèves, mère du roi Louis XII (2). Après la mort de Marie de Villebresme, Denis Musset, étant âgé de 27 à 28 ans, passa à de secondes noces avec Marguerite Cueillet ou Cuillette, fille de Jean Cuillet sieur de Feschines et de Gesvres (3).

De son premier mariage naquit le 12 octobre 1481

(i) M. Martellière nous apprend qu'il habitait cette maison et qu'il reçut des éloges et une forte gratification pour avoir combattu la peste de Blois en i5 1 1.

(2) C'est elle qui, selon M. Martellière, aurait apporté aux Musset la terre de la Rousselière.

(3) Voir ce que dit à ce sujet M. Martellière.

Marguerite Musset, épouse en 1407deSalmon de Bombelles, sieur de Martignan, et premier médecin du Roi. (Voir généalogie de MM. de Hombelles).

Du second mariage est né Claude Musset qui suit ;

André Musset, seigneur de la Courtoisie, prieur de Saint-Lazare lès Blois, chanoine et ensuite doyen de l'église d'Orléans (en 1574) mort en cette ville le 16 août 1580 (1). 11 a été inhumé à Sainte Croix dans une chapelle à main droite du chœur, où est son épitaphe sur une lame de cuivre ; ses armes y sont gravées. Elles sont peintes sur les vitraux de la chapelle. Il a fait don à cette église de 25 'de rente à prendre sur la Courtoisie (voir Gallia christiana t. VIII; Antiquités d'Orléans, par Le Maire, t. 2).

Marie Musset ;

Jeanne Musset, mariée à Messire Denis Poillet, président au parlement de Paris (2). De leur union est issue une fille unique, nommée Marie Poillet, qui épousa Ch. Clutin, seigneur de Villeparisis, dont est issu Catherine Claude, qui a épousé Jean de la Palu, chevalier de l'ordre du Roi, seigneur de Meilly. (Voir éloges des premiers présidents par l'IIermite de Souliers et Blanchard, p. 148, et additions et corrections p. 497). Jeanne Musset intenta un procès à ses frères et sœurs pour le règlement des communautés établies par les deux mariages de leur père. Dans ce procès on produisit les contrats de mariage et autres pièces importantes qui ont été perdues ou égarées.

Florimonde Musset ;

Catherine Musset, mariée à N. H. Tristan l'Anglois, écuyer, sieur d'Izy et de la Maisonfort de l'Etang, des Vaulx et du Plessis-Maillé, qui fut père de Catherine

(i) 11 avait testé le même jour devant Jacques Vasselin, notaire au chatelet d'Orléans. (Voir une analyse de ce testament au dossier Musset des Carrés d'Hozier du Cabinet des Titres de la Bibliothèque nationale).

(2) Voir une analyse de leur contrat dç mariage au dosMer Musset des Carrés d'Hozier.

l'Anglois, dame du Plessis-Maillé ejt du quart de la Courtoisie. Elle épousa Jacques Groneau, sieur de Cliampmarie, dont elleétoit veuve en 1587. Elle vendit Ja part qu'elle avoit dans le fief de la Courtoisie à Guillaume de Musset par contrat du dernier jour de novembre 1595.

Marguerite, ou plutôt Madeleine Musset, mariée à Denis Viart, sieur de la Chesnaye, qui le rendit père de Denis Viart, commissaire provincial des guerres en Normandie. Il épousa demoiselle Jeanne Jolly, et de ce mariage ils eurent :

1° Angélique V. femme de N. H. M. Jacques Servin, sieur de Miramion, conseiller du Roi en son grand conseil;

2" Marie V. femme de M. Ch. Beutault ;

3« Marguerite V. femme de Jean Glenon, écuyer, sieur de la Meraudière.

Denis Viart, leur père, vendit la quatrième partie de la Courtoisie à Marie Salmet, veuve de Claude Musset, par acte du 18 février 1583, avec déclaration que ce quart lui appartenoit comme héritier de M. André Musset, son oncle.

Claude Musset ou de Musset, écuyer, seigneur de la Rousselière, du Grand et Petit Lude, conseiller du Roi, succéda en 1536 à Denis Musset, son père, dans la charge de lieutenant général du bailliage, et fut pourvu par le Roi de celle de lieutenant général du présidial de Blois, le 18 août 1552. Il acquit de René de Beauvilliers, comte de Saint-Aignan, les terres et seigneuries du Grand et Petit Lude, situées paroisses de Binas et d'Ouzouer-le-Breuil, relevant, savoir la seigneurie de Binas de celle de Marchenoir, et celle de Petit Lude du chastel de Chàteaudun. Le contrat de cette vente fut reçu par Jean Farineau, notaire a Blois, le 14 novembre 1541 (1). Claude Musset tran-

(i) Voir une analyse de cette vente a\i dossier Musset des Carrés d'Hozier.

sigea avec le même René de Beauvilliers devant Jean Musset, notaire à la Ferté-Hiibert, en mars l.').')2, pour raison de certains droits de lief fju'il prétendoit sur Jacques de Mongommery, chevalier de l'ordre du Roi, seigneur de Lorges.

Il avoit épousé le 8 février 1537, Marie Girard de Salmet, fille de iNicolas Girard de Salmet, vicomte de Vallognes, seigneur de la Bonnaventure, valet de chambre ordinaire du Roi (l), et de Claude de Saulle. Il consentit avec elle le 18 février liioi, à la constitution de 125 écus de rente au profit de Jean Dupré, avocat au parlement, pour messire Gentien d'Amboise, dit le Protonotaire de Bussy, nommé par le Roi, à l'évéché de Tarbes.

Il fit, à cause de ladite Marie de Salmet, retrait de la métairie de Beauvoir, située paroisse de Boisseau, que demoiselle Claude de Saulle, femme et épouse de Guillaume Féau, écuyer, et auparavant veuve de Nicolas Girard, dit Salmet, avoit vendue le 2 novembre 1555 à Esmard Vatel, procureur du Roi en l'élection de Blois, et, ayant été saisi féodalement pour raison dudit lieu et métairie de Beauvoir à la requête de Messire François de la Ferté. seigneur d'Huisseau et du Moulin-Rouge, il obtint le 14 juillet 1537 une commission du bailli de Blois pour le faire appeler en justice.

Il ne vivoit plus en 1559, et Marie de Salmet, sa veuve, fit le 4 mars de cette année-là, tant pour elle que pour ses enfans, le remboursement de la somme de 440 écus d'or que son défunt mari avoit reconnu devoir à Robert Le Clerc, receveur des deniers communs de la ville de Blois, par acte devant Jean Sablet, notaire audit Blois, le 10 février 1554. Marie de Salmet étoit remariée, dés le 24 mars 1561, à Claude de Bombelles, écuyer, sieur de Lavau. Elle

(i) M. Martellière dit avoir découvert qu'en i533 Nicolas Girard de Salmet était « barbier et valet de chambre du Roy ».

le survécut et vivoit encore en 1601 (voir Armoriai de France, t. I).

De Claude de Musset et de Marie Girard de Salmet sont issus :

Simon Musset, licencié ès-loix, mort peu de temps après son père et sans avoir été marié. 11 passa bail de la terre du Lude à Jean Mahy devant Aubert, notaire à Blois, le 14 mars 1560, et vendit le 2 novembre de la même année à Jean de Salmet, écuyer, sieur de la Bonnaventure, son oncle, la maisoi) qu'il possédoit à Blois dans les rues Chemoton et Grande-Rue, paroisse Saint-Honoré. (C'étoit la même qui avoit été acquise par son bisayeul en 1461) ;

Guillaume de Musset, qui suivra;

Pierre de Musset, écuyer, seigneur d'Ozouer, commissaire des guerres à la suite du duc de Longueville au gouvernement de Picardie, puis trésorier des finances à Caen. Il n'a point été marié, et est mort à Paris en 1582 ;

Marie de Musset, dame de Montrouveau, du Mesnil et de la Courtoisie, décédée à Blois en 1621, sans alliance ;

Claude de Musset, mariée le 23 juin 1586 à Hugues du Mas, chevalier, seigneur de Saint-Hillarion et du Rossay, contrôleur général des postes de France (1), morte sans enfans ;

Marguerite de Musset, qui fut mariée en premières noces à Macé de Bombelles, écuyer, seigneur de Loingville, l'un des Cent gentilshommes de la maison du Roi, et en deuxièmes noces avec René d'Alès, écuyer, seigneur du (Sorbet, gentilhomme de la chambre du Roi, par contrat du 15 mars 1594. Elle mourut vers 1599 sans laisser d'enfant. (Voir l'armoriai de France, vol. 1 et f" 5, article : Aies).

- (i) Voir la teneur de leur contrat de mariage au dossier Musset de» Carrés d'Hoziçr. ■ '

Guillaume Musset, écuyer, seigneur de la Rousselière, de l'ray, du Lude, d'Ozouer-le-Hreuil, de la Courtoisie, épousa le 9 novembre 1;J80 par contrat passé devant Jacques Simoneau, notaire à Vendôme (1), noble demoiselle Cassandre d'Epeigney (2), lille de défunt Jean d'Epeigney, vivant écuyer, sieur de Pray (3), et de noble demoiselle Cassandre de Salviati (4), de l'illustre famille de ce nom, de laquelle Catherine et Marie de Médicis, reines de France, descendoient par les femmes. Bernard de Salviati, seigneur de Falcy, ayeul de Cassandre d'Epeigney, avoit été appelé en France par Catherine de Médicis.

Guillaume Musset obtint le 15 juillet 1579 une pension du Roi Henri III de la somme de 400 écus en récompense des services qu'il avoit rendus tant au dedans qu'au dehors du royaume au grand contentement de S. M. (o) Le ban et l'arrière ban ayant été convoqués pendant les années 1587 et 1588, il fut appelé par devant le lieutenant général du Vendômois pour raison de sa seigneurie de Pray ; mais le Roi Henri III l'exempta de tout service personnel et contribution au ban et arrière ban en considération de ses anciens services et de ceux qu'il venoit de lui rendre en la compagnie des 50 hommes d'ordonnance sous la charge du comte de Maulevrier.

[i] Voir la teneur in-extenso de ce contrat de mariage au dossier Musset des Carres d'Hozier.

(2) D'après M. Martellière, la femme de Guillaume de Musset appartenait à la famille Peigné ou de Peigné, mais non d'Epeigney.

(3) M. Martellière dit avoir trouvé ce personnage, alors qualifié « Monsieur de Pré u, parrain à la Madeleine de Vendôme, en 1549 et i553.

(4) Selon M. Martellière le contrat de mariage des époux Peigné- Salviati aurait été reçu le 23 novembre 1546 par Rotelet, notaire à Baugenci. Voir aussi ce que dit cet auteur des ancêtres de Jean de Peigné et de Cassandre Salviati.

(5) Voir la teneur de ce brevet au dossier Musset des Carrés d'Hozier.

Il décéda vers la fin du mois de novembre 1593. Cassandre d'Epeigney, sa veuve, épousa en secondes noces Clovis de Tesseron, écuyer, mestre de camp d'un régiment d'infanterie française. Elle n'eut point d'enfans de ce second mariage, mais de celui qu'elle avoit contracté avec Guillaume de Musset, elle eut François de Musset qui suit, Charles de Musset, tige de la branche existante, et Claude de Musset, décédé à Vendôme chez demoiselle Marie de Salmet, dame de Lavau, son ayeule paternelle, au mois de mai 1594. Il fut enterré dans l'église de Pray, ainsi que son père.

Branche aînée François de Musset, chevalier, seigneur de Pray, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi par brevet du 25 juillet 1611 (1), prêta serment à S. M. en cette qualité le 9 août suivant. Il fut nommé capitaine ordinaire de la marine du Ponant par commission de Charles de Montmorency, duc.de Dampville, pair et amiral de France et de Bretagne, donnée à Paris le 12 mars 1612. Il obtint le 15 juin de la même année une pension de 1000 livres et fut encore gratifié par le Roi le 22 avril 1620 de 2000 livres en récompense de ses services (2); convoqué au ban et arrière ban du Vendômois le 13 septembre 1621 pour sa seigneurie de Pray, il fit remontrer qu'il ne pouvoit comparoître en personne, attendu qu'il servoit actuellement S. M. au régiment de Feuquières. Il fut pourvu le 20 mai 1628 de la compagnie des gens de guerre à cheval dits Carabins, vacante par la démission du Marquis de Grimault, et fut tué, lieutenant au gouvernement de Philipsbourg, dans la nuit du 23 au 24 janvier 1635 par une partie des troupes allemandes

(i) Voir dossier Musset, Carrés d'Hozier. (3) Ibidem.

composant la garnison de celle ville (1). Ces Iroupes s'élanl révoltées, livrèrent la place à l'Kinpereur (voir les Mémoires de M. Robert Arnault d'Andilly, 2« partie, in-12, imprimés sous le titre d'Hambourg en 1734. C'est par faute d'impression qu'à la page 73, ligne 17, de la première partie, on lit : François Mariet ; il faut lire François Musset ou de Musset).

Il étoit né le 20 octobre 1581) et avoit été baptisé à l'église de Pray le 5 du même mois audit an. 11 épousa en premières noces demoiselle Marie Arnauld, lille de Messire Isaac Arnauld, conseiller du Roi en ses conseils d'état et privé, intendant des finances de S. M., et de dame Marie Perrin. Les articles de ce mariage furent signés des parties le 12 juillet 1611 et le contrat reçu par Le Camus et Sénelier, notaires au châtelet de Paris le 3 août suivant (2). Marie Arnauld étant morte, François de Musset épousa demoiselle Claire Martin, fille de Daniel Martin, écuyer, sieur de Villiers, et de damoiselle Magdelaine Rousseau. Le contrat de ce mariage fut reçu par Jacques Barthelmi, notaire à Blois, le 26 janvier 1626. Claire Martin mourut en la même année sans enfans.

Du premier mariage de François de Musset avec Marie Arnauld naquirent François II de Musset, Marie et Anne de Musset (3).

François II de Musset, chevalier, seigneur de Pray efc de la Thoise, fut pourvu le 17 avril 1635, par brevet du Roi donné à Compiègne, de la compagnie de Carabins, dits les Arquebusiers à cheval, vacante par la mort du feu sieur de Pray, son père. Il fut marié a demoiselle Marie Hurault de l'Hôpital, fille d'André Hurault de l'Hôpital, baron d'Auneaux, et de Marie

(i) Voir dossier Musset, Carrés d'Hozier.

(2) Une analyse de ce contrat de mariage se trouve au dossier Musset, des Carrés d'Hozier.

(i) Voir au dossier Musset, Carrés d'Hozier, l'attribution à François de Musset de la garde noble de ses 3 enfants.

Hilaire. Il n'eut point d'enfans de ce mariage et mourut à Pray le 26 juin 1653. II fut enterré en l'église de cette paroisse le lendemain. Marie Hurault, sa veuve, épousa en secondes noces Hector de la Forêt, seigneur d'Hiauville {1). (Voir l'Histoire des Grands officiers de la couronne, t. V, p. 517).

Marie de Musset épousa par contrat du 25 avril 1636 Pierre d'Alès, chevalier, seigneur de Gorbet en Dunois, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, l'un de ses maîtres d'hôtel, et maréchal de camp. Elle obtint le 10 avril 1634 un brevet par lequel la Reine Mère (Anne d'Autriche), désirant la gratifier sur le récit qui lui avoit été fait de ses vertueuses et louables qualités, joint à sa bonne naissance, la retint pour une de ses dames ordinaires (2). Elle mourut avant le 26 juillet 1666, et de son mariage avec Pierre d'Alès naquirent six enfans, d'où MM. d'Alès "de Gorbet (voir 1' « Inventaire de la noblesse de Touraine », par l'Hermite de Souliers, et V a Armoriai de France », t. V, p. 2 et suivantes).

Anne de Musset épousa Jacques de Sorbiers, seigneur de Pouzieux et de Pruneaux, desquels la postérité subsistait en 1789 en la personne de M. de Sorbiers, seigneur de Maubois, de la Marchandière et de Launay en Touraine (voir la généalogie de MM. de Sorbiers).

Branche cadette

Charles (I) de Musset, chevalier, seigneur de la Bonnaventure, de la Courtoisie, du Mesnil, du Lude, de Beauvoir, fils puîné de Guillaume de Musset et de

(i) Erreur : ce second mari de la veuve de François II de Musset était Jacques de Thiville, chevalier, seigneur de Rochevat, qui demeurait au Vivier, paroisse de Saint-Georges d'Eilois. (Voir dossier Musset, Carrés d'Hozier, transaction du i3 juin i634 entre les créanciers de la succession dudit François de Musset.

(2) Voir au dossier Musset des Carrés d'Hozier le texte de ce brevet.

Cassandre d'Epeigney, na(}uit le 2(1 juillet 1{)88, et fut baptisé dans l'église paroissiale de Saint-l*ierre-de- IVay le 10 août de la niônie année (1). Son père étant mort en 1;'>!)3, il fut, ainsi que ses frères François et Claude de Musset, mis sous la garde noble de Cassandre d'Epeigney leur mère.

Le 10 février 1598, Marie de Salmet, leur ayeule, fut reçue à la foi et hommage de Philippe Murault, chancelier de France, pour raison de la terre et seigneurie de la Courtoisie qui appartenoit, est-il dit dans l'acte, à François et Charles de Musset, fils mineurs de défunt Guillaume de Musset, écuyer, et de demoiselle Cassandre d'Epeigney, alors femme de Clovis de Tesseron, écuyer.

François et Charles de Musset firent leur foi et hommage au duc de Longueville le 7 juillet 1G14 pour la seigneurie du Lude, et le 27 juillet 1G21 pour celle du Mesnil.

Charles de Musset posséaait la Bonnaventure avant 1610 (2), A cette époque, René de Vimeur, sieur de Rochambeau, lui intenta, ainsi qu'à Claude de Coutance, sieur de Villeprouvée, un procès pour avoir péché dans le Loir près des moulins de la Hoterie. Deux de ces moulins appartenoient à M. de Coutance à cause de Marie de Damj)martin, son épouse; l'autre dépendait de la Bonnaventure. Le sieur de Rochambeau prétendoit au droit exclusif de pêche dans le Loir comme ayant acquis du domaine du roi les moulins de Chantereine. Les avocats mirent beaucoup de personnalité dans cette affaire : ils refusèrent à René

(i) Son extrait de baptême figure au dossier .Musset des Carrés d'Hozier.

(2) C'est une erreur. Cette terre appartenait alors à Marie de Musset, dame de Montreveau, qui l'avait eue de la succession de sa mère, Marie de Salmet, héritière elle-même de Jehan de Salmet, son frère, et c'est en i6i6 seulementque ladite Marie de Musset, en intervenant dans le contrat de mariage de son neveu Charles de Musset, la lui abandonna.

de Vimeur le titre de chevalier qu'il prenoit, et dirent en plaidant qu'ils ne pouvoient le considérer que comme meunier privilégié du duché de Vendôme. Ce procès fut arrangé au gré des parties par leurs amis communs, mais on a conservé le souvenir de ce qui avoit été dit par les avocats.

Charles de Musset, par contrat du 12 novembre 1616 passé à Blois devant Michel de Launai, notaire, fut marié avec demoiselle Madeleine Bazin, fille d'isaac Bazin, sieur de Cremon, et de défunte demoiselle Madeleine Bothereau (1). Il fut capitaine au régiment d'infanterie de Villearnoul par brevet du 11 juillet 1020, gentilhomme de la chambre du roi Louis XIII ainsi qu'il paroit par le brevet d'une pension de 1200 livres qui lui fut accordée en cette qualité le 24 novembre 1624(2); il fut tué pendant la guerre de Valteline en 1625, étant alors premier capitaine au régiment de Feuquières (3). Il étoit connu sous le nom de Bonnaventure, comme son frère sous celui de Pray ou de Pré. L'un et l'autre avoient une réputation de bravoure bien acquise, Charles embrassa la religion réformée dont les Bazin étoient à Blois comme les chefs. François retourna à la religion catholique. Ils avoient tous deux dans leur jeunesse voyagé en Italie, et été à Rome où leur grand oncle Jean de Salmet avoit aussi fait un voyage. François de Musset étoit à Blois lorsque Marie de Médicis sortit du château, et il fut le premier qui vint apprendre au Roi la nouvelle de l'évasion de la Reine Mère (« Histoire de Louis XIII », par Levassor), François et Charles de Musset moururent l'un et l'autre au service de l'état. L'aîné étoit âgé de 40 ans, 2 mois, 22 jours, et le

(i) Voir au dossier Musset des Carrés d'Hozier, l'analyse détaillée de ce contrat de mariage.

(2) Voir au dossier Musset des Carres d'Hozier, le texte de ce brevet.

(3) Ibidem.

cadet dans sa 37* année; Madeleine Hazin, sa veuve, i'avoil rendu père d'un fils (1; (|ui suit. Klle passa à de secondes noces avec Imio(!Ii Le hiclou, chevalier, seigneur de Chanceaux (2), dont clic cloil veuve dès l'an \(\'.V,). Klle eut de ce dernier mari (jualre tilles : 1" Marie Le Breton ou Le Hrellion, (}ui épousa en 1"^"" noces Charles de Pierrebulîières, ch^ et en 2® Aymard de ChouppesdontAyuiard H deCh., baron du Fau, marié à Marie-Anne Hotliereau. 2" Madeleine Le B. qui fut mariée à Georges liidouit de Sauci dont elle n'eut point d'enfans. Elle demeurait à la Denisière par' de Coulure en Vendômois. On croit fju'elle y mourut; elle avoit survécu à son mari. 3' Catherine Le B. épousa d'Isaac de l'Espinay. Elle en eut Anne de l'Epi nay qui étoit mariée en 1I)9G à Amauri Henri Goyon, comte de Beaufort. 4« Françoise Le B,, épouse de Paul deSoucelles, ch^ dont en 1G96 Catherine de Soucelles, mariée à Léonard-Antoine de Gehlin, ch', seig"" de Prépotin, et Françoise de Soucelles, épouse de Jacob, comte du Quesne.

Charles II de Musset, chevalier, seigneur de la Bonnaventure, d'Ozouer-le-Breuil, du Grand et Petit Mesnil, du Grand et Petit Lude, de Beauvoir, de la Courtoisie, fut d'abord capitaine au régiment de Beauce par commission du 18 octobre 1637 (3), puis dans celui de S. A. R. Gaston, tils de France, oncle du Roi Louis XIV, comme il paroît dans plusieurs actes où il est ainsi qualifié (4), et notamment dans

( i) Voir au dossier Musset des Carres d'Hozier la sentence rendue à Châteaudun le 9 août 1627 en faveur de la veuve de Charles de Musset comme ayant la garde noble de Charles de Musset, son fils.

(2) Voir au dossier Musset, Carrés d'Hozier, un acte du 23 janvier i63o où figure le second mari de Madeleine Bazin.

(3) Voir au dossier Musset, Carrés d'Hozier, les preuves de noblesse fournies en iô6o par Charles et Marie de Musset.

(4) Voir ibidem, les lettres de préséance accordées le 7 juillet i645 audit Charles de Musset par le roi Louis XIV.

un certificat de service signé de la main du prince et contresigné de Fromont, donné au camp de Wathin le 13 juillet 1645. Il obtint en récompense des services qu'avoit rendus Charles de Musset, son père, une pension de 600 livres, le brevet de cette pension est du 6 mars 1626 (1). On peut conjecturer que Charles II de Musset, fils unique de Charles 1 et de Madelaine Bazin, étoit né en 1620, car le bailli de Dunois, par sentence du 9 août 1627, donna mainlevée à Madelaine Bazin de la saisie féodale faite, à la requête du procureur fiscal de M. le duc de Longueviile, de la terre du Lude, attendu que Charles de Musset, fils mineur de ladite dame, n'est âgé que de 7 ans (2).

Il fut, par contrat du 20 novembre 1639, marié à demoiselle Anne Moreau, fille de noble NoëMoreau, sieur de la Bustière, conseiller du Roi, et de feue Anne Couard (3). Le fils du fermier des domaines de la prévôté de Mazangé, Charles de Coulante avoit pris querelle avec un des parens du capitaine Bonnaventure pour raison d'un droit de pêche dans la rivière d'Azé et de Boulon. Ce parent, nommé Henri Richard Fleury, écuyer, sieur de Villetrun, fut tué d'un coup de fusil au portail de la maison de la Bonnaventure, et le fermier, voulant prévenir les suites de cette afïaire, dans laquelle son fils, ancien gendarme, étoit le plus coupable, fit, à la hâte, assembler la justice de la prévôté. Le capitaine Bonnaventure, indigné d'apprendre que la procédure fût, par une lâche et coupable complaisance, dirigée contre la personne de son parent assassiné à sa porte, courut en armes au lieu où le bailli siégeait avec le procureur fiscal assisté du greffier. A son approche, les uns et les autres sautèrent par une fenêtre et s'enfuirent. Cet acte de violence donna lieu à une accusation qui fut

(i) Voir au dossier Musset des Carrés d'Hozier, le texte de ce brevet.

(2) Voir ibidtm, une courte analyse de cette sentence.

(3) Voir ibidem, une analyse détaillée de ce contrat de mariage.

depuis portée au parlement de Paris. Dans le cours de rinstruction du procès, M. de Musset Boniiaventure ollrit de se constituer prisonnier dans les prisons de Vendôme. Les parties adverses représentèrent que ces prisons étoient situées dans la même rue que le Temple des réformés, que M. de Musset faisoit profession de la religion réformée, qu'il avoit beaucoup de crédit parmi les protestans et qu'il ne tiendroit prison qu'autant qu'il lui plairoit. Cependant ce capitaine, qui étoit en congé, rejoignit l'armée avec une nombreuse recrue. Il se distingua par plusieurs traits d'une valeur brillante et fut tué au siège du fort de Mardick. Cette place capitula le 28 juillet 1()45, et, dès le 18 août de la même année, incontinent après la nouvelle reçue du décès du sieur de la Bonnaventure, inventaire fut fait des biens meubles de sa- succession (i). Anne Moreau sa femme étoit morte avant lui, laissant trois enfans, savoir :

Charles III de Musset qui suit ;

Anne de Musset, décédée en 1645 ;

Marie de Musset, dame de la Courtoisie, mariée à François de Salmon, chevalier, seigneur de la Fertière, par contrat passé devant Godeau. notaire à Loches, le 13 mars 1671. Elle abjura le 1«' mai 1672 la religion réformée, dans laquelle son ayeule Madelaine Bazin l'avoit élevée, et mourut sans enfant le 1" mai 1722, en son château de la Fertière. Elle fut enterrée à Savigny-sur-Braye, où l'acte de son abjuration est consigné sur les registres de la paroisse. François de Salmon, son mari, étoit mort vers 1701. (Voir V Armoriai de France, t. Vil, p. 14, art. Salmon du Chastelier).

Charles III de Musset, chevalier, seigneur de la Bonnaventure, du Grand et Petit Mesnil, et de Pathay,

(i) Voir au dossier Musset, Carrés d'Hozier, etc. Sentence rendue à Vendôme, le 17 octobre 1645, en faveur de Madelaine Bazin à ce sujet.

né en IG4I, comme on i)out le conjecturer par les lettres d'émancipation par lui obtenues en 1658 (1), et clans les(iuelles il est dit lors âgé de 17 ans, fut marié, par contrat en date du G janvier 1676 reçu par Cil. Mauduit, à dame Marie-Jeanne de Pathay, fille de défunt Henri de Pathay, chevalier, seigneur baron de Clereau, et de dame Marie Duval (2).

Madeleine Bazin, après la mort de son fils Charles II de Musset, accepta la tutelle et garde noble de ses petits enfans de la Bonnaventure, Charles III et Marie de Musset, ne mourut qu'en 1663 ou 1664, et leur laissa des affaires fort embrouillées, parce qu'elle paroît avoir réglé les intérêts des enfans de son second lit, avant d'avoir arrêté les comptes de ses petits enfans. Plusieurs contestations se sont élevées entre ses représentans par suite de cette disposition, ce qui a donné lieu à une transaction consentie par toutes les parties intéressées et reçue par les notaires au chatelet de Paris en 1725 (3).

Il ne paroît point que l'affaire intentée par le juge de Mazangey à Charles II de Musset ait eu de suite, ni que les auteurs de la mort violente de M. Fleury de Villetrun aient été punis.

Charles III de Musset avoit fait, avant son mariage avec Marie-Jeanne de Pathay, le partage des biens de la succession de ses père et mère avec Marie de Musset sa sœur. L'acte de ce partage fut reçu le 23 avril 1668 par Honnet, notaire au petit bourg de Fau, près Loches (4).

Charles de Musset comparut au ban du Vendômois ainsi qu'il paroît par le certificat de service que lui

(i) Voir au dossier Musset, Carrés d'Hozier, le texte de ces lettres d'émancipation.

(2) Voir ibidem une analyse détaillée de ce contrat de mariage.

(3) Voir ibidem, à la date du 7 mai 1726, la transaction à laquelle Louis de Musset fait allusion.

(4J Voir ibidem une analyse détaillée de ces partages.

délivra François de Mallierbe, coinrnandant ledit ban, en la ville de Verdun le 17 novembre 1074 (1).

11 étoit né et avoit été élevé, ainsi que sa sœur, dans la religion réformée. Son père, sa mère, son ayeul en faisoient profession; il en quitta l'exercice après la mort de Madeleine Hazin et dans le tems où les Calvinistes furent de nouveau recherchés et persécutés. La famille de sa femme était catholique. La sœur de Marie-Jeanne de Pathay nommé Louise- Aimée, avoit épousé, par contrat du 12 novembre 1699, Jacques d'Alès, fils de Pierre d'Alès et de Marie de Musset de Pray. M. Gaillard, dans le supplément du Dictionnaire d'Histoire d'Encyclopédie méthodique, remarque que M. Jac([ues d'Alès avoit un grand zèle pour la conversion des protestants (voir t. VI, p. 20). Nous avons dit que toute la famille Bazin étoit fort attachée au calvinisme; nous ajouterons que les Bothereau, Arnauld, Maillard, Chouppes, l'Epinay, alliés aux Bazin, partageoient cet attachement.

Charles III de Musset et Marie sa sœur furent déchargés, comme nobles d'extraction, de la taxe de 60 livres qui leur avoit été imposée pour raison du droit de franc fief de la Mairie de Mazangey. Le jugement qui les déchargea de cette taxe fut prononcé le 9 juin IGGO par la chambre souveraine établie par le Roi pour le fait des francs fiefs, nouveaux acquêts et amortissemens (2). Signification de ce jugement, signé Masclary, fut faite le 12 novembre suivant au traitant des droits. On voit par cet acte que Marie de Musset et Charles son frère procédoient dans cette affaire sous l'autorité de M« François Bernard, conseiller et avocat du Roi à Saumur, leur curateur.

Charles de Musset fut encore maintenu dans sa

(i) Voir ibidem le certificat en question.

(■i) Voir dossier Musset, Carrés d'Hozier, etc.

noblesse d'extraction par jugement de M. de Machauit, intendant de la Généralité d'Orléans, donné à Montargis le 9 juin 1667 sur la représentation de ses titres, établissant sa descendance en ligne directe de Denis de Musset, écuyer, seigneur de la Rousselière, lieutenant général du bailliage et gouvernement de Blois en 1510(1).

Il existoit au logis de la Bonnavenlure une chapelle qui avoit été bâtie par un ancien prévôt de Mazangey, nommé Gaignier. Cet ecclésiastique, qui possédoit à titre d'héritage la terre de la Bonnavenlure, et qui, en qualité de prévôt, avoit attribué à ce domaine plusieurs des droits seigneuriaux dépendans de son bénéfice, avoit disposé cette chapelle de manière qu'on y pût faire l'office. Il y avoit des stalles et un chœur séparé de la nef. Après la mort de M. Gaignier, la terre de la Bonnaventure passa à M. M. Defaute, et d'eux à Nicolas Girard de Salmet. Son fils Jean de Salmet la mit sous la sauvegarde du Roi et obtint d'Henri IV la permission de fortifier sa maison. Il y fit construire des tours avec un pont levis, et l'entoura de murs fort élevés. Jean de Salmet étant mort sans enfans, sa sœur Marie de Salmet recueillit sa succession qui passa à ses petits enfans François et Charles de Musset. Leur tante Marie de Musset, dame de Montrouveau, leur aiant cédé les droits qu'elle y avoit, la Bonnaventure, dans le partage de celte succession, échut à Charles de Musset, et celui-ci, ayant embrassé la religion réformée, fit un prêche de la chapelle. Anne Moreau et un de ses enfans y furent enterrés.

Le roi Louis XIV aiant fait rechercher les biens usurpés sur le clergé par les calvinistes, le traitant chargé de cette recherche prétendit que la chapelle de la Bonnaventure étoit en titre, qu'il en dépendoit

(i) Voir ibidem.

plusieurs arpens de terre, que la uiaison de la Bonnaveuture et loules ses dépendances avoienl appartenu à l'ordre de Saint François, que et,' domaine lui a voit été enlevé par le cardinal d'Amboise, commissaire du Saint Siège pour la réformation des Franciscains, et il conclut à la restitution des biens enlevés au clergé par les auteurs de sieur de la Bonnaventure et à des dommages intérêts contre lui. De son côté, M. de la Bonnaventure prouva facilement que sa propriété n'avoit point appartenu ni au clergé séculier, ni au clergé régulier ; que le nom de Bonnaventure lui avoit été imposé au XW" siècle, mais sans aucun rapport ni à Saint François d'Assise, ni à Saint Bonaventure ; que la chapelle dont il s'agissoit n'étoit point un bénéfice; qu'il n'en dépendoit aucun héritage dont il fût détenteur. Sur le vu des pièces qu'il produisit, il fut renvoie de toutes les demandes formées contre lui par ordonnance de M. Bazin de Bezons, intendant de la Généralité d'Orléans, donnée à Vendôme le 6 juillet 1683. M, de Neufville, évêque de Chartres, avoit, dès le 28 mai 1669, donné les permissions nécessaires pour faire rebénir cet oratoire ou chapelle particulière.

Charles III de Musset mourut à la Bonnaventure et fut enterré en l'église de Mazangey le 11 octobre 1699. Marie-Jeanne de Pathay lui survécut ; elle renonça à la garde noble de ses enfans par acte donné en la justice de Mazangey le 8 octobre suivant (1), et fut enterrée à Pathay en Beauce. Elle laissa de son mariage deux fils et quatre biles. L'aînée des filles, nommée Louise Michelle, naquit au château de la Bonnaventure le 6 août 1686, fut baptisée en l'église de Mazangey le 25 septembre 1687 (2), et épousa M. Jean du

(i) Voir dossier Musset, Carrés d'Hozier, etc.

(2) Voir ibidem son acte de baptême, mais elle y est nommée Françoise Michelle et non Louise Michelle.

Mouchet, chevalier, seigneur de la Tétarderie, en Touraine, elle est décédéo audit lieu, laissant de son mariage : Jean-Louis-François du Mouchet, chevalier, seigneur de la Tétarderie, capitaine au régiment de grenadiers royaux de l'Espinasse, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, mort sans alliance audit lieu de la Tétarderie le 19 août 1800 et inhumé ainsi que l'avoit été sa mère, dans la paroisse de Boulay, près Château-Renault.

Françoise-Charlotte de Musset, morte, sans avoir été mariée, à Membrolles en Dunois en 1783.

Et Marie-Françoise de Musset, morte également au Boulay en 1785.

La seconde des filles de Charles III de Musset et de Marie-Jeanne de Pathayfut nommée Marie-Madeleine. Elle naquit à la Bonnaventure le 30 mars 1693 et fut baptisée en l'église de Mazangey le 1" avril audit an (1). Elle fut reçue à la communauté de Saint-Cyr par brevet du Roi Louis XIV du 30 juillet 1701 (2) et y décéda le 12 janvier 1705. Mme de Maintenon, dans sa correspondance, l'appelle sa petite Bonnaventure, et parle de cette enfant avec bienveillance.

L'aîné des fils de Charles III de Musset fut nommé Charles-Antoine et continua sa postérité.

Le second (des fils de Charles III de Musset) Alexandre-Henri de Musset, né le 3 février 1684, baptisé en l'église de Mazangey le 4 février 1685, mort sans avoir été marié le 8 janvier 1761, et inhumé en l'église de Mazangey le 9 du même mois, a été connu sous le nom de M. de Bonnaventure ; il a possédé les terres du Lude et du Pin. Elevé page de S. A. R. Monsieur frère de Louis XIV, il entra sous-lieutenant au régiment de Chartres le 1" mars 1703 (devint) capitaine le 21 mars 1706, lieutenant-colonel le 8 décem-

(i) Voir dossier Musset, Carrés d'Hozier, etc. (2) Voir ibidem.

bre 1741, brig.idier des armées le l*""" mai 174"), et servait (M1 celle (|iialité fii 174r., 1747, I7'i.s. IJeiitenaiit pour le Hoi à la Hochelle et y commandant ainsi que dans le pais d'Aunis par commission du 28 mars 17o4 enregistrée à l'hAtel de ville de la Kochelie le 17 février n.'i.'i, il fut chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis par brevet de septembre 1722, et fut pensionné de la somme de 1500 francs sur ledit ordre en I7i7 ; il l'avoit été de 800 francs après le combat d'Ettingen (1).

M. de Bonnaventure entra au régiment de Chartres pendant la guerre de la Succession. Ce régiment fut emploie en Flandres et en Allemagne. 11 se trouva aux journées d'Hochstett, de Ramillies, d'Oudenarde, de Malplaquet. On sait combien elles furent désastreuses pour la France, et que la valeur des particuliers ne put qu'à grand peine préserver l'état menacé d'une ruine qui sembloit prochaine .sans les succès qu'obtint à Denain le maréchal de Villars. Le régiment de Chartres fit l'année suivante le siège de Landau qui, aiant capitulé, ouvrit ses portes à l'armée française le 21 juillet 1713. 11 fut également emploie à celui de Fribourg. M. de Bonnaventure se trouva à ces différentes actions et s'y distingua 11 étoit en 1719

(i) « Alexandre-Henry rie Musset de Bonnaventure, né au château de la BDnnavcnture dans le Vendômois le 3 février 1784, étoit page depuis le !«■■ janvier 17H1, quand il a obtenu une sous-lieutenance au régiment de Chartres infanterie le i^f mars 1703; devenu successivement lieutenant le 5 juillet de la même année, capitaine le 21 mars 1706, chevalier de Saint-Louis en 1722, capitaine de Grenadiers le I"" août 173 I, commandant le bataillon en décembre 1734, major en avril 1735, lieutenant-colonel en novembre 1741, et enfin brigadierdes armées du Roi le i^r mai 1743, • il a été placé sous-lieutenant à la Rochelle au mois de mai 1754, et il est mort au mois de janvier 1761. M. de Bonnaventure a servi pendant 5o ans au régiment de Chartres, et s'y est distingué en nombre d'occasions... il a été blessé à la bataille de Dettingcn en 1743, à celle de Raucoux en 1746, et au siège de Berg op Zoom en 1747. »

Extrait des Essais historiques sur les régiments d'infanterie, de cavalerie et de dragons, par M. de Roussel (1767).

aux sièges de Fontarabie et de Saint Sébastien, en 1733 à ceux de Milan et de Xovare. Peu de temps avant la bataille de Guastalla, qui fut livrée le 8 septembre 1734, les deux compagnies de grenadiers du régiment de Chartres aux ordres du comte, depuis maréchal de Maillebois, avoient été emploiées à la retraite de la Secchia. Ces compagnies étoient alors commandées par M. de Bonnaventure, premier capitaine, parce que le second avoit été fait prisonnier de guerre sur la chaussée de San Benedette.

A la bataille de Dettingen en 1743, le régiment de Chartres se trouva seul, sur la fin de l'action, dans une petite plaine entre le marais et les bois d'Aschaffenbourg ; les ennemis qui le débordoient à la portée du fusil rendoient sa retraite très difilcile. Cependant M. de Bonnaventure, lieutenant-colonel commandant le corps en l'absence du comte de Balleroy qui avoit été blessé, se mit en devoir de l'exécuter. Il ordonna en conséquence à M, de Boisseron, major, de faire faire un demi tour à droite. Dès que les ennemis aperçurent ce mouvement, ils marchèrent en avant, et firent un feu très vif, qui ébranla un peu le régiment. Aussitôt M. de Bonnaventure fit faire halte, et par un second demi tour à droite, il se présenta à eux, portant un drapeau qu'il avoit pris de la main d'un enseigne, et criant au soldat : « Si quelques-uns d'entre vous avoient peur, qu'ils se retirent ; les braves me suivront. » Il connoissoit assez le régiment pour être persuadé qu'ils préfèreroient tous de mourir avec lui en gens d'honneur plutôt que de devoir leur vie à une lâcheté. Aussi ce propos fit tout l'effet qu'il en attendoit. Chartres, immobile au feu des ennemis, ne s'ébranla que pour s'en aller au petit pas, en faisant toujours la meilleure contenance. Il repassa ainsi le marais, et il rejoignit l'armée sans avoir été entamé. M. de Bonnaventure, qui s'étoit comporté dans cette occasion en vrai homme de guerre, y fut

blessé légèrement. Il se trouva en 1744 aux sièges de Menin et d'Yprcs, en 174"» à celui de Tournay, en 17'i() à celui de Hruxelles. Après la |)rise de Bruxelles, M. de Bonnavenlure fut chargé de la garde de Wilvorden. Celte place, ouverte de toutes parts, n'ètoit point hors d'insulte. Le prince de Waldeck y entra après avoir forcé la porte de Louvain; mais il ne put empêcher M. de Bonnavenlure de replier ses postes et de se retirer au chAteau qu'il conserva. M. de Bonnavenlure rendit compte de cet événement à M. le comte de Lowendal dans les termes suivans : « A Wilvorden, ce 7 avril 1746.

« Monsieur, je voudrois pouvoir avoir l'honneur de vous exprimer ma sensibilité à l'avenlure qui est arrivée ce matin. J"ai dill'éré à vous en faire le récit pour pouvoir vous en détailler toutes les circonstances sans, je vous jure, avoir envie de pallier les fautes que j'ai pu faire. Je ne cherche pointa m'excuser. Je sais que je suis responsable de toutes les manœuvres qui se font dans un endroit où j'ai l'honneur de commander.

« A la pointe du jour, les ennemis ont paru à la porte de Matines et à celle de Louvain; elles ont été attaquées toutes les deux en même temps. L'attaque de la porte de Malines

n'a pas réussi, M lieutenant au régiment de Piémont',

s'élant porté avec la garde sur le rempart et l'ayant disposée de façon à disputer aux ennemis le passsage du fossé. Cet officier, quoique jeune, s"esl conduit avec beaucoup de

prudence. M lieutenant dans le même régiment,

étoil à la porte de Louvain. Ses sentinelles ont tiré leurs coups de fusils à l'approche des ennemis, et ont rechargé leurs fusils. Celui de la droite a tiré trois coups; ils ont tué trois soldats que j'ai vus morts, l'un sur le ruisseau qui traverse la ville, un autre sur la demie lune qui est sur la gauche de la porte, et le troisième dans le chemin. J'aurois cru que ce temps là suftisoit pour que la garde se portât au rempart; c'est ce qu'elle n"a point fait. Les ennemis ont passé sur la gauche dans un endroit où six hommes auroient empêché cent hommes de monter. Cette garde s'est retirée au château sans perdre un seul homme. Les ennemis, quand ils ont été formés, ont suivi le rempart pour aller à la porte de Malines. M. de n'a abandonné sa porte que lorsque les ennemis ont été sur lui. II a eu un soldat blessé et

deux d'égarés. Au premier coup de lusil, j'ai assemblé le piquet avec lequel je marchois à la porte de Louvain ; il n'en éloit plus tems; les ennemis étoient sur la place. J'ai posté des gardes aux barrières; alors je suis retourné au château mettre chacun à son poste, après quoi j"ai marché avec environ 150 liommes dans le dessein de chasser les ennemis de la place. Les dispositions où je les ai trouvés au débouché des rues m'ont fait croire qu'ils étoient en force et que je risquois d'être coupé entre le château et ma troupe, ce qui auroit pu être d'une grande conséquence. J'ai sacrifié. Monsieur, à la conservation du château les deux pièces de canon, et j'ose avoir l'honneur de vous assurer que je lui ai fait un grand sacrifice et me suis fait une grande violence. J'ai fait rentrer tout le monde aux barrières, tous les postes de la ville sont rentrés en bon ordre. La garde de la porte de Bruxelles n'est revenue que lorsqu'elle a vu les grenadiers aller à elle par la rue. Je vous envoie l'état des morts, blessés et prisonniers, et je ne saurois, Monsieur, trop me louer des officiers et des soldats.

« M. de Bar, capitaine de Grassin, qui a été blessé, est un officier de distinction qui mérite que vous vous intéressiez pour lui. M. Gautier, lieutenant au même régiment, qui est blessé, est un très brave garçon et a beaucoup de conduite. J'aurois à vous en dire autant de tous les officiers de mon détachement. Ils ont été assez heureux pour n'être point blessés, mais tous étoient fort empressés à en courir les risques.

« L'on m'a assuré que les ennemis avoient emmené trois chariots et une charrette chargés de blessés, et dans une chaise un officier. Je ne me consolerai jamais de ce que le nombre est si petit. Dans mon malheur, je me fiatte que vous me rendrez la justice de croire que, si j'avois eu tout le tems que je devois avoir, j'aurois sauvé le canon qui étoit mon seul objet, étant bien sûr que les ennemis ne pénètreroient pas au château. L'on dit qu'ils étoient deux mille. Je n'en sais rien que ce que j'ai ouï dire. Dès que j'aurai quelque certitude, j'auroi l'honneur devons en informer. J'ai celui d'être avec bien du respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. »

« Etat des officiers et soldats tués, blessés ou faits prisonniers à Wilvorden le 7 avril 1746 :

M. Modène, capitaine de Dauphin, prisonnier, MM. Babel et Petit, lieutenans de Diesbach, prisonniers, M. Caillière, lieutenant de Chartres, prisonnier,

M. de Tailliade, lieutenant de Grassin, prisonnier,

M. de Bar, ca|jitaine do (Jrassin, blessé,

M. (îaulier, lieultMianl de Grassin, blessé ;

Trois soldats du régiment de Piémont, blessés ; un de Dauplim, et deux prisonniers; trois pi-isonniers de Diesbach ; un soldat du régiment de Cliartres tué, un de Grassin, plus deux blessés et vingt-neuf prisonniers. »

M. le comte de Lowendal répondit le *J avril 1746 ainsi qu'il suit :

« J'ai reçu, Monsieur, le détail que vous m'avez envoie de l'atraire de Wilvorden. Je suis fâché de celte aventure, et surtout de ce que l'ennemi a fait prisonniers deuxnos officiers et pris deux pièces de canon, car le surplus n'est pas grand chose. Je ne doute point (\ue vous nayiez fait dans cette occasion tout ce que l'on doit attendre d'un officier dont la valeur et l'intelligence sont également connues, et je vous ai rendu là dessus envers la cour toute la justice possible. J'ai tâché en même tems de colorer la circonstance des officiers pris dans leurs lits, car quelle opinion pourroit-on avoir d'un officier qui s'éloigne de sa troupe pour être mieux couché? S'il n'y a point assez de place dans le château, il vaudroit mieux prendre les plus proches maisons et les y rassembler afin de les avoir plus promptement au besoin que de les souftrir se disperser dans la ville. Je ferai relever votre garnison plus souvent pour la soulager des troupes, et ce sera tous les deux, trois, quatre ou cinq jours indéfiniment afin que l'ennemi n'en soit pas justement informé et ne puisse faire aucune entreprise en conséquence. Je me repose au surplus sur votre vigilance et sur votre capacité et suis avec l'attachement le plus sincère. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

« Le comte de Lowe.ndal ».

Dans une autre lettre du 13 avril, écrite en entier de la main du même général, on lit :

« Quant au renfort que vous me demandez, j'ai considéré que votre principal but était de vous défendre dans le château autant qu'il sera possible; je crois que l'augmentation n'y tiendroit pas, et, si l'ennemi se résolvoit à investir votre place de tous côtés, ce seroit d'autant plus de monde de pris, puisqu'il seroit peut-être impossible que je pusse vous dégager. El qui sait si une garnison plus nombreuse ne

seroit pas un plus grand appas pour le prince de Waldeck à entreprendre quelque chose contre vous? Au lieu que, sachant qu'il n'y a que 4 à 5CK) hommes, il fera son calcul sur ce que ceux-là, commandés par un valeureux officier, peuvent lui tuer, sur le peu de tems que cette conquête lui doit naturellement rester, et sur ce qu'il y perdra à son tour lorsque nous la reprendrons. Tout cela, mon cher Bonnaventure, me fait croire qu'il n'en sera rien et que nous en pouvons rester au nombre actuel de notre garnison. Vous leur tuerez bon nombre avant qu'ils aient pris la ville et vous leur ferez encore acheter plus cher l'approche du château... >'

A cette lettre étoit joint l'extrait suivant d'une de celles de M. d'Argenson, ministre de la guerre :

« J'ai rendu compte au Roi des bons témoignages que vous rendez de M. Bonnaventure qui commande à Wilvorde et de l'artillerie que vous lui faites passer pour éloigner les hussards de ses remparts. S. M. en est très satisfaite. Si les ennemis construisoient réellement un pont sur le Rupel, cette place exigeroit des attentions sur lesquelles le Roi est bien persuadé qu'il n'est pas nécessaire de vous prévenir. »

L'ennemi n'avoit pas le dessein d'attaquer d'une manière bien sérieuse le poste de Wilvorde. Le prince de Waldeck, qui se proposoit seulement d'inquiéter l'armée française dans ses cantonnemens, se porta sur Wilvorde par un motif assez frivole. Une sœur de ce prince avoit passé par cette petite ville à la lin du carnaval; elle y avoit été reçue par le Commandant d'une manière fort distinguée. Le ton, l'air chevaleresque de ce militaire, le nom qu'il portoit avoient frappé la Princesse qui parla de lui avec beaucoup d'éloges à M. de Waldeck. Le prince jura qu'il enleveroit ce chevalier et qu'il Tamèneroit prisonnier aux pieds de sa sœur. La négligence de l'ofTicier du régiment de Piémont qui étoit de garde dans la nuit du 7 avril 1746 à la porte de Louvain eût pu assurer le succès de l'entreprise de l'ennemi, mais iM. de Bonnaventure, dans sa visite des postes à l'entrée de la

nuit, avoit été frappé de la mauvaise tenue de celui de la porte de Louvain : il y retourna avant minuit, reproclia à i'oflicier son peu de zèle et l'exhorta vivement à se tenir sur ses gardes, et, craignant que ses exhortiïtions, ses ordres eussent été mal suivis, il se disposoit à l'aller visiter de nouveau, quand des premiers coups de fusil furent entendus. Ceux des ofîiciers qui furent pris n'y étoient logés qu'à l'insu et contre la défense expresse du Commandant. Aussi on voit en quels termes M. de Lowendal parle de leur conduite, quoique M. de Bonnaventure n'en eût pas fait mention dans sa lettre. L'oflicier du régiment de Piémont de garde à la porte de Louvain les G et 7 avril donna sa démission. Il nous semble que c'est par erreur que, dans l'Histoire du maréchal de Saxe et dans celle du régiment de Chartres, on écrit que le prince de Waldeck se rendit maître de la porte de Matines ; il falloit dire la porte de Louvain suivant la relation que nous avons transcrite. (Voir Histoire du maréchal de Saxe par d'Espagnac t. Il, seconde édition in-i2, p. 118 et Histoire du régiment de Chartres p. 48).

M. le comte de Lowendal écrivoit encore le 18 du même mois à M. de Bonnaventure :

« Quoique vous pouvez bien être persuadé que j'emploierai tout mon savoir faire et tout ce qui dépend de moi pour vous secourir en cas que vous fussiez attaqué, cela n'empêche pas que vous pouvez suivre hardiment votre façon de penser qui vous dicte sûrement de vous défendre jusqu'à la dernière extrémité. De braves gens ne peuvent courir d'autres risques que d'être prisonniers de guerre quand même aucune capitulation n'eût précédé. Voilà à peu près, mon cher brigadier, ce que je me propose de faire si jamais ma bonne fortune m'en procure l'occasion. Wilvorde est en bonnes mains, et je suis tranquille de ce côté-là.

«< J'ai prié M. de la Grantet de vous envoier un cheval à hussard que je préfère pour vous, puisqu'il est assez fort pour vous servir à deux mains.

« Je viens de recevoir une lettre du ministre par rapport à l'affaire de Willorde ; vous avez lieu d'être tranquille et satisfait sur la façon que la cour a regardé cette affaire. »

Le régiment des Grassins et celui de la Morlière ayant été envoies le 30 avril dans la ville, M. de Bonnaventure reçut ordre de se retirer dans le château de Wilvorde et de laisser à M. de Grassin le soin de garder la ville et d'y commander. Enfin la campagne étant ouverte, M. de Bonnaventure, qui avoit reçu en date du i^^ mai 1745 des lettres de service en qualité de brigadier, rejoignit le régiment de Chartres qui étoit de brigade avec celui d'Orléans. A la bataille deBocoux, cette brigade attaqua avec autant d'ardeur que de succès les retranchemens de l'angle du village du Bocoux et prit plusieurs canons, plusieurs drapeaux, et fit nombre de prisonniers ; M. de Bonnaventure, qui soutint sa réputation dans cette occasion, fut blessé de trois coups de feu sans vouloir se retirer. L'une de ses blessures, lui fracassant la mâchoire, lui ôtait la faculté de parler, mais il animoit encore le soldat en lui montrant avec son chapeau les retranchemens qu'il devoit emporter.

Après cette bataille, le régiment de Chartres prit ses quartiers d'hiver, et dès le 25 octobre, M. le Maréchal de Saxe expédia de sa propre main des lettres de service en qualité de brigadier à M. de Bonnaventure. Il lui écrivit de Chambord le 19 décembre suivant :

« J'apprends avec plaisir. Monsieur, que votre santé est meilleure, et je souhaite qu'elle puisse se rétablir bientôt entièrement. Les eaux de Barèges pourront y contribuer, mais je pense qu'il ne faut pas que vous en fassiez encore usage d'une couple d'années, parce qu'elles s'opèrent avec succès que sur les anciennes blessures, et que les vôtres sont encore trop nouvelles.

« Je suis très parfaitement. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

" M. de Saxe. >'

M. de Bonnaventure, qui se trouvait assez bien rétabli à l'ouverture de la campagne de 1747, marcha avec la brigade d'Orléans à l'atlaciue du village de Lawfeld. Le maréchal de Saxe chargea en personne les ennemis (jui furent complètement battus le 2 juillet et le 27 du même mois, M. d'Argenson étant au camp de la commanderie du Vieux Goue, écrivit à M. de Bonnaventure la lettre suivante :

« Le Roi voulant, Monsieur, vous donner des marques de la satisfaction qu'il a de la manière dont il vous a vu servir à la bataille de Lawfeld, S. M. m'a ordonné de vous mander qu'elle vous accordoit une pension de 1.200 livres sur le Trésor royal. Je vous en donne avis, et suis parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

« d'Argenson. »

Après la bataille de Lawfeld, le siège de Berg op Zoom fut résolu. La brigade d'Orléans y fut emploiée, et M. de Bonnaventure, qui la commandoit, fut légèrement blessé devant Berg op Zoom ; il fut chargé de la direction de l'attaque des forts Frédéric Henri de Lille à la place du comte de Sailli qui avoit été fait prisonnier dans les Dunes. M. de Bonnaventure s'acquitta de cette commission avec cette intelligence, cette valeur dont il avoit donné des preuves en tant d'autres occasions. Le fort Frédéric Henri s'était rendu le 6 octobre. On avoit ouvert la tranchée devant celui de Lille. Le chemin couvert fut pris le 12 au soir par le comte de Lewenhaupt. Il avoit dans son grade de colonel conduit la veille à M. Musset de Bonnaventure 300 grenadiers et 1.750 fusiliers. Dès que le comte de Lewenhaupt se fut emparé du chemin couvert, l'officier qui commandoit dans Lille se rendit prisonnier de guerre avec sa garnison composée de 70 hommes.

Le Roi, pour récompenser les services que M. de Bonnaventure avoit rendue dans cette campagne, lui accorda une pension de 1.500 1. dans l'ordre de Saint-

Louis. Cette nouvelle grâce lui fut annoncée par la lettre suivante du ministre de la guerre :

«< A Fontainebleau, le 2 novembre 1747.

« Le Roy ayant bien voulu, Monsieur, en considération de

vos services et de la dislinclion avec laquelle vous vous

êtes conduit aux sièges du fort Frédéric Henri et de Lille,

\ous accorder une pension de 1.500' dans l'ordre de Saint

Louis au lieu de celle de 800 livres dont vous jouissiez déjà

dans ledil ordre, je vous en donne avis avec bien du plaisir

et suis parfaitement, Monsieur, votre très humble et très

obéissant serviteur.

« d'Argenson. »

M. le maréchal de Saxe, par ordre donné au camp de Louvain le 12 octobre, avoit nommé M. de Bonnaventure lieutenant de Roi de Nivelle et s'y rendit avec le régiment de Chartres qui y passa l'hiver. Le 15 avril 1748, M. de Bonnaventure eut du Roi de nouvelles lettres de service en qualité de brigadier, et il servit au siège de Maestricht. M. le vicomte du Ghayla, commandant dans les Pays-Bas, lui donna le 2 décembre 1748 l'ordre de se rendre à Maestricht pour y faire les fonctions de lieutenant de Roi. Après avoir assisté à la remise de cette place en conséquence du traité de paix, il rentra en France avec le régiment de Chartres qu'il commanda, en qualité de lieutenantcolonel jusqu'au mois de mars 1754, qu'il fut placé lieutenant de Roi à La Rochelle.

Ce ne fut qu'à regret qu'il accepta cet emploi ; il craignoit de ne pas y trouver autant d'occasions d'être utile que dans son régiment. M. d'Argenson, qui connoissoit son zèle et qui avoit eu plusieurs fois occasion d'admirer son désintéressement, seconda de tout son pouvoir les vues de M. le Duc d'Orléans pour lui assurer un traitement avantageux. Le Duc d'Orléans, en annonçant à M. de Bonnaventure sa nomination à la lieutenance de Roi à La Rochelle, lui écrivit la lettre suivante :

« Au Palais Royal, le 18 avril 1754.

« Monsieur, je fais joindre à cette lettre copie de celle que m'a écrite M. d'Argenson sur la lieutenance de Hoy de La Rochelle à laquelle S. M. vient de vous nommer. Vous verrez qu'outre les 1.500' de pension que vous avez sur l'ordre de Saint Louis, le Roy veut bien, par une grâce toute particulière, et pour la satisfaction qu'il a de vos services, vous accorder la continuation de votre pension de 1.200' sur le Trésor royal avec une gratification de pareille somme dont vous jouirez tant que M. de Montrozier touchera les appointemens attachés à cette place. Pour rendre votre situation meilleure et vous donner de mon côté une preuve du cas que je fais de vos services, je vous ferai toucher démon trésor toutes les années la somme qui manquera au traitement que le Roy vous fait pour compléter le revenu de la place et le rendre tel qu'il sera à la mort de M. Montrozier. Vous vous entendrez sur cela avec le sieur Fontaine, secrétaire de nos commandemens; je lui donnerai mes avis en conséquence de cet arrangement auquel je me suis porté avec un plaisir égal aux sentiments avec lesquels je suis. Monsieur,

<< Votre très affectueux à vous servir.

« Louis-Philippe d'ÛRLÉANS. »

La guerre ayant éclaté de nouveau en 17.Ï6, M. de Bonnaventure s'emploia encore très utilement à la défense de La Rochelle et du pays d'Aunis que les Anglois menacèrent plusieurs fois. Les bourgeois de La Rochelle ayant obtenu la permission de prendre les armes, il se forma quatre compagnies dont l'une adopta le nom de Bonnaventure {Histoire de La Rochelle, in-4«, t. II, p. 523 et 708).

Ce militaire s'étant déterminé après 60 ans de service à prendre quelque repos, fit part de son projet au maréchal duc de Belle-lslequi lui adressa la lettre suivante :

« A Versailles, ce 25 juillet 1750.

« Je viens. Monsieur, de rendre compte au Roy de vos services; S. M., pour vous marquer la satisfaction qu'elle en a, et pour vous procurer le repos dont vous avez besoin, trouve bon que vous conserviez chez vous votre vie durant

le traitement attaché à votre emploi à l'exception seulement des 600 ' que la ville de La Rochelle paye annuellement pour tenir lieu de logement au lieutenant de Roy. S. M. a agréé en même tems pour vous remplacer le sieur chevalier de Berray, lieutenant-colonel du régiment d'infanterie de Béarn, qui, tant que vous vivrez, fera le service de la place sans autre rétribution que ladite somme de 600'. Je vous fais part avec plaisir de cette disposition à laquelle j'ai d'autant plus volontiers contribué qu'elle est conforme aux conditions que vous avez réservées dans votre démission.

Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

« Le Maréchal Duc de Belle isle. »

Le maréchal d'Estrées écrivit le 24 juillet 1760 à M. de Bonnaventure la lettre qui suit :

« Quant on a aussi bien servi le Roy que vous avez fait, Monsieur, et aussi longtemps, il est juste de pensera se reposer. Je souhaite que l'arrangement qui a été fait pour vous, vous soit avantageux. Je regretterai cependant toujours de voir la ville de La Rochelle privée d'un commandant aussi capable et aussi vertueux, qui, sûrement, emportera avec lui les regrets de tous les bonnes gens.

« Je suis. Monsieur, véritablement votre très humble et très obéissant serviteur.

« Le Maréchal d'Estrées. »

M. de Bonnaventure s'étant rendu à Vendôme à la fin de l'été de l'année 1760, vint à la Bonnaventure dans les premiers jours de janvier 1761, y tomba malade, fit son testament le 6 dudit mois (il avait testé en faveur de Louis-François de Musset, son neveu, d'après le manuscrit généalogique d'Odille de Musset) et mourut le 3. 11 fut inhumé dans le caveau de la chapelle de Notre-Dame de Lorette, au milieu de la nef de l'église de Mazangey. Cette chapelle avoit été construitepar Jean de Salmet, écuyer, seigneur de la Bonnaventure, à la fin du XVI° siècle. Elle a été mise depuis sous l'invocation de saint Louis. Le caveau dans lequel a été déposé le corps de M. de Bonnaventure étoit le lieu ordinaire de la sépulture de MM. de Musset.

Le troisième fils de Charles HT de Musset et de Marie-Jeanne de Patliay a été Louis François de Musset, chev^ seigneur du Boulon, capitaine au régiment de Chartres infanterie, né à la Honnaventure le 20 avril 1690, et baptisé en l'église de Mazangey le lendemain; il épousa en 1723 Thérèse-Pélagie Pautrisel ou Potrisel, dont il n'a point eu d'enfant; il demeuroit avec elle au bourg de Trôo en Vendômois au mois de novembre 1736, et il est décédé à Chelles près Issoudun; sa femme est morte à Paris hôtel de Rennes, rue Saint-André-des-Arts, et a été enterrée paroisse Saint-André.

Le quatrième des fils de Charles III de Musset et de Marie-Jeanne de Pathay fut Olivier-Pierre-César de Musset, né à la Bonnaventure le 2 mars 1692, baptisé en l'église de Mazangey le lendemain, sous-lieutenant au régiment de Chartres le 1" avril 1710, capitaine le 30 octobre 1718, chevalier le 15 mai 1720, puis commandeur de l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, blessé d'un coup de feu à la poitrine au siège de Fribourg en Brisgau, pensionné de 600 livres sur l'extraordinaire des guerres. Il est mort à Châteaudun en 1766. M. le chevalier de Musset avoit épousé demoiselle Jeanne de Pelsaire (1). De leur mariage est né un fils, mort en bas âge, et trois filles qui n'ont laissé aucune postérité, savoir :

Louise de Musset, reçue à Saint-Cyr sur les preuves de sa noblesse consignées dans V Armoriai de France (t. I, reg. I). Elle a épousé Jean de Villecour, écuyer,

(i) Jeanne de Pelsaire était fille de Jean-Jacques Pelsaire, écuyer, conseiller du Roi, ancien commissaire de marine, et de feue dame Florentine d'Argum. Le contrat de mariage fut passé devant de Rancé et son confrère, notaires au châtelet de Paris. (Voir dossier Musset, des Carrés d'Hozier, du cabinet des titres de la Bibliothèque nationale).

dont elle est restée veuve sans enfant, et est morte à Montreuil,près Versailles, au mois d'octobre 1796('l).

Jeanne-Madeleine de Musset, reçue pareillement à Saint-Cyr. Elle a été mariée avec Pierre-Alexandre d'Alès, chevalier, seigneur de Gorbet, veuf en premières noces de Marie-Anne d'Arguet de Beauvoir. Il n'y a point eu de postérité de ce mariage. Madame d'Alès a survécu son mari, et est morte à Orléans en

Marie-Anne de Musset, qui a vécu sans alliance, et est décédée à Châteaudun au mois d'octobre 1804.

Marie-Anne de Musset et sa sœur Jeanne-Madeleine transigèrent, ainsi que Jean-François-Louis de Mouchet et ses deux sœurs, avec Louis -François de Musset sur un procès qu'ils lui avoient suscité à l'occasion du testament de M. deBonnaventure. Cette transaction fut reçue le 31 mai 1763 par devant Claude Peton, notaire à Châteaudun.

Charles-Antoine de Musset (fils aîné de Charles III de Musset et de Marie-Jeanne de Pathay), chevalier, seigneur de la Bonnaventure Pathay, le Grand et Petit-Mesnil, capitaine de dragons au régiment de Lautrec, avoit commencé ses services militaires au régiment Royal Infanterie et étoit attaché à ce régiment en qualité de lieutenant le 21 juin 1694. Il étoit alors âgé de 17 ans, étant né en 1677 ; il n'a été baptisé que le 7 novembre 1683. L'acte de baptême a été rédigé d'une manière assez inexacte par le curé de Mazangey, mais on voit, par l'acte de refus de la garde noble fait par sa mère, que le 8 octobre 1699 il étoit âgé de 23 ans. 11 étoit alors lieutenant de dragons, et son père venait de mourir (2). Il ne quitta la carrière militaire

(i) Voir aux Archives nationales, O 688, tout un dossier sur cette Louise de Musset, alors veuve de Jérôme de Villecour, pensionnée sur la cassette de Monsieur, frère du Roi (1774- 1780).

(2) Voir dossier Musset des Carrés d'Hozier.

quelques années après que pour uieltre ordre aux aflaires de sa fainille. Son éducation avoit élé soignée, il possédoit bien la langue latine. La connoissance qu'il avoit de la langue allemande lui fut utile en une rencontre où il tomba dans un parti chargé de la garde d'un défilé. Il trompa l'ennemi en parlant allemand, et ce ne fut qu'au moment où il sortit du défilé qu'on s'aperçut à sa cocarde qu'il étoit François. Il échappa heureusement à ceu.x qui le poursuivirent et ne fut que légèrement blessé à la joue.

Charles-Antoine de Musset a été marié avec Marguerite-Angélique du Bellay, fille de François du Bellay, chevalier, seigneur de Ternay, les Hayes, Drouilly, gouverneur pour le Roi de la ville de Vendôme, du château pays et duché de Vendômois pour S. A. M. le duc de Vendôme, lieutenantdes maréchaux de France aud. pays et duché, et de dame Marie du Tillet. Le contrat de ce mariage, en date du 3 septembre 1707, a été passé devant Toussaint Chevron, notaire au duché de Vendômois, résidant à Monliodon(l).

Charles-Antoine de Musset a été maintenu dans sa noblesse par ordonnance de M. Joubert de Bouville, intendant de la généralité d'Orléans, des 15 décembre 4715 et 3 juillet 1717. Il vendit sa terre du Grand et Petit-Mesnil le 4 avril 1720 et transigea avec ses cohéritiers en la succession de Madeleine Bazin sa bisayeule devant Lorimier, notaire au chàtelet de Paris, le 7 mai 1726(2).

Charles-Antoine de Musset est mort en son château de la Bonnaventure le 27 novembre 1732, Agé d'environ 56 ans, et a été inhumé le 28 du même mois en l'église dsMazangey. Marguerite-Angélique du Bellay, née le 23 août 1680, paroisse d'Oisseau, pays du Bas-

(i) Voir ibidem une analyse détaillée de ce contrat de mariage. (2) Voir ibidem une analyse détaillée de cette transaction.

Maine, baptisée le 20 octobre 1682 en l'église des Hayes, est décédée veuve à Vendôme le 3 février 1753, et a été inhumée en l'église de Saint-Martin.

Ils ont laissé de leur mariage :

Louis-François de Musset qui suit ;

Joseph-Alexandre Musset de Pathay, dont la postérité sera rapportée après celle de son aîné ;

Edmond Bonaventure de Musset-Signac, né à la Bonnaventure le 12 janvier 1714, baptisé en l'église de Mazangey le 9 février suivant, lieutenant en second au régiment de Chartres le 1^' janvier 1734, enseigne de la colonelle le 31 octobre, même année, décédé étant en lad. charge à Belle-Isle-en-Mer le 10 juin 1741;

Thérèse-Angélique de Musset, religieuse au monastère delà Visitation, rue Saint-Antoine, à Paris, morte après plus de cinquante années de profession en 1784 ;

Françoise-Félicité de Musset, dame de la Courtoisie, qui a vécu sans alliance et est décédée à Muiden, près Saint-Dié, le 3 janvier 1785.

- — Demoiselle Françoise-Félicité de Musset, dame de la Courtoisie, morte en 1785, testa en faveur de son neveu Louis-A.-M. de Musset en le rappelant à sa succession en aîné au détriment de son frère de Pathay, oncle dud. Louis-A.-M. La succession de Françoise-Félicité consistoit en une closerie, sise à Coutures, près Vendôme, en une maison sise au faubourg Saint , dite ville de Vendôme , qu'elle lègue

à sa nièce Madame Louise de Musset, et dans la terre de la Courtoisie, située commune de Saint-Léonard, près Oncques (Loir-et-Cher). Cette terre, restée indivise dans les partages entre M. de Musset-Pathay et son frère de Musset de Cogners, fut bientôt vendue. (Note d'Odile de Musset.)

IX® degré, branche aînée.

Louis-François de Musset, chevalier, seigneur de Cogners, Sainte Osmane, la Bonnaventure, né le 16 janvier 1709, et baptisé en l'église de Mazangey

le 10 février suivant, capitaine au réf^iment de la Ferlé-Imbault, depuis Chartres, par brevet du 13 novembre 1732 sur la démission du capitaine de Musset, son oncle; capitaine de grenadiers le 13 mars 1748; chevalier de Saint-Louis le 3 avril 1740 ; retiré en 1758 après 3G ans de service (1) avec une pension de GOO livres (2) ; a épousé en premières noces Claude-Angélique de Menou, tille de M"^" Hené-Louis de Menou, chevalier, seigneur de la Hoche Menou, et de dame Eléonore de Chaux, son épouse. De ce mariage, dont le contrat est du 7 février 1746, est né Charles-Louis de Musset, mort avant sa mère, laquelle est décédée en couches, et l'un et l'autre sont inhumés en l'église de Mazangey, savoir, le fils, le H février 1750, et, la mère, le 18 février même année.

Il a épousé en secondes noces par contrat du 10 mars 1751 Suzanne-Angélique du Tillet, sa cousine germaine, tille puînée de .M. Elle du Tillet, chevalier, seigneur de Marsay, Mondon, la Tour de Ry, ancien lieutenant-colonel du régiment de Lassay infanterie, et de dame Marie-Renée du Bellay (3).

Suzanne-Angélique du Tillet, née le 4 janvier 1722, a été baptisée le même jour en l'église de Poligny, et est décédée à Vendôme au mois de septembre 1793.

Louis-François de Musset est mort en son château de Cogners le 17 février 1771, et a été inhumé en l'église du même lieu le lendemain (4).

(i) Voir au dossier Musset des Carrés d'Hozicr, une attestation de ces 36 ans de service à lui délivrée par le lieutenant-colonel et autres officiers du régiment de Chartres.

(2) Louis-François de Musset, frère du major, né le i6 janvier 1709, cadet en 1720, enseigne de la colonelle le 10 février 1723, capitaine le i3 novembre 1732, chevalier de Saint-Louis en mai 1746, et capitaine de grenadiers le i3 mai 1743, s'est retiré en 1758. (Extrait des Essais historiques sur les régimens dinfanterie, de cavalerie et de dragons, par M. de Roussel (1767).

(3) Voir au dossier Musset des Carrés d'Hozier, une analyse détaillée de ce contrat de mariage.

(4) Son épitaphc se voit encore dans l'église de Cogners.

De leur mariage sont nés :

Louis-Alexandre-Marie de Musset, qui suit (1) :

Marie-Louise-Henriette de Musset, née au château de la Bonnaventure le 24 juin 1752 ; baptisée en l'église de Mazangey le même jour; décédée au couvent des Bénédictines de Château-du-Loir le 24 décembre 1770, et inhumée en l'église de Saint-Guingallois, le lendemain. — Elle avoit les pieds mal conformés, et avoit peu d'esprit, mais elle étoit douce et bonne. (Note d'Odille de Musset).

— Jeanne-Françoise Bonne de Musset, née à la Bonnaventure le G octobre 1757, baptisée en l'église de Mazangey le 22 août 1758, décédée à Paris sans alliance le en l'année 1809.

Charles-Louis- Joseph.

Jeanne-Françoise Bonne de Musset, sœur de Louis- Alexandre-Marie et de Charles-Louis-Joseph avoit hérité pour sa portion dans les biens de son père de la terre de la Bonnaventure ; elle vendit cette terre en 1797 au sieur Doliveau son fermier; celui-ci, quelques années après, la revendit au sieur Paul Rodrigue, prêtre, chanoine de la Rochelle, ami de Victor-Donatien de Musset-Pathay, qui l'avoit amené, pour échapper à la persécution, chez son père à la Vaudourière, au commencement de la Révolution de 1789. Paul Rodrigue étoit, au terme de la vente, passible envers MM. L.-A.M. de Musset et Adolphe- Louis (son neveu) d'une somme de 20.000 francs laissée par Mademoiselle de Musset entre les mains de son acquéreur Doliveau pour garantie d'une rente

(i) La notice de Louis-Alexandre-Marie de Musset ne figure pas dans le manuscrit écrit de la main de ce dernier ; mais il en existe une très détaillée et très complète dans le manuscrit écrit par Odille de Musset. On comprendra que nous nous dispensions de le reproduire ici, nous en étant déjà servi dans notre propre travail. Par la même raison, nous nous dispenserons de reproduire ce que dit Odille de Musset de son frère Onésiphorc et de ses neveux et nièces.

viagère qu'elle servoit à une dame Jouin de Vendôme et remboursable auxdits sieurs de Musset après le décès de la dame Jouin; MM. de Musset, afin de faciliter les arrangernens que Paul Rodrigue proposoit à Victor Donatien de Musset pour l'approprier de la terre de la Honnaventure après sa mort et celle de dame Marie-Madeleine-Catherine de Musset, sœur dud. Victor, et connue sous le nom de Madame Louise de Musset-Pathay, se contentent de recevoir annuellement 320 francs qu'est chargé de payer le i "' janvier de ch. année M, Dourday, auq. Victor-Donatien de Musset-Pathay a vendu sa terre patrimoniale de la Vaudourière; ce sera led. sieur Dourday qui efïectuera après le décès des sieur Rodrigue et dame Louise de Musset-Pathay le remboursement de '20.000 francs à M. de Musset-Cogners et Adolphe- Louis (de Musset) ou à leurs représentans.

Mademoiselle de Musset (Jeanne-Françoise-Bonne) décéda à Paris, le 6 mai 1809, à l'âge de 51 ans, passage des Petits-Pères, n** 1, division du Mail.

Les partages définitifs des biens délaissés par Suzanne-Angélique du Tillet, veuve de Louis-François de Musset, et par Jeanne-Françoise-Bonne de Musset, mère et sœur, ayeule et tante de M. L.-A.-M. de Musset et Louis-Adolphe, furent arrêtés par M« Delacroix, notaire à Paris, le 6 mai 1813. Adolphe-Louis avoit alors atteint son âge de majorité.

M. de Musset de Cogners devint propriétaire de la terre de Beaulieu, département de Maine-et-Loire, à la charge d'un report de 34.500 francs, et son neveu fut approprié de la ferme de la Grande-Ronce en Ternay (Loir-et-Cher); la terre de Beaulieu fut vendue par lui en.... (Note d'Odille de Musset).

Charles-Joseph-Louis de Mussef-Signac, né à la Bonnaventure et baptisé en la paroisse de Mazangey le 25 novembre 1760, a été reçu page du Roi en la petite écurie au mois de janvier 1776; sous-lieutenant

au régiment de Chartres en 1778. Il a été tué pendant la guerre civile au village de Fondras, commune de PeilIac-en-Bretagne, le 20 février 1796, par un détachement de la garde nationale de la Roche-de-Trois. L'acte de notariété qui constate ce fait est déposé au rang des minutes de M. Deschamps, notaire à Vendôme.

Charles-Joseph-Louis de Musset, chevalier, seigneur de Musset Bonnaventure, fief Signac, etc., a épousé en 1788, par contrat reçu devant

notaire à Vendôme, Marie-Emilie Compaignon de Flosville, fille de M. Jean-Baptiste Compaignon de Flosville, et de dame Marie Bouvart.

Marie-Emilie-Compaignon de Flosville, née et baptisée à Vendôme, est morte à Chartres le 28 juillet 1798 et a été inhumée le lendemain.

De leur mariage sont nés :

Louis -Almire de Musset, mort à Vendôme en 1791 :

Emilie de Musset, morte à Vendôme en 1790 ;

Adolphe-Louis de Musset, né à Vendôme le septembre 1791, baptisé à l'église de Cogners le mai 1791, marié le 1814, à

de Salligny

De ce mariage :

un fils mort en naissant

Almire de Musset, né à Paris le

Charles-Alexandre de Musset, né aux Mussets le

— Charles-Joseph-Louis, (1) né à la Bonnaventure le 23 novembre 1760, connu sous le nom de Signac ; il possédoit le fief de ce nom, le moulin et une maison située rue Basse à Vendôme, et le moulin Langis en Ternay. M. de Musset-Signac épousa en 1788 Marie- Emilie de Flosville, fille de M. Compaignon de Flos-

(i) Toute la notice qui suit sur Charles-Joseph-Louis de Musset et de descendance est tirée du manuscrit généalogique d'Odille de Musset, et ce qui concerne ses petits-fils du livre d'Octave Teyssier sur la famille de Musset.

ville, médecin, et de demoiselle Marie Bouvard. M. de Signac avoit été page du Koi en sa petite écurie et sous-lieuteuaiit au régiment de Chartres ; après avoir failli être massacré à Vendôme où il habiloit, lorsque le duc de Chartres, depuis duc dOrléans et roi de France sous le nom de Louis-Philippe, y tenoit garnison avec son régiment, il émigra et rejoignit en Allemagne l'armée des Princes. C'est lui qui répondoit au duc de Chartres, lui défendant à Vendôme de lui donner le titre de Monseigneur : « Monseigneur j'ai été mis aux arrêts pour avoir omis de vous donner ce titre lorsque vous n'étiez encore qu'au berceau, je m'en rappelle ».

M. de Signac avoit eu un fils, nomme Louis-Almire. Cet enfant mourut en 1791 lorsque déjà le père éloit hors de France. 11 avoit perdu en 1790 une fille, âgée de quelques mois, nommée Marie-Emélie. Madame de Musset-Signac étoit enceinte lorsque son mari émigra; elle mit au monde le 29 septembre 1791 un fils baptisé à Cogners au mois de mai 1792. M. le curé de Cogners, René Marc, avoit refusé de donner son adhésion à la constitution civile du clergé : il n'avoit pas prêté son serment et étoit resté fidèle à la foi et au saint Siège. Ce fut la raison qui décida la mère d'Adolphe-Louis de Musset à venir le faire baptiser à Cogners. Cet enfant eut pour parrain son oncle paternel, M. Louis-Alexandre-Marie de Musset, et son ayeule maternelle, Madame de Flosville, fut sa marraine.

Adolphe-Louis de Musset continua la seconde branche cadette de la famille de Musset dont son père Charles-Joseph -Louis a été la tige. Le chevalier de Musset rentra en France avec les autres émigrés qui débarquèrent à Quiberon ; il échappa au massacre de ses compagnons, se rendit auprès des royalistes de l'Ouest, et il fut tué au village de Foudras, commune de Peillac-en-Brelagne, le 20 février 1796 par un dé-

tachement de la garde nationale de Roche-des-Trois. Sa veuve, qui avoit eu part aux persécutions qu'on avoit exercées contre les femmes d'émigrés, s'étoit retirée à Chartres dans sa famille ; elle y mourut le 28 juillet 1798, laissant Adolphe-Louis, orphelin à l'âge de sept ans. Cet enfant reçut les soins de son ayeule maternelle et de sa tante, Mademoiselle Aimée de Flosville, qui depuis a épousé M. de Saint-Martin, docteur en médecine. M. le M'* de Musset-Cogners parvint à faire lever le séquestre apposé sur les biens de sa mère et sur le moulin Langis appartenant à son neveu, et partagea avec sa sœur Mademoiselle Bonne de Musset et avec le fils de son frère les revenus de cette succession qu'il ne partagea avec le jeune homme qu'après la mort de Mademoiselle de Musset en 1810. Adolphe-Louis de Musset eut pour tuteur son grand-oncle maternel, M. Bouvard. Il vendit les biens de son père et acheta de M"" de Lévis, qui la tenoit de sa tante, M'i« de Crémainville, dame de Paris, la terre des Mussets, située commune de Busloup, arrondissement de Vendôme, département de Loir-et- Cher. Il possédoit cette terre lorsqu'il épousa, le 14 juillet 1814, Mii« CaroUne de Salligny, fille de M. de Salligny et de dem''^ Guyot de Ménisson, cousinegermaine de M""*' Victor de Musset-Pathay. Ce mariage fut célébré par l'abbé de Salligny, oncle paternel de M"« de Salligny, à Joinville. Adolphe a eu de son mariage avec M^i« de Salligny, un fils mort en naissant; Almire de Musset, né à Paris en 1817 (1); Charles- Alexandre, né aux Mussets eu 1819 (2), et Adrien, né

(i) Almire de Musset, mort le 21 mai 1874, avait épousé en 1842 Laure de Rancé, d'où un fils, Maurice de Musset, né en 1844, mort le 2 juin 1895 à la villa Saint-Maisse, au Cannet-du-Luc (Var).

(2) Charles-Alexandre de Musset, auditeur au Conseil d'état en 1845» chef de cabinet du Préfet du Var (10 juin i852), conseiller de préfecture du Var en novembre i853, secrétaire général en février i8ôo ; il avait épousé le 6 février 1854 Marie-Charlotte Ricaud, et est décédé le 23 mai 1899 à la villa Saint-Maisse, au Luc (Var).

à EcLiron en (Champagne en 1H2'.) (I). M. de Musset a vendu sa terre des Mussets en 1H27. Il habite en \H'.V.) la terre de Lorey près l'acy-sur-Kiire, département de l'Kure, (ju'il a adjuise. il a une iiis|»eeti()n des forêts du domaine de Louis-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, nommé lienlenaiit du royaume par le feu roi Charles \, lors de son abdicalioii en faveur de son petit-lils Henri V. Louis-Philippe a pris le titre de roi des François.

Une portion des biens du père d'Adolphe de Musset a été vendue comme les biens des autres émigrés. Il a eu part aux indemnités accordées par Charles X à ceu.x de ses sujets dont les biens avoient été spoliés (2).

Branche cadette, dite de Pathay; L\« degré :

Joseph-Ale.xandre Musset de Pathay, né à la Bonnaventure le avril 1719 et baptisé en l'église de Mazangey le lendemain, a d'abord été destiné à l'état ecclésiastique; il est entré ensuite au régiment de Chartres, alors connu sous le nom de la Ferté-Imbault; lieutenant le 30 janvier 1735; capitaine le 6 juin 1745; chevalier de Saint-Louis le 6 novembre 1747; major le 7 juillet 1758, et retiré en 176G avec une pension de 1.000 livres que le Roy lui a accordée en reconnaissance de ses services.

M. Musset de Pathay a fait, sous les ordres de son oncle M. de Bonnaventure, les fondions de major aux sièges des forts Frédéric-Henri et Lille (Histoire du régiment de Chartres, p. 51).

M. Musset de Pathay avoit eu en partage de la succession paternelle le domaine de Beauvoir et maison Musset, paroisse de Boisseau ; il a vendu ce domaine et acquis le fief de laVaudourière, paroisse deLunay.

(i) Adrien de Musset, chef de bataillon à la légion étrangère, mort à Marou le 2 décentibre 1878.

(a) Adolphe de Musset est mort le 20 mai 1872.

II a épousé, le 2G novembre 1754, demoiselle Jeanne- Catherine Besnard d'Harville, fille de Henri Besnard d'Harville, chevalier, seigneur de Villegager et des Vaux, capitaine au régiment de Querci infanterie, et de demoiselle Marie Hérité (1).

Joseph-Alexandre Musset de Palhay, chevalier, seigneur de la Vaudourière, est mort à Vendôme, faubourg Saint-Bienheuré le 1799 (2).

Jeanne-Catherine Besnard d'Harville, née aux Veaux, baptisée paroisse de Lunay, est décédée à Vendôme en 1800, et a été, ainsi que son mari, inhumée au grand cimetière de la même ville (3).

De leur mariage sont nés :

Charles-Henri de Musset, né à la Vaudourière, paroisse de Lunay, en 1755; reçu à l'école militaire sur les preuves de sa noblesse; chevalier novice de l'ordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel; sous-lieutenant au régiment de Poitou en 1773, capitaine au régiment de Brosse. Il a été tué au combat d'Oberkamlach en Souabele 13 août 1796, étant alors dans le corps d'armée aux ordres de S. M. S. Mgr le Prince de Condé; il avoit été, peu de temps avant sa mort, nommé chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Marie-Madeleine-Catherine de Musset, reçue à la maison royale de Saint-Cyr sur les preuves de sa noblesse en 1769, nommée chanoinesse du chapitre de Troarn en 1789 (4).

Victor-Donatien qui suit.

(i) Voir au dossier Musset des Carrés d'Hozier, une analyse détaillée de son contrat de mariage.

(2) D'après son acte de décès que nous avons relevé à la mairie de Vendôme, il est décédé en cette ville, faubourg de l'Union, le 28 vendémiaire an Vin, âgé de 81 ans ou environ.

(3) Son acte de décès, que nous avons également relevé à la mairie de Vendôme, porte qu'elle est décédée en cette ville, faubourg de l'Union, le 7 ventôse an VllI, âgée de 66 ans.

(4) Elle est morte à Tours, le 12 septembre 1847.

X^ degré; branche dite de Pallmy :

Victor-Donatien de Mussct-l*allia> , né à la Vaudourière le G juin 17G8, baptisé en l'église de Lunay le 7 du même mois. Elève du Uoy à l'école militaire de Vendôme, puis à celle de La Flèche, pourvu d'un canonical de l'église cathédrale de La Hochelleen 1788 (renvoyé à l'état laïc par dispense du souverain pontife selon le man. d'Odillede Mussel); il a (juilté l'état ecclésiastique (1). Nommé adjudant du génie, chef du bureau du dépôt des fortifications, emploie en 1808 au ministère de la guerre. H a épousé par contrat du 2 juillet 1801 passé devant Pezé de Corval, notaire à Paris, Edmée-Claudette Guyot des Herbiers, fille de Claude-Antoine Guyot des Herbiers, membre du corps législatif, et de Marie-Anne Daret. Le mariage a été solennisé le 18 juillet suivant audit an (21 messidor an IX), chevalier de la Légion d'honneur en 1815, mort à Paris du choléra en 1832.

Louise-Jenny de Musset, née le 25 juillet 1802 (1 thermidor an X), morte le 9 novembre 1805, paroisse de Saint-Etienne-du-Mont.

Paul-Edme de Musset-Pathay , né le 7 novembre 1804 (IG brumaire an XIII), baptisé même paroisse, à Paris (2).

Louis-Charles-Alfred de Musset-Pathay, né le 11 novembre 1810 (d'après Odille de Musset, le 11 décembre 1810).

Oscar de Musset-Pathay né le 181G ou

1817, mort jeune à peine âgé d'un an, (d'après Odille de Musset).

Erminie de Musset, née à Paris, le (3).

(i) Voir dans l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux (lo octobre igii) une lettre sans date, du reste, écrite à cette occasion au pape par Victor de Musset-Pathay, du diocèse du Mans.

(2) Paul-Edme de Musset a épousé le 23 mai 1861 Mademoiselle d'Alton Shée et est mort le i^' décembre 1861.

(3) Herminie de Musset, née à Paris en 1819, a épousé en 1846 Timoléon-Désiré Lardin, Conseiller à la Cour d'Angers.

TABLE ANALYTIOUIÎ

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