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Balestre et Gilletta de Saint-Joseph. Etude sur la morta

lité de la première enfance dans la pee urbaine de la France (chez nor édit.).

soit, par année, 16.112 décès. Ces chiffres donnent la proportion de 606,30 pour 1000 décès d'enfants, et ces décès sont tous théoriquement évitables. € À cette perte il faut ajouter 52.332 décès par débilité congénitale, en moyenne 179 pour 1000 décès.

« Or, des décès par cette cause, M. Budin en a évité les 9/10. Si nous ajoutons ces 9/10, soit environ 160 pour 1000 d’après nos proportions, aux 606 dé-

cès dus aux maladies évitables, cela fait 966 décès

évitables sur 1.000. Et ce n’est pas fini !… « Les causes inconnues, les autres causes (con- vulsions, elc.,) nous donneraient encore un bénéfice,

de sorte que l’on peut dire que les 3/4 au moins des

enfants meurent par notre faute ».

La Mutualité maternelle a-t-elle réussi à lutter victorieusement contre toutes ces causes de mortalité infantile, à éviter le plus grand nombre de ces lamentables décès ?

Les statistiques des différentes mutualités vont nous répondre.

De 1892 à 1905 la Mutualité maternelle de Paris a protégé 3.689 enfants de zéro à un an, 254 sont morts, soit un pourcentage de 6.8.

Dans ces dernières années le taux de la mortalité

s’est abaissé à 6 0/0.

A Lille, d’après les statistiques de M. Foubert

pour les années 1902 et 1903, la mortalité infantile

qui avant la fondation de la mutualité était de 28 0/0 est descendue à 6 0/0.

À Vienne, en Isère, la mortalité jusqu'en 1901 s’abaisse à 10, 4 0/0.

Actuellement elle est d'environ 6 0/0.

A Dammarie-les-Lys la mortalité a abaissé sa moyenne de 50 o/o et, fait particulièrement intéressant, la mortalité est plus faible dans la classe ouvrière tout entière mutualiste que dans la classe aisée. Nous voici loin des tristes conclusions des statistiques de Nancy !

La Mutualité maternelle n’a pas fait que sauvegarder la vie de l'enfant, elle lui a préparé une vie meilleure en surveillant son développement physique.

En instituant des Consultations de nourrissons, en favorisant par des primes l'allaitement au sein qu’elle a rendu possible par le repos des quatre semaines, la mutualité continue et achève pendant toute la première enfance son rôle de sauvegarde et de bienfaisance.

Il en résulte pour l'enfant un accroissement régulier de la taille et du poids. Dans la section de Vincennes, par exemple, le D' Pachot a constaté que la moitié des enfarts de mutualistes amenés à la Consultation de nourrissons pesaient 200 grammes de plus que lamoyenne.

Pour ce qui est des mères : Le repos des quatre

semaines après l'accouchement leur évite les multiples accidents de la reprise prématurée du travail :

Les ptoses viscérales ;

Les inflammations pelviennes ;

Le surmenage et avec lui la diminution de la résistance aux infections si nombreuses qui menacent l’ouvrière à l'atelier et à l’usine.

Mais l'assistance qu’accorde la Mutualité maternelle aux mères malheureuses n’est pas seulement matérielle, elle est aussi morale.

La femme du monde, la bourgeoise qui vient apporter ses secours et ses consolations à la femme du peuple, à l’ouvrière nécessiteuse, qui vient lui soigner son enfant, lui apprendre à le nourrir, à lhabiller, qui même lui donne la layette de ses propres enfants, accomplit un acte de vraie charité qui est toujours compris.

Le rapprochement de ces femmes, socialement si éloignées, sur le terrain commun de la maternité, | supprime les défiances, les timidités ou les rancunes.

Une véritable émulation s'établit aussi entre toutes les mères qui se rencontrent fréquemment à la Consultation de nourrissons, qui se sentent toujours sous la bienveillante tutelle de la Mutualité.

En devenant de meilleures mères, elles deviennent de meilleures femmes. Nous voyons, dans le rapport de Mr: Lobhier, directrice de la section de Créteil, que deux femmes notamment connues pour leur intem-

. pérance, se sont radicalement amendées depuis leur

incorporation à la Mutualité.

Ce rôle d’assistance et de relèvement matériel et moral, la Mutualité maternelle tient à honneur de l’as-

surer auprès de toutes les femmes, quels que soient

leur religion, leur caste, leur état social, les plus malheureuses lui sont les plus chères.

Les filles-mères trouveront auprès d'elle aide et protection. :

« Grâce à l'intervention de la mutualité, les fillesmères ne cherchent plus dans le suicide ou l'avortement un moyen d'échapper à la misère et au déshonneur.

« Elles se souviendront qu'elles appartiennent à la grande famille mutualiste qui n’abandonne jamais ses membres malheureux, et qu'elles peuvent en confiance y demander des conseils et y réclamer un secours auquel elles ont droit et qu'elles peuvent accepter sans humiliation. » (1)

Malgré ces résultats si variés, si encourageants,

l’œuvre de la mutualité n’est pas encore complète.

En lisant les statistiques générales de la Mutualité

Mort-nés....…....... 166 Non-viables....,..... 65 x Fausses couches...... 257

RS

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