‹ Les Mycoses Du Conduit Auditif ExterneChapitre 23 sur 23 · OBSERVATION Î (LIÉBAULT · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î (LIÉBAULT

Mme E... souffre du conduit auditif externe droit : douleurs vives qui Pempêchent de dormir et se propagent vers l’articulation temporo-maxillaire, en même temps que l’oreille est le siège d’un léger suintement.

A l’examen, les téguments sont normaux. La pression en avant du tragus est très douloureuse, ainsi que la mobilisation du pavillon.

L'introduction du spéculum est également pénible. Les parois du conduit ne sont pas tuméfiées comme dans l’otite externe furonculeuse, mais on aperçoit à l’intérieur un suintement blanc avec une desquamation épidermique importante.

Pensant à une otite externe diffuse banale, nous promettons à notre malade la guérison en quelques jours avec des pansements quotidiens à l’oxycyanurede mercure.

Les jours suivants, nous constatons avec surprise qu'aucune amélioration n’est survenue : douleurs aussi fortes, conduit encombré de nouveau par un magma blanchâtre, dont le nettoyage, très pénible, ne pouvait se faire que par un lavage à l’eau tiède, ramenant une masse pseudo-membraneuse se dissociant facilement ; les douleurs, atroces, empêchaient tout contact de l’eau et à plus forte raison du porte-coton avec la région voisine du tympan qui restait à peu près impossible à nettoyer. Aux endroits où le dépôt avait été enlevé, les téguments étaient irri-

tés et excoriés.

Un examen PNEU nous Dont de. voir sur le ui Ù ‘#0 châtre quelques points noirs. A la loupe, nous constatämes que : ceux-ci présentaient l'aspect d’une moisissure. Nous fimes un ni frottis, dont l'examen microscopique nous révéla une otomycose FA as à aspergillus fumigatus. La guérison fut obtenue en RU Aa Ÿ grâce à des badigeonnages quotidiens de :

Tode métallique usa tee 000 GES lodure de potassium........... 0 gr. 30 < Laudanum de Sydenham....... 1gr.

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Conclusions.

La mycose du conduit auditif externe est une affection rare.

Elle a été rapportée au cours de ces dernières années par différents auteurs d’une manière croissante. On doit penser à son existence en face d’une atteinte rebelle de l'oreille externe.

Les parasites qui la produisent appartiennent à des ordres, des familles et des espèces très variables.

Le genre Aspergillus est de beaucoup le plus fréquent.

Les spores de ces champignons se rencontrent partout, sont douées d’une extraordinaire résistance et ont besoin, pour se développer, de conditions spéciales de terrain, de température, de chimisme.

Les corps gras, en particulier, favorisent leur évolution. D'où la nécessité d’une hygiène auriculaire rigoureuse et de la stérilisation de tous les appareils ou médicaments employés dans le traitement de l'affection ou celui d’autres maladies de

l’oreille.

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Le diagnostic de l’otomycose se fait sans difficulté si l'affection revêt sa forme normale, Souvent, au contraire, elle simule la présence d’un bouchon de cérumen ou de cholestéatome, ou l’eczéma du conduit, un écoulement otorrhéique, une otite externe pseudo-membraneuse (diphtérique) ou une inflammation diffuse.

Seuls, l'examen microscopique et la culture des masses mycéliennes prélevées permettront de rapporter ces différentes modalités à leur véritable cause.

Is doivent être systématiquement pratiqués, car ils ont en outré l’avantage de faire reconnaître la variété du champignon à détruire.

L'évolution de la maladie se caractérise par sa tendance aux rechutes et sa résistance au traitement.

Le pronostic en est cependant bon, car si la perforation secondaire de la membrane du tympan a pu se rencontrer, on n'a jamais donné la preuve formelle d’une otite moyenne parasitaire dont le champignon serait seul responsable.

L’affection guérit d'autre part sans séquelle.

Devant son incurabilité parfois désespérante, de nombreux traitements ont été proposés soit en insufflations, soiten badigeonnages, soit en instillations dans le conduit.

A l’heure actuelle, la plupart des auristes utilisent le nitrate d'alcool absolu ou salicylé, le per-

manganate de potassium, à des concentrations va-

Mar: en

riables. Il semble que les liquides employés agissent tous par action physico-chimique, mais on n’a pas trouvé jusqu'ici d’antiseptiques spécifiques envers chaque variété parasitaire.

Enfin l’otomycose, très rebelle, exige une thérapeutique active et prolongée.

Vu : le Président de l& thèse,

M. LEMAITRE, Vu : le Doyen de la Faculté,

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