INTRODUCTION
Évoquée en 1907 par Türx, l’agranulocytose ne devait entrer dans les cadres nosologiques que quinze ans plus tard, en 1922, à la suite du travail initial de Scaurrz. Celui-ci présenta une maladie bien définie, où l’agranulocytose est le fait fondamental et primordial, survenant inopinément, sans cause, où seul l’élément granuleux est atteint, mais atteint de façon massive, aussi bien qualitativement que quantitativement ; ce qui rend compte des phénomènes nécrotiques et septicémiques survenant en cours d’évolution et presque toujours responsables de la mort. Telle est la «Maladie de ScxuLrz ».
Une étude plus minutieuse de ces faits, dont l’élan fut donné en 1928 par le professeur AuBerTiIN et R. Lévy, a élargi le champ de cette maladie en accordant une place prépondérante aux « syndrômes agranulocytaires » qui se caractérisent par une étiologie précise, toxique ou beaucoup plus rarement infectieuse, et par un état aplasique de la moelle osseuse où la carence en granulocytes se combine en proportion variée avec l’anémie et la thrombopénie, réalisant les tableaux de l’aleucie hémorragique ou de la panmyélophtisie.
Parmi les étiologies les plus souvent rencontrées, citons, avant tout, les causes toxiques, vite accrues depuis l’avantdernière guerre par l'essor considérable de la chimiothérapie ; le pyramidon, l'or, le dinitrophénol, le bismuth, les sulfamides et quelques autres produits encore ont été diver-
EX
=— NC ——— sement incriminés. Du côté industriel, le benzol est tenu pour un des plus nocifs. Les rayons X et les émanations
radio-actives sont responsables d’un certain nombre de cas. Beaucoup plus rarement les infections.
Mais c’est surtout avec la médication arsenicale qu’apparurent les plus belles observations. Ce sont en effet les arsénobenzènes et leurs dérivés trivalents, introduits en thérapeutique par Exrzicx, qui donnèrent la plus riche moisson d'accidents agranulocytaires. La naissance du Stovarsol et des autres composés arsenicaux pentavalents fut plus tardive puisque c’est en 1922 que Fourneau et son école reprirent l’étude de ces dérivés de l’acide phénylarsinique volontairement négligés par Exrzrcx.
C’est donc comme contemporain de la maladie de ScauLrz qu'apparaît le Stovarsol, et, pourtant, il faut attendre 1927 pour que la leucopénie soit notée à côté de la fièvre et des exanthèmes au cours des traitements par le Spirocide, équivalent allemand du Stovarsol (Bender) ; et, c’est seulement en 1933 que sont publiées les premières observations d’agranulocytose post-stovarsolique par BENHA4mou en France, et HagEerrezD en Allemagne.
Par la suite, les observations publiées sont restées assez espacées pour que ces accidents puissent être considérés comme particulièrement rares, étant donnée la grande diffusion qu'a prise la médication par le Stovarsol. Au total, sur 15 cas cités dans la littérature, nous avons pu retrouver et dépouiller 13 observations : une a trait au Stovarsol sodique, 12 au Stovarsol par ingestion. Des deux observations qui ne figurent pas ici, l’une, la plus ancienne, est due à Diezo Pinrapo et citée par Carozr, l’autre, la plus récente, est de Ravaurr de Lyon (1946), mais non encore publiée. Toutes les autres se trouvent reproduites à la fin de notre thèse ; certaines, les plus intéressantes, dans leur intégralité,
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