Comme cela sera dit cî-dessous
2. Voir là-dessus Jeanne Croissant, Arisîole el les Mystères, p. 140 et suiv.; -dont on suit en pariâe la traduction.
(Synésius, Dion, 7, dans la Pair. gr. de Migne, t. 66, p. 1313 et
suiv.).
4. L'initiation à l'amour mystique ou à l'amour philosophique.
L'amour que portent les hommes de bien aux jeunes gens bons et beaux est loué chez Xénophon :
« Plein de confiance, ô Gritobule, essaie de devenir homme de bien, et, devenu tel, de poursuivre (ôyjpav) ceux qui sont beaux et bons. Et peut-être aurais-je le moyen de prendre part à cette poursuite des beaux et bons, étant amoureux (èpwTixô;). Car c'est d'une façon terrible, quand j 'ai le désir de certains hommes, que je me lance tout entier, afin que, les aimant, je sois en retour aimé par eux et afin que, les désirant, je sois désiré, et que, si je veux être avec eux, ils veuillent être avec moi » (Xénophon, Mémorables, II, 6, 28).
C'est cet amour qui est loué plusieurs fois chez Platon, Plutarque l'a loué lui aussi :
a Mais quand je considère Socrate, Platon, Xénophon, Eschine, Cébès, tout le chœur de ces hommes qui ont honoré les amours mâles et ont amené les jeunes gens à la science (iiaiSeia), à la conduite du peuple {^ri[L<x-^(jiY^<x) et à la vertu des mœurs, alors je change et j'incline vers l'imitation de ces hommes. Et Euripide témoigne en leur faveur quand il dit : Mais il est un autre Eros chez les mortels, Éros de l'âme juste et chaste et bonne » (Plutarque, Sur V éducation des enfants, 15).
Et les anciens Grecs ont bien distingué cet amour d'un amour vulgaire :
« Harpocration, arrivé en cet endroit, entre profondément dans le sens de Platon et prouve par des arguments irrésistibles que l'amour de Socrate pour Alcibiade est un amour sublime et non un amour vulgaire » (Olympiodore, Sur le Premier Alcibiade, T[t. 48 et 49, dans Victor Cousin, Fragments de philosophie ancienne, 4^ édii., p. 260).
a Socrate, qui a pour Phèdre un amour capable de faire remonter, et un amour capable de sauver... » (Hermias, Comm. sur le Phèdre, édit. Couvreur, p. 50, 8).
On attribue aux dieux mêmes cet amour de nature mystique :
« Ce n'est pas à cause de son corps, mais à cause de son âme
RITES DE l'initiation 301
que Ganymède a été emporté par Zeus dans F Olympe » (Xénophon, Banquet, VIII, 30).
« L'union physique n'existe pas pour Dieu. Voici le sens du mythe crétois : un certain Ganymède s'éleva tellement vers la divinité qu'on dit qu'il en devint le convive et l'échanson, c'està-dire qu'il affranchit son âme des obstacles de la matière et la gouverna avec une sagesse divine » (Olympiodore, Sur le Gorgias, dans Cousin, Fragments de philos, ancienne, 4® édition, p. 346).
On l'attribue à des héros : Héraclès enseigna à Hylas tout ce qui faisait sa propre gloire ^; Laïos apprit à Chrysippe l'art de conduire les chars 2; ce fut Thamyris qui indroduisit l'amour des enfants ^; ou bien, dit-on, Thamyris fut amant d'Hyménaios, fils de Calliope *.
On l'attribue à des philosophes : par exemple Zenon d'Élée est présenté comme disciple de Parménide et son aimé ^; Alexandre, le faux prophète de Lucien, comme aimé par un philosophe qui est lui-même disciple d'Apollonius de Tyane ^.
On peut dire que cet amour des enfants est permis aux philosophes seuls '.
Et c'est ce qu'a voulu exprimer Tertullien, avec toute son hostilité habituelle :
a Tous les philosophes qui réclament l'immortalité de l'âme, à leur façon, il est vrai, comme Pythagore, comme Empédocle, comme Platon, et ceux qui lui accordent quelque temps entre la mort et la conflagration de l'univers, comme les Stoïciens, placent leurs âmes seules, c'est-à-dire les âmes des sages dans les demeures d'en haut. Platon n'accorde pas cela au hasard aux âmes des philosophes, mais à ceux qui ont embelli la philosophie par l'amour des enfants. Ainsi, même chez les philosophes, l'impureté a un grand privilège » (Tertullien, De Vâme, LIV).
De même valeur mystique sont les amours attribués à Sappho K