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C'est l'accession à la royauté

7. Peut-être cet exil mystique est-il analogue au regifugium qu'a signalé Frazer dans son livre sur les origines magiques de la royauté.

8. Le mot rappelle celui qui a été employé par Théon de Smyrne pour désigner le dernier degré de l'initiation.

LES MYSTÈRES d'ÉLEXJSIS 23

initier aux initiations les plus parfaites des dieux qui sont en haut, et il contempla, et il appliqua son esprit à la Ihéoria, ayant retranché l'administration de l'Etat. Que soit rapporté aussi son Retour Sacré, et les peuples porteurs de couronnes qui, avec les dieux, le ramenèrent, descendant tout le continent pour l'accompagner, avant qu'il change, et les pannychides et les dadouquies et les distributions de récompenses et l'année éponyme, et le deuxième pardon du frère mal intentionné, pardon qu'il demanda au peuple transporté de colère : il demanda aux dieux de le sauver, faisant des choses plus conformes à la convenance qu'à la justice.

Que les choses d'Osiris soient osées jusqu'à ce point, Maiis, pour les choses qui viennent à la suite de cela, que cela soit tu,, dit quelqu'un, ayant touché avec précaution à la hiérologie... Les logoi béotiens déchirent en morceaux ceux qui sautent dans les orgies de Dionysos et les voient. L'inconnaissable (agnosia) est un caractère vénérable pour les télétés, et, pour ce motif, les Mystères sont confiés de nuit, et des cavernes inaccessibles sont construites pour cela, occasion et lieu sachant cacher la Divine et Indicible Action {Varrétourgia divine) » {De Providenlia, II, 4, dans la Pair. gr. de Migne, t. 66, p. 1272).

Quelles épreuves le roi a-t-il à subir?

Il renonce à tout spectacle, même celui du Beau. Il se débarrasse des derniers obstacles, des dernières entraves. ' Il dépasse les statues de l'Ame, du Nous (la Pensée). II se débarrasse de ses vêtements. Il reste seul.

Il avance en tournant autour d'un centre.

Il a les pieds dans l'eau, le reste du corps au-dessus de l'eau.

Il parvient dans le Sanctuaire. Là, grâce à un amour céleste, il devient Dieu.

Il sort du Sanctuaire. A la sortie, il voit les statues placées dans le temple, le Beau et le Bien.

Voici quelques textes concernant cette initiation suprême, tous empruntés à Plotin.

Il doit d'abord comprendre ce qui le sépare de la perfection absolue : il n'est qu'une image de cette perfection.

« La partie inférieure de l'Ame n'empêche pas tout le reste de demeurer dans la région supérieure. D'ailleurs cette partie infé-

rieure n'est que l'image même dé l'Ame; elle n'en est pas séparée, elle est comme l'image réfléchie par un miroir, image qui persiste tant que le modèle est placé devant le miroir... ' Le monde intelligible est composé de tous, les intelligibles, et tout parfait. Le monde sensible n'est que l'imitation de celui-là... Le monde sensible est un Être vivant qui est l'image de l'Être vivant parfait : il l'imite, comme le portrait obtenu par la peinture, ou réfléchi par la surface de l'eau, reproduit la personne placée au-dessus de l'eau ou devant le peintre... » [Ennéades, VI, 2,21).

(( Mais le portrait n'est le portrait que du corps, façonné par l'âme; le monde sensible est donc l'image, non du Dieu parfait, mais des essences qui sont.en lui... » [Ihid.].

Pour arriver à la perfection absolue, l'âme doit donc se dégager de toute forme.

« L'âme doit être dégagée de toute forme, si elle veut que rien en elle ne l'empêche d'être illuminée et remplie par la nature première. Ainsi, après s'être affranchie de toutes les choses extérieures, l'Ame se tournera entièrement vers ce qu'il y a de plus intime en elle; elle ne se laissera détourner par aucun des objets qui l'entourent » [Ennéades, VI, 9, 7).

« Si quelque Ame s'est connue dans un autre temps, elle sait que son mouvement naturel n'est pas en ligne droite, à moins d'avoir subi quelque déviation, mais qu'il se fait en cercle autour de quelque chose d'intérieur, autour d'un centre. Or le centre c'est ce dont procède le cercle : l'Ame se mouvra donc autour de son centre, c'est-à-dire autour du principe dont elle procède, et, se portant vers lui, elle s'attachera à lui comme devraient le faire toutes les âmes... » [Ennéades, VI, 9, 8).

(( Comme nous avons une partie de notre être enfermée dans le corps, nous ressemblons à un homme qui aurait les pieds plongés dans l'eau et le reste du corps placé au-dessus de l'eau : nous élevant au-dessus du corps par toute la partie qui n'est pas immergée, nous nous rattachons par le centre de nous-mêmes au centre commun de tous les êtres, de la même façon que nous faisons coïncider les centres des grands cercles avec celui de la sphère qui les entoure. Si les cercles de l'âme étaient corporels, il faudrait que le centre commun occupât un certain lieu pour qu'ils coïncidassent avec lui et qu'ils tournassent autour de lui. Mais puisque les âmes sont de l'essence- des intelligibles et que l'Un est encore au-dessus de l'Intelligence, il faut admettre que l'union (cuvaipin) de l'âme et de l'Un s'opère ici par d'autres moyens que ceux par lesquels l'Intelligence s'unit à l'intelligible. Cette union est en effet beaucoup plus étroite que celle qui est réalisée entre l'In-

telligence et l'intelligible par la ressemblance ou par l'identité; elle a lieu en vertu de l'intime parenté qui unit l'âme avec l'un, sans que rien les sépare » [Ennéades, VI, 9, 8).

Ainsi celui qui est intronisé accomplit un mouvement circulaire autour d'un centre, pour symboliser le mouvement des Ames parfaites avant qu'elles arrivent à s'identifier au monde intelligible.

Au principe la Pensée est issue de l'Intelligible. Puis elle est passée dans le monde sensible où elle a d'abord accompli un mouvement circulaire, ce qui, dans l'espace, est ce qui se rapproche le plus de l'intelligible. Ensuite elle a eu une chute.

Celui qui devient Dieu refait la même marche en sens inverse, jusqu'à ce qu'il arrive au repos.

Il arrive dans le Sanctuaire.

c Nous n'avons pas notre regard toujours fixé sur l'Un; mais, quand nous le contemplons, nous atteignons le but de nos vœux, et nous jouissons du repos; nous ne sommes plus en désaccord, et nous formons véritablement autour de lui un chœur divin » (Ennéades, VI, 9, 8).

« II n'était plus deux, mais celui qui avait vu était un avec ce qui était vu...

Comme ravi, dans l'enthousiasme, en toute tranquillité, dans la soHtude..., ne s'inclinant d'aucun côté, ne tournant pas même en lui-même, immobile et pour ainsi dire devenu l'immobilité même, n'étant plus des choses belles, mais ayant couru au-dessus des choses belles, ayant dépassé déjà même le chœur des vertus, comme celui qui a pénétré à l'intérieur du Sanctuaire, après avoir laissé derrière lui les statues qui sont dans le Naos, lesquelles, à sa sortie du Sanctuaire deviennent le premier spectacle après le spectacle de l'intérieur et après l'union qui s'est faite là, non avec une statue ni une image, mais avec l'Être même; choses qui deviennent les deuxièmes contemplations; et cela n'était peut-être pas contemplation, mais autre façon de voir, extase, simplification, offrande de soi-même, désir de l'Union, arrêt, pensée vers l'harmonie, si quelqu'un veut contempler ce qui est dans le sanctuaire » [Ennéades, VI, 9, 11).

Plotin a indiqué lui-même qu'il fait allusion à une cérémonie, la cérémonie par laquelle un hiérophante entre dans le Sanctuaire et s'unit avec le Dieu — en notant que tout hiérophante ne peut pas y arriver :

Le hiérophante, à la fin, court, dépasse les statues qui sont dans le naoSj entre dans le Sanctuaire, s'unit avec la Divinité, d'une union mystique.

Il y a de la difficulté à rester uni avec la Divinité.

Quelques-uns n'y parviennent pas, mais ils ont cependant une idée de la Divinité.

Ceux qui sont arrivés peuvent retomber, puis remonter.

« S'il regardait autrement, il n'y a plus rien. Ces choses donc sont des imitations et sont dites comme des énigmes par les sages entre les prophètes, afin que ce Dieu soit vu. Mais le prêtre sage, comprenant l'énigme, rendrait véritable la contemplation du sanctuaire, y étant parvenu; s'il n'y est pas parvenu, il pensera que le Sanctuaire est quelque chose d'invisible, une source, un principe, il le connaîtra comme principe, et il se réunit avec lui, semblable avec le semblable, n'ayant laissé aucune des choses divines que l'âme peut avoir...

Courant la course contraire, elle (l'Ame) ne viendra pas vers autre chose, mais vers elle-même...

S'il sort de lui-même pour s'unir à lui-même comme l'image se confondrait avec son modèle, il a la fin de son voyage. S'il tombe de sa contemplation, réunissant de nouveau sa vertu, et se voyant orné de. toute part, de nouveau, il s'allégera par sa vertu, allant vers la Pensée, et, par la sagesse, vers la Divinité. Telle est la vie des Dieux et des hommes divins et bienheureux, bien loin des hommes qui restent ici-bas, bien au-dessus des plaisirs d'ici-bas, fuite d'un seul vers un seul. »

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