‹ Les mystères d'Éleusis [microform]Chapitre 30 sur 290 · VII, 4 et suiv · texte numérisé non relu

VII, 4 et suiv

36 MYSTÈRES d'Eleusis

chez un auteur écrivant en grec, la même opinion, si atténuée qu'elle soit. Les auteurs grecs exaltent les Mystères institués en Grèce.

Pausanias a cette affirmation : « Autant les dieux l'emportent sur les héros, autant les Éleusinies l'emportent sur les autres institutions qui se rapportent à la vénération des divinités ^. »

Galien atteste la supériorité sur tous les autres Mystères des Mystères d'Eleusis ou de Samothrace*^.

Et Origène a voulu marquer que les Hellènes n'ont jamais préféré les Mystères étrangers :

« Chez les Hellènes, les Mystères de Mithra ne paraissent pas éminents en comparaison des Mystères éleusiniens ou de ceux qu'on transmet à ceux qui se font initier à Égine 3. »

§ V. — Origines des Mystères.

La tradition grecque relative à l'origine des Mystères ne manque pas de clarté; et si l'on veut bien considérer que les documents peuvent traiter d'époques fort diverses, on s'aperçoit que, le plus souvent, ces documents se complètent sans se contredire.

Quand il s'agit des Mystères d'Eleusis, établis chez les Grecs et employant la langue grecque, les auteurs disent qu'ils ont été institués par Orphée ou les Orphiques — lesquels en instituèrent d'autres chez les Grecs — , et que cet homme ou ces hommes composèrent les poèmes destinés à accompagner les cérémonies; ils précisent qu'Orphée, instruit en Thrace ou à Samothrace, s'en alla, avant d'instituer les Mystères grecs, étudier les Mystères égyptiens considérés comme leur source première.

Mais, antérieurement aux Mystères grecs ou attiques, et avant l'arrivée en Grèce des peuples indo-européens qui devaient constituer les Hellènes ou Grecs, il y avait déjà des Mystères. Sur ces Mystères préhelléniques, connus maintenant par l'archéologie, les auteurs grecs ont conservé quelques traditions : il est question de Pélasges et aussi d'autres

2. De usu partium, VII, chap. 14, t. V, p. 469, édition Kûhn; voir encore, dans la même édition, t. XVII, 1, p. 702.

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