Comment Vâme remonte
La marche inverse que doit suivre l'Ame après la mort, quittant le corps, remontant vers la lune, traversant les cercles des astres..., nous apparaît bien dans un texte de Plutarque, très probant malgré des obscurités sans doute voulues, et des lacunes ^, qui sera cité plus loin.
Plutarque y explique qu'il y a deux morts, l'une par laquelle l'âme se sépare du corps, l'autre par laquelle le Nous se sépare de l'âme, la première accomplie en peu de temps, la seconde durant longtemps.
Le même Plutarque exprime ailleurs la même théorie sous une forme très générale :
«La naissance est une descente; la mort une réascension'» (De Vâme, VI, 2).
Proclus dépeint la descente et la réascension; l'âme, en descendant, prend des enveloppes de plus en plus matérielles, elle les quitte en remontant :
« Toute âme particulière a un véhicule immatériel, indivisible, et impassible par son essence... Le véhicule de toute âme descend par l'addition d'enveloppes de plus en plus matérielles; il remonte avec l'âme, quand il est purifié de la matière, et qu'il revient à sa forme propre, dans la même proportion que l'âme qui se sert de lui. L'âme descend en effet d'une manière irrationnelle, en prenant des puissances irrationnelles, et elle remonte en se dépouillant de toutes les facultés propres à la génération, dont elle s'était revêtue en descendant. » (Proclus, Institutions théologiques, 208, traduit par Bouillet, Plotin, II, p. 656).
C'est la théorie de Gelse :
« Et Celse dit, d'après Platon, que les âmes font route vers la terre, puis de la terre à travers les planètes » (Origène, Contre Celse, VI, 21, p. 335).