Olympiodore, Sur le Phédon, p. 120, édit. Norvin
240 INITIATION HOLOCLÈRE
Plotin dit comment l'âme, d'une qu'elle était, est devenue multiple :
« Ayant commencé comme un, elle (l'âme) ne reste pas telle qu'elle a commencé, mais elle devient multiple sans s'en apercevoir, pour ainsi dire alourdie, et elle s'est déroulée elle-même, voulant tout avoir — même s'il était meilleur pour elle de ne pas vouloir cela, car elle est devenue seconde — comme un cercle qui, en se déployant, est devenu une figure et une surface et une périphérie, et un centre, et des rayons, le haut et le bas, les choses étant meilleures à l'endroit d'où elles partent, pires à l'endroit où elles viennent » (Plotin, III, 8, 8).
Et c'est la théorie exposée par Aristide Quintilien dans le texte du De Musica cité plus haut (p. 99).
Plotin note aussi la réascension par laquelle l'âme revient vers elle-même :
« ... La contemplation remonte de la nature à l'âme et de l'âme au Nous; et les contemplations deviennent sans cesse plus adaptées et plus unies aux êtres contemplés » (Plotin, III, 8, 8).
Enfermées dans le monde de la génération, dit encore Plotin, les âmes passent d'un corps à l'autre, mais celles qui peuvent s'évader du monde de la genèse communiquent avec l'âme universelle :
« Les âmes qui changent de corps paraissent tantôt sous une forme, tantôt sous une autre; et, quand elle le peut, l'âme se tenant hors de la genèse, est avec l'âme universelle » (Plotin, III, 2, 4).
Mais la même théorie apparaît chez Platon, sous une autre forme. Quand Platon raconte que les âmes, avant d'être attachées au corps, accompagnaient le dieu et vivaient de la vie conférée par l'initiation holoclère *, il assimile l'état procuré par l'initiation holoclère à la vie céleste antérieure à la vie qui s'écoule dans le monde de la genèse.
La même théorie est chez Heraclite qui distingue l'âme sèche de l'âme humide 2.
Et ainsi de suite.