Jamblique, des Mystères, III
2. Il s'agit des familles dans lesquelles sont recrutés les mystagogues.
3. Ce sont les ressentiments causés par la mort de Dionysos : parce que le Nous, avec l'Ame, est partagé dans la matière, l'homme est infortuné.
260 INITIATION HOLOCLÈRE
« Il devient possédé d'un dieu et hors de ses sens — Éxçpwv — et son Nous (sa pensée) n'est plus en lui » (Platon, Ion, 534 b).
Dans la divination, l'âme « se recueille en elle-même, » dit Aristote \ elle « se dégage et devient libre de façon à n'avoir plus rien de commun avec le corps » dit Cicéron a.
Aristote enseigne encore :
« Beaucoup, parce que cette chaleur est proche du lieu de la pensée, sont pris par des maladies délirantes, ou enthousi astiques, d'où arrivent les Sibylles et les Bacides, et tous ceux qui sont possédés de la divinité (svôeot), lorsqu'ils ne le deviennent pas par une maladie, mais par un mélange naturel. Et Maracos le Syracusain était poète meilleur lorsqu'il était sorti hors de ses sens » (Aristote, Problèmes, 30, 1, p. 954, édit. Didot, t. IV, p. 267).
C'est donc en état de délire que le poète, le devin, le mystagogue... doivent recevoir l'initiation à leur fonction. En tout cas, cela est dit pour le poète :
« La troisième possession ou fureur, celle des Muses, saisissant l'âme tendre et inviolée, l'éveillant et lui donnant les mouvements bachiques (èxôax^eûouaa) suivant les odes et tout autre genre de poésie, magnifiant d'innombrables actions des anciens, est celle qui doit instruire la postérité. Celui qui, sans le délire des Muses, arrive aux portes poétiques, persuadé que par l'art il sera un poète suffisant, celui-là est trop niais et la poésie de l'homme qui garde ses phrènes intactes (aw^pwv) disparaît devant celle de l'homme en délire » (Platon, Phèdre, 245 a).
Plusieurs divinités contribuent à donner le délire :
« Nous avons rapporté le délire prophétique à Apollon; celui des initiés, à Dionysos; celui des poètes aux Muses, et le quatrième enfin, qui est celui des amants, à Aphrodite et à Éros » (Platon, Phèdre, 265 b, trad. Mario Meunier, p. 165).
Dionysos est donné comme l'inspirateur des poètes par Eschyle (fragm. 67 édit. Wecklein) et par Callimaque (Épigr. VII et VIII, édit. Cahen).
1. xa6* éauTriv yiyvt-za.1 tj <J/uxtj (Aristote, cité par Sextus E mpiricus, Contre tes Math., 9, 20, 21).