‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 212 sur 300 · Euripide, fragment · texte numérisé non relu

Euripide, fragment

262 INITIATION HOLOCLÈRE

données par Apollon, nées dans les jardins de Mémoire, arrosées par les sources de vérité; ils ont un amant qui les aide à monter vers l'éther :

« Allons! Recevez des ailes (<juT£pou<j8e) désormais, ô mes paroles, et, laissant ce qui est en bas, emportez-vous maintenant vers l'éther! Le Musagète 1 vous donne des ailes et vous montre à ceux qui sont sous le soleil, ne vous ajoutant pas des ailes comme à Icare... Vos ailes, ce sont les Muses qui les ont fait naître dans les jardins (x^ttoi) de Mnémosyne; les Heures et les Charités les ont fait croître, les arrosant des sources de la vérité. Voilà pourquoi vous vous enlevez au-dessus de la multitude, dans votre légèreté, et vous êtes invisibles aux âmes profanes et sans ailes, non moins que, dit-on, le soleil aux Cimmériens. Aussi, selon votre nature, adressez-vous à votre amant : Tu es venu, ô lumière douce et agréable pour moi, comme vient pour les hommes Lucifer, messager du jour prinlanier; etnle soleil, au milieu du jour, Va fait descendre pour ceux qui sont fatigués de V hiver... » (Himérius, Discours, XIV, 35-36, à Hermogène, proconsul).

De même encore devons-nous voir des allusions à l'initiation supérieure qui permet de devenir poète dans des passages comme les suivants :

« Puisse-t-il, soulevé par les ailes magnifiques des Piérides mélodieuses... » (Pindare, Islhmiques, I, 64 et suiv.).

« Je m'envole vers l'Olympe, avec des ailes légères, grâce à l'Amour » (Anacréon, dans YAnlhol. de Hiller-Crusius, 22).

Et encore au rite qui entraîne l'Amoureux vers le haut •

« (Le véritable amoureux) a des ailes : sans cesse, autour de son dieu (Éros) il danse en haut et tourne jusqu'à ce qu'il revienne dans les prairies de la Lune et d'Aphrodite » (Plutarque, Amoureux, XX, 99).

Car l'Amour est ailé (par ex. Platon, Phèdre, 252 a).

Les ailes sont données par Apollon, par Éros, peut-être aussi par Dionysos, suivant les formules mythiques.

Cela ressort des textes précédents pour Apollon et Éros.

Pour Dionysos, Pausanias a noté que les Lacédémoniens honorent un Dionysos psilax c'est-à-dire un Dionysos ailé, et explique ainsi le mythe : « le vin soulève les hommes et allège leur gnome (la puissance de décision), produisant le même effet que les ailes sur les oiseaux » (Paus., III, 19, 6). Mais Euripide appelle Dionysos eurat^ç (CycL, 526) c'est-à-dire sans doute « celui qui vole

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