L'arrivée vers le haut
L'initié doit remonter dans sa véritable patrie qui est le monde intelligible :
« La véritable patrie des âmes c'est le monde intelligible » dit Hetmias (Comrn. sur le Phèdre, édit. Couvreur, 230 B).
« Par l'expression qui ne donne aucune crainle il montre la fixité et la stabilité des intelligibles » (id., ibid., 250 C).
Autrement dit, l'âme remonte dans l'éther : cela nous est indiqué par le texte de Plutarque, cité plus haut, par les textes d'Heraclite et d'Aristide Quintilien, qui seront cités plus loin; et aussi par un texte d'Euripide que voici :
Ce chœur loue « les Érechtéïdes, qui sont établis dans l'éther le plus brillant » (Euripide, Médée, 829-830), c'est-à-dire loue les Athéniens — qui sont des mystagogues — parce qu'ils sont audessus du monde de la genèse.
Heraclite, au lieu de louer l'âme qui est parvenue dans l'éther, loue « l'âme sèche » supérieure à l'âme humide, c'est-à-dire à l'âme enfoncée dans la terre et dans l'air humide qui entoure la terre :
« Grâce à des attractions naturelles, l'âme s'élève à cause de la chaleur et du sec; et c'est la ptérosis 1 de l'âme; et nous estimons que la parole d'Heraclite tend au même sens : âme sèche, âme sage. Ou bien, au contraire, devenue tout-à-fait humide, elle s'enfonce dans les cavités de la terre » (Synésius, des Songes, dans la Pair, gr., t. 66, p. 1.293). Cf. Heraclite, cité par Aristide Quintilien, De la Musique, II, 106.
L'initié doit redevenir un, de multiple qu'il était :