‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 237 sur 300 · Lucien, Amours, 30 et suiv · texte numérisé non relu

Lucien, Amours, 30 et suiv

8. Voir là-dessus le vieux livre de F. G. Welcker, Sappho von einem herrschenden Vorurlheil befreit.

Les chrétiens seuls lui reprochent d'avoir été une femme impudique, ou une femme publique, et d'avoir chanté sa propre abjection :

« Sapho, dit Tatien, chante une femme impudique et folle d'amour, et elle chante son propre déshonneur » (Tatien, contre les Grecs, 53).

« Sapho, rapporte Suidas... eut trois compagnes ou amies, Athis, Télésippa, Mégara, à l'égard desquelles elle subit l'accusation d'une amitié honteuse » (Suidas, au mot Sapho).

Si, au témoignage de Sénèque x, Didyme le grammairien avait posé, entre diverses questions oiseuses, la question suivante: an Sappho publica fuéril? Nous pouvons penser qu'il répondait par la négative. *

Plutarque estime que Sapho guérit de l'amour par sa poésie :

« Elle mérite d'être commémorée parmi les Muses, dit-il... Avec ses mélodies, elle fait monter de son cœur la chaleur qui guérit V amour par les Muses aux chants suaves, suivant l'expression de Philoxène » (Plutarque, Erolicos, 18, p. 763 a).

Platon range Sappho « la belle » et Anacréon « le sage » parmi les personnages antiques dont les paroles peuvent convaincre quelqu'un de fausseté 2.

Par conséquent, dire que Sappho a aimé des femmes comme Érinna, Baucis, Anagora, Gongyla, Euneika s, ou des hommes comme Anacréon, Archiloque, Hipponax 4. c'est énumérer ses disciples.

Que cette union mystique soit représentée dans les Mystères, le chrétien saint Cyrille nous en est garant; l'auteur chrétien évite seulement de rappeler que les amours contre nature sont, dans la réalité, condamnés par les lois des Grecs 5 :

1. Quatuor milia librorum Didymus grammalicus scripsit... In his libris de patria Homeri quaeritur, in his de Aeneae maire vera; in his, lihidinosior Anacréon, an ebriosior vixerit? in his an Sapho publica fuerit? (Sénèque, Lettre 88, Argentorati, 1809, t. III, p. 362).

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