‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 66 sur 300 · Œuvre de Perséphone · texte numérisé non relu

Œuvre de Perséphone

Mais la puissance de Perséphone coopère avec celle de Déméter.

Par les Mystères l'homme reçoit une nouvelle vie et une nouvelle âme. Or la puissance qui donne la nouvelle vie de l'initiation est la même puissance — Perséphone — qui, de la graine semée en terre, fait naître une plante nouvelle, qui fait descendre sur terre une âme destinée à former et animer un corps humain, qui fait mourir les hommes et règne sur les morts, qui ramène les âmes en haut pour leur donner une vie nouvelle.

Perséphone est la puissance par laquelle la graine meurt puis donne naissance à une plante nouvelle :

« Proserpine est identique à la fécondité des grains » (Varron dans saint Augustin, Cité de Dieu, 7, 20).

« Proserpine entraînée par Hadès, c'est la puissance de germination emportée quand le soleil va vers Téquinoxe d'hiver » (Lydus, des Mois, IV, 137).

Cf. encore Plutarque, Sur Isis et Osiris, 66; Arnobe, Contre les Nations, III, 33; Porphyre, dans Eusèbe, Prép. évang., III, 11, 17, etc.

Perséphone est aussi la puissance qui fait descendre les âmes dans la genèse où elles président à la fabrication des corps :

« Le corps est une tunique pour l'âme, tunique qui la revêt, merveilleuse à contempler soit dans son assemblage, soit dans sa liaison avec l'âme. Voilà pourquoi, chez Orphée, Goré, qui est la surveillante de tout ce qui se sème, est représentée comme tissant, les anciens ayant dit que le ciel aussi est un peplos et qu'il est le manteau des dieux ouraniens » (Porphyre, Sur V antre des Nymphes, 14).

Et Perséphone apparaît déjà chez Homère (Iliade, IX, 456- 457) comme la déesse qui donne la vie.

1. Voir ci-dessous, même chapitre. Tertullien, Contre les Valentiniens, p. 189 : « Eleusinia Valerùini lenocinia fecere, les Valentiniens ont transformé les Mystères d'Eleusis en officine de pourvoyeurs », fait connaître implicitement que l'initiation d'Eleusis comporte un mariage mystique.

2. Plutarque, Préceptes conjugaux, 42; Artémidore, des Songes, ï, 21, etc.

Perséphone est la puissance qui fait mourir et qui règne sur les morts :

Les textes sont nombreux sur ce point, depuis Homère (Iliade, IX, 569), Euripide (Ion, 1048-1053), Platon (Craiyle, 404 c) jusqu'à YElymologicum Gudianum.

Perséphone est la puissance qui renvoie vers le haut les

âmes des morts :

Des témoignages anciens se rencontrent dans YOdyssée, XI, 226, chez Euripide, Rhésus, 962-966. Et le mythe d'après lequel Perséphone est enlevée par Hadès, puis renvoyée près de sa mère, signifie non seulement que le grain tombé en terre et mort forme une nouvelle plante, mais que l'âme, après la mort, reprend une vie nouvelle.

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