Sur la face qui parait dans la lune, 28 et suiv
l'ame humaine 109
Suidas rappelle la théorie d'après laquelle un véhicule survit à la mort — évidemment à la première mort si l'on veut mettre cette théorie en concordance avec celle de Plutarque — et que ce « corps » qui participe à la nature de l'air et de l'éther (un corps subtil par conséquent) peut désirer et souffrir. Gomme chrétien, le lexicographe rejette naturellement la théorie : •
« Pneumalicon sôma (corps de souffle, ou corps pneumatique). On dit qu'une fois l'âme sortie du corps, un corps léger lui reste attaché, participant à la nature de l'air et de l'éther lumineux, qui aura pleinement Je sentiment de la souffrance. Tel est le bavardage des Hellènes. De ce corps ne peuvent se séparer, disentils, le thumos et Y épilhumia. »
Il avait cité ailleurs la théorie de Damascius sur le véhicule lumineux (augoeidès) :
« Isidore disait avoir entendu exposer par cet homme-là (Damascius) que l'âme a une sorte de véhicule appelé véhicule lumineux, qui a la nature des astres, est éternel, et est cependant enfermé dans le corps » (Suidas, Lexique, sous l'expression Pneumalicon sôma).
Proclus fait remarquer que, suivant Platon, le véhicule survit :
« Même dans l'Hadès, il représente les âmes se servant de leurs véhicules ; car, étant montées, dit-il, sur leurs véhicules, elles traversaient le fleuve, comme dit Socrate dans le Phédon » [Commentaire sur le Timée, 311 c).
De même qu'Aristide Quintilien nous expose comment, à la descente, les âmes perdent leur forme sphérique primitive et prennent une forme analogue à celle du corps humain, de même le commentateur d'Homère, Eustathe 1, nous fait connaître que « après la mort, les âmes deviennent sphériques ».
Pour Platon, suivant Olympiodore 2, la sphère, c'est ame.
Et Sénèque suit les Grecs dans leurs idées sur l'ascension de l'âme 3 :