‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 122 sur 168 · GUIZOT · texte numérisé non relu

GUIZOT

Ligne ondulatoire à grands mouvements.

DE L’ÉCRITURE

Écriture ferme, grande intelligence, liaison d’idées.

On peut faire sur cette écriture une remarque singulière, c’est qu’elle se compose de mots dont les deux ou trois premières lettres ont peu de hauteur et dont les deux ou trois dernières en ont davantage.

La grande obstination, reprochée à M. Guizot et qui lui a fait perdre la dynastie des d’Orléans, est caractérisée par les barres rudes des t minuscules.

La majuscule L a une grosse liaison inharmonique.

Je soupçonne cette écriture d’être un peu appliquée.

SIXIÈME SPÉCIMEN

LA GUÉIIONNIÈRE.

Un des serviteurs les plus heureux et les plus habiles du second Empire.

Cet homme si fin, aux allures si souples, à l’épine dorsale si flexible, à l’écriture si serpentine, était né diplomate.

Il a des mots aigus comme des bouts d’épée. C’est l’excessive finesse. Les mots gladiolés se retrouvent partout.

Né sensible, il cherche peu, dans son écriture, à déguiser cette sensibilité. Il faut longtemps, à un homme de cette trempe, pour arriver. Le cœur croit toujours; et l’on souffre pour lui imposer silence.

Mais ici nous avons une volonté d’une force terrible, d’une obstination incroyable. Voyez les barres des t minuscules qui vont du haut en bas avec une extrême vivacité ( autre , par exemple). Et souvent ses barres se terminent par une espèce de croc, indice de ténacité et de cupidité des honneurs.

Imagination, liaison d’idées, activité, mouvement : c’est l’écriture de ceux qui arrivent.

Les sinuosités capricieuses des lignes sont des plus molles. On n’arrive que mieux à ses fins.

Elle est pure de parafe. Le gentilhomme se montre.

SEPTIÈME SPÉCIMEN

Pour rendre plus saillante la forme serpentine des écritures diplomatiques, produisons un spécimen de l’écriture .d’un homme allant droit à son but sans aucun moyen détourné.

Ce type d’absence de toute diplomatie est frappant. Ne dirait-on pas la barre d’acier?

Toutefois cet homme, en raison de son écriture anguleuse et fine, ne manquait pas d’habileté. Mais il avait trop d’obstination dans ses idées pour être diplomate.

On a donc maintenant une notion très-simple et très-exacte du mouvement

DE L’ÉCRITURE

Page 1