‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 111 sur 198 · Héropore · texte numérisé non relu

Héropore

La vierge portant sept parures précieuses comme la déesse elle-même, à chaque porte les prêtres en enlevaient une : à la première la tiare royale, à la seconde les boucles d'oreilles, à la troisième le collier, à la quatrième l’éphod des seins, à la cinquième les anneaux des pieds, à la sixième la ceinture et enfin, à la septième, le « voile de la pudeur » qui couvrait le sexe. Et la vierge entrail toute nue dans le sanctuaire".

Des foules innombrables sur les toits plats de la grande ville la regardaient monter comme une divinité, dans le nuage des aromates, dans la rumeur des prières, aux sons des harpes et des psaltérions.

Au-dessus des degrés gigantesques de la tour, dans le ciel sans nuage de Sennaar, brillent l'étoile du soir et le mince croissant de la lune. Lorsqu’avant d’entrer dans le sanctuaire tombe le dernier voile qui protège les flancs immaculés, tout le corps nu bleuit et blanchit, lunaire, astral, marqué du sombre triangle de la pudeur, et les multitudes humaines tombent face contre terre frappées d’une terreur sacrée.

Au sommet de la tour, les dentelures en faïence bleuciel du sanctuaire se confondent si bien avec l’azur assombri qu'on ne peut plus les distinguer; il semble que le sommet de l'édifice touche au ciel mème et que c’est dans le ciel qu'entre l’Immaculée.

1, Bénose : Fragments.

BABYLONEÉ

Qu'est donc qui l'attend dans le sanctuaire ? Silence, silence. Soudain, dans l’ouverture Derrière la fenêtre, une blancheur à passé... Mon cœur tressaille,

Mon cœur virginal et timide...

Mais il entra et je n'ai pas cu peur,

Je n’ai pas eu peur du Rayonnant.

Il m'est comme un frère... Je l’adorerai, Mon frère, messager du Très-Haut..…..

Il m'a donné une fleur blanche !.

Ce qu'Hérodote raconte de la femme ou de la vierge qui attend le dieu sur la tour est confirmé par les sceaux et les cylindres gravés de Babylone? : au sommet d’une tour à degrés le dieu est assis sur une couche nuptiale ;

une vieille femme lui amène une jeune vierge et le dieu lui tend une fleur.

Il m'a donné une fleur blanche, Un lis blanc : Réjouis-loi, Pleine de Grâce.

Voilà donc ce que vinrent adorer les Mages d'Orient : tout le chemin de Babylone mène vers l'Enfant et la Mère. « Alors Hérode, ayant appelé en secret les mages,

apprit d’eux le temps où l'étoile était apparue. Et les

1. Z. Mirmus, 2, Levonmanr : La mayie chez les Chaldéens, 182.

L'ADORATLION DES MAGES 245

Wivoyant à Bethléem, il leur dit : Allez et informez-vous \OXictement de cet Enfant, et quand vous l’aurez trouvé [ites-le-moi savoir afin que j'y aille aussi et que je l’adore. Hux donc, ayant entendu le roi, s’en allèrent... Et ayant Ué avertis par un songe divin de ne pas relourner vers Mérode, ils se retirèrent en leur pays par un autre Æhemin'. »

& Un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit: Lève-toi, prends l'Enfant et sa Mère et l’enfuis ün Égypte... car Hérode cherche l'Enfant pour le faire Inourir”. »

Hérodote, en parlant des deux femmes qui attendent Dieu sur les tours de Babylone et de Thèbes, ne soup- Gonne pas à quel mystère il touche en unissant dans celte fente Babylone et l'Égypte. Entre l’adoration des Mages bla fuite en Égypte, entre l'étoile se levant sur Babylone ble soleil se levant sur l'Égypte, il y a l'Enfant Jésus. On dirait que Babylone et l'Égypte ont formé un complot pour le cacher et le sauver.

Joutes deux vont vers Lui et viennent peut-être de Lui. Il cst-leur fin et peut-être leur commencement.

L'âme de l'Égypte est Osiris, âme de Babylone, c’est 'ammouz — le mème Dieu mort et ressuscité.

Pammouz et Osiris sont deux ombres du même corps, ou une seule âme en deux corps.

D. Marx, LI, 7-12.

a. Id., ibid., 19,

La tour babylonienne, le ziqqurat, et la. pyramide égyptienne ont la même signification : à Babylone rikis Saamé u irsili, © lunion de la terre et du ciel », et en Égypte : « le ciel s’unit à la terre ». « La pyramide est l'escalier d’Osiris montant au ciel. » Et dans la vision de Jacob : « une échelle était appuyée sur la terre et son sommet Louchait au ciel. Et les anges de Dieu monlaient et descendaient le long de cette échelle'. »

Ainsi Babylone et l'Égypte s'unissent non seulement dans l'esprit — la religion, mais aussi dans la chair

l'histoire.

D'où sont venus en Égypteses habitants les plus anciens, les « Compagnons de Horus », nous ne le savons pas; mais à en juger par les racines prolosémitiques de la langue, c'est des-plaines de Sennaar, la future Babylonie, qu'ils descendirent dans la vallée du Nil. Et les stèles les plus anciennes, celles des pharaons Djeser et Snefrou, dans la péninsule du Sinaï, attestent le même chemin?.

D’après la Genèse, Mizraïm, l'Egypte, est fils de Cham. Les Egypüens eux-mèmes appellent leur pays « terre de Cham », Quamel. Sem et Cham sont fils de Noé. Du premier vint Babylone, de l’autre l'Égy pte; Babylone et l'Égypte sont donc sœurs.

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