‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 185 sur 198 · Macroze : Saturn., IL · texte numérisé non relu

Macroze : Saturn., IL

Se ne

Ainsi, de l'Égypte à la Grèce, de Babylone à Rome, sur tous les chemins futurs du christianisme, les siècles etles peuples aboutissent au même théorème de géométrie où de métagéométrie sexuelle — à Ja bisexualité divine,

[ci nous ne CoMprenons plus rien, et d’ailleurs comment Pourrions-nous comprendre? Il ne s’agit plus de Marx ni d’Einstein, il s’agit d’une chose d’une simplicité enfantine, mais parfaitement inutile pour nous et par cela même absolument incompréhensible.

Nous ne connaissons la bisexualité que d’après Krafft- Ebing : l’hermaphrodite est un monstre à deux sexes. Comment les G recs, ces hommes d’un goût parfait, ontils pu adorer une telle monstruosité? Comment les Romains, ces hommes d’une raison parfaite, ont-ils pu adorer une telle absurdité? Il nous semble que tous les

siècles et tous les peuples ont perdu la raison — tous, sauf nous.

Cest une loi biologique qu'il n'y a pas d’être unisexué : tous sont intermédiaires, Tout individu d’un certain sexe recèle en lui l'embryon du sexe Opposé — embryon féminin chez le mâle, masculin chez la femelle. I] y a dans chaque individu quelque chose qui, rapprochant les bords de la fissure sexuelle, enferme l'être dans son intégrité parfaite — Ja Personnalité future. L'extrème biologique de lunisexualité, c’est l’impersonnalité absolue,

L'être uniquement mâle ou femelle est aussi irréalisable que la bisexualité absolue, la personnalité parfaite.

Ou, pour parler plus simplement, tout homme est quelque peu femme ; toute femme, quelque peu homme, el c’est bien pour cela qu'ils ne sont point un mâle ou une femelle, comme les bêtes, mais des êtres humains.

Cet équilibre instable du masculin ou du féminin dans l'individu biologique est précisément le chemin qui mène à la personnalité humaine. « La personnalité esl l’équinoxe des sexes". » Le personnel, le spirituel est

bisexuel.

Dans notre foncière incapacité religieuse, dans notre impersonnalité, notre unisexualité, nous ne le comprendrons jamais. Nous ne comprendrons pas pourquoi dans les visages humains les plus géniaux, les plus spirituels, les plus personnels — ceux d'Alexandre le Grand, de Napoléon, de Léonard de Vinci, de Gæthe jeune, de Byron — nous voyons sous le masculin transparaître quelque chose de féminin et même de virginal. C’est là leur plus grand charme, car il n’en est pas sur terre de plus grand. Non point pour nous cependant : nous sommes insensibles même au charme surnaturel de Celui qui a dit : « Lorsque deux seront un, que le masculin sera féminin et qu'il ny aura plus ni féminin ni masculin, viendra le Règne de Dieu. »

y. Rozasov,

£ té

EEE

L'EUPERE, LE DINLSLMENT VL'AR AMRIRIEMONE

Deux anges assyro-babyloniens, debout, face à face, de chaque côté de l’Arbre de Vie, le touchent avec un cône écailleux, semblable à une pomme de cèdre. Cette image sacrée se répète, innombrable, sur les bas-reliefs, les pierres sculptées, les prismes d’argile, les cylindres, les briques vernissées, les broderies des tissus. Quel en est le sens?

Le dattier, l’arbre nourricier de Sennaar, possède deux sexes, mais pour des centaines de palmiers femelles il n°y a qu'un palmier mâle. La fécondation naturelle par le pollen que distribuent le vent et les insectes est rare et insuffisante. Pour obtenir un fruit mangeable, les hommes fécondent l'arbre artificiellement : grimpant jusqu’au sommet ils répandent sur la fleur femelle le pollen de la fleur mâle. Cette coutume était déjà connue d’Hérodote", de Théophraste? et de Pline le Naturaliste*. De nos jours on peut encore voir en Mésopotamie les hommes se livrer à ce travail à l’époque où fleurissent les dattiers.

C’est à cette même occupation que se livrent, sur les images sacrées assyro-babyloniennes, les Anges du Seigneur. Le cône avec lequel ils touchent l’Arbre de Vie est la fleur mâle du palmier. Ce qui est pour les Égyptiens la croix ansée, ankh. pour les chrétiens la croix à quatre branches, est pour les Babyÿloniens ce cône fécondant, le phallus. Et là encore, planant parmi le disque

Page 1