Gen., XI
XX VII
Comme Gilgamès, Israël chercha Arbre de Vie, le trouva et le perdit. Il attendit le Messie; le Messie vint, et Israël ne le reconnut pas. Voilà le mystère d'Israël — mystère de Dieu.
Dieu, sur le Sinaï, dit à Moïse: «Tu ne peux voir ma face, parce que l’homme ne peut la voir et rester vivant... Je te couvrirai de ma main, jusqu’à ce que je passe. Et lorsque j’enlèverai ma main tu me verras par derrière, mais ma face ne sera pas visible pour toi. »
Jusqu'aujourd’hui Israël est couvert par la main de Dieu. Il ne voit pas la Face de Dieu — le Fils.
XXVIIT
« Tu ne peux voir ma Face », dit le Père. « Celui qui me voit voit mon Père », dit le Fils. Le Fils ne parle pas comme le Père, à moins que ce ne soit qu’apparence ? Mais le monde tout entier n’est que le monde des apparences.
Le Père et le Fils sont Un en Dieu, mais deux dans le monde. Les deux Testaments, celui du Père et celui du Fils, se contredisent et se combattent. C’est dans ce nœud de contradictions que les destins d’Israël s’enchevètrent avec ceux du christianisme et de toute l’humanité. Ce nœud n’a pas été fait par les hommes, et ce n’est point eux qui le dénoueront.
' 1. Ex., XXXIIL, 26-22.
Israël n’a pas vu le Fils, tandis que nous « l'avons vu
et l’avons haï ». Israël n’a pas accepté le Fils, et nous,
l'ayant accepté, nous l'avons renié. Israël a crucifié le Fils une fois, et nous Le crucifions toujours.
« Voici, votre maison vous sera laissée vide » : c
ela est dit non seulement à Israël,
mais aussi à nous tous.
Les deux Testaments, en se combattant, se détruisent, et à leur place c'est le vide, « l’abomination sur le lieu saint », le règne de l’Antéchrist.
« Le Juif vient, l'Antéchrist vient », prédit Dostoïevsky ; « l’Antéchrist vient, le Mufle vient », pourrait-on lui répondre.
Si le Juif est l’abomination sur le lieu saint d'Israël, cette même abomination sur le lieu saint du Christianisme est le Mufle. Ces deux chemins mènent au même but, à la suprême union du Juif et du Mufle — à l’Antéchrist.
« Le socialisme est d’origine aryenne, le communisme d’origine sémite », dit Weininger !. Mais leur âme à tous deux, c’est le même athéisme dans l’action sociale. Aryens et Sémites furent d’accord dans l’athéisme avant de V
dans le socialisme.
être
Le christianisme contemporain est imprégné de