‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 68 sur 198 · Inseriplion d'une pyramide · texte numérisé non relu

Inseriplion d'une pyramide

Est-ce un blasphème? Oui, si l’on ne se souvient que l’homme ressuscité est le Dieu Osiris, et si l’on ne sait pas de Qui il est l'ombre. Mais si on le sait, alors Îles paroles que l’homme ressuscité, Osiris, l'ombre, dit de son Corps ne sont plus un blasphème, mais une prière : «Il est, je suis; je suis, il est ». Et, plus clairement encore, dans un papyrus de l’époque hellénistique «où yap 2 eyo at yo 5ù. Gar Lu es moi et Je suis toi. »

Non, ce n’est pas un blasphème, c’est la glorification du Seigneur que tous les dieux tombent comme des ombres aux pieds de son Corps et meurent dans les rayons du Soleil Unique.

« L’Éternel a dressé son tribunal au milieu des dieux. Il dit : vous êtes tous des dieux, fils du Très Haut, cependant vous mourrez!. » — « S'il le veut, vous mourrez ; s’il le veut, vous serez vivants », semble répondre l'Égypte à Israël.

Mais c’est le cœur de l'Égypte qui répond ainsi, et non sa raison.

Dans les bas-reliefs des pyramides, lhiéroglyphe représentant le serpent est presque toujours coupé en tronçons afin qu’à la résurrection le serpent ranimé ne pique pas le défunt. On place dans le cercueil des miroirs, des palettes pour les fards, des poupées, des dés à jouer, des livres de contes, pour que dans l’autre monde le défunt puisse lire et jouer si l’ennui le prend.

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Dieu s'ennuie, joue à la poupée, se regarde dans le miroir, se farde, redoute le dard du serpent; on voit bien par ces contradictions barbares et puériles que l'Égypte n’unit pas, mais confond l’homme avec Dieu, ce monde avec l’autre.

En général les Égyptiens ne nous paraissent que des sauvages et des enfants en comparaison des grandes personnes, des gens éclairés que nous sommes. C'est si ÉVIdent que peut-être ne vaudrait-il pas la peine d’en parler. Mais ce qui est étonnant, c’est que trois mille ans avant le Christ, ces enfants el ces sauvages savaient du christianisme plus que nous n’en savons.

Mesurer exactement l'étendue de ce qu'ils savaient, nous en sommes incapables, non seulement parce que leur science est trop confuse, inconsciente — « on peul savoir beaucoup de choses inconsciemment » dit Dostoïevsky -— mais aussi parce que la manière même de penser des Égy pliens est par trop différente de la nôtre : la force de notre pensée est dans la raison, celle des Égyptiens, dans le cœur. Ce n’est pas en vain qu'ils n’ont pour désigner le cœur el la raison qu’un seul et même mot : «le cœur ».

XXX VIII Comme des sauvages et des enfants, les Égyptiens confondent l’autre monde avec celui-ci. Mais pas tout à fait.

« Lorque le temps sera éternité, nous te verrons de nouveau, car Lu vas là où tous sont Un’. » Cela ne signifiet-1l pas que dans ce monde, dans le temps, la résurrection ne fait que commencer, mais s'achève dans l’éternité? Et n’y a-t-il pas là une distinction déjà presque consciente entre les deux mondes ?

Il est une chose que l’on peut aflirmer avec certitude : la résurrection égyptienne de la chair est plus proche de la résurrection chrétienne que « l’immortalité de l'âme » païenne et nôtre.

Dans la résurrection, l’autre monde s’unit avec celui-ci, «le temps sera éternité », les deux mondes s’affirment muluellement ; tandis que dans l’immortalité ils s’infirment, se nient, de sorle que si l’on traçait jusqu’au bout cette ligne de négation réciproque, on arriverail à l’anéantissement des deux mondes, au néant parfait, au Nirvana. Le Méon de Platon, le « Dieu qui n’est pas » est déjà le père de Bouddha.

Voilà pourquoi toute l’Europe contemporaine, l’Europe méonique, bouddhique par excellence (Schopenhauer, Einstein), gravite de l'Égypte vers l’Inde. On peut dire que l'Égypte est l’extrème opposé de l'Inde, et Osiris, de Bouddha. L'Égypte est l’antidote le plus efficace contre le poison bouddhique, contre notre fausse « théosophie », dont l'ignorance sacrilège a confondu le Christ avec Bouddha, le plus grand « oui » avec le plus grand

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