‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 84 sur 198 · Hénopore, Il, XLVIHIL · texte numérisé non relu

Hénopore, Il, XLVIHIL

que de ramener la profondeur religieuse à la plalitude. Mais le lien du sexe avec la procréation est si évident qu’il L 4 e al st4 r , à .

n’y a là rien à cacher ni à révéler. Quel serait donc le myslère de la « parole sacrée » qu'Hérodote n'ose pas révéler ? Et enfin, ce n’est pas à la mort, mais à la vie que se rapporte la procréation des enfants. Pourquoi donc tous les dieux de l'Égypte, dans leurs images ithyphalliques 8yPte;, 5 ques, sont-ils des morts?

Voici Osiris sortant du cercueil, les bras et les jambes ) J enveloppés de langes mortuaires et les déchirant avec son phallus dressé, comme un Lazare ithyphallique. Qu'est-ce donc? Comment les Égyptiens, les hommes les plus pieux et les plus sains du monde, selon Hérodote, pouvaient-ils E ) > E en arriver à une image aussi monstrueuse el sacrilège )

Les moines coptes chrétiens, lorsqu'ils virent sur les

murs des sanctuaires et sur les sarcophages l’Osiris ithy-

phallique, s'empressèrent, pleins d'horreur et de dégoût,

de gratter, de briser à coups de marteau, de détruire « le membre infâme », « le centre de l'Enfer ». Gar la terre se renversa à leurs yeux, et c’est en enfer que se transforma le ciel égyptien. Mais, si opposés que soient ces deux pôles, la sensation sexuelle transcendante reste la même

sur l’un et l’autre.

Et c’est ici que. commence la « parole sacrée » de

l'Egypte sur le sexe.

« Le sexe dépasse les limites de la nature; il est hors et au-dessus d'elle... C’est l’abime qui mène aux antipodes de l'Univers ; c’est l’unique image de l’autre monde qui nous apparaît dans ce monde-ci'. »

Dans le mur infranchissable qui sépare les deux mondes, il n’est qu’une seule fenêtre : le sexe. Dieu lui-même la perça dans la chair d'Adam et de nouveau la ferma par la chair, mais par une autre chair, transparente, comme la vitre de la fenêtre. EL ce n’est que par cette vitre que nous pouvons jeter un coup d’œil de ce monde dans l’autre.

Le sexe est unique contact de notre chair et de notre sang avec l'au-delà.

La soif sexuelle est la soif de la science, la curiosité transcendante.

Adam goûta à l’Arbre de la science, l’Arbre de la Mort, « connut Eve » et mourut. Nous aussi nous connaissons la mort dans Pamour, nous mourons avant la mort dans les extases de l’amour ; nous nous en allons « là-bas » pour un instant et nous en revenons «€ ici ». Mais pour revenir il nous faut oublier ce que nous ayons vu dans l’autre monde. Nous oublions tout; les Égyptiens s’en souviennent confusément.

La mort à travers le sexe, et le sexe à travers la mort, telle est la sensation, la connaissance que l'Égypte a de Dieu. C’est la connaissance la plus opposée à la nôtre.

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