MAIN HEUREUSE
L’aimeau de Vénus se trouve ici dans une main heureuse parce que cette main est tellement bien organisée, si riche sous les rapports de l’intelligence et de la destinée que l’anneau de Vénus ne sert qu’à donner plus de véhémence à ses plaisirs sagement dirigés. C’est une énergie de plus dont elle n’abusera certainement pas. Quand l’homme sait s’arrêter à temps, quand il ne prend des plaisirs de la terre que ce que son organisation lui permet d’en prendre, il est bien que celle-ci soit riche et puissante.
Mais il faut une perfection d’organes semblable à celle que représente cette main, pour que l’anneau de Yénus ne soit pas un danger; s’il se trouve dans les deux mains l’attrait vers la débauche en amour est presque irrésistible. Nous avons dit que son influence porte à tous les
excès et les dérèglements en amour.
Quand cet anneau est complet et qu’il se trouve coupe par une ligne profonde sur le mont du Soleil (où se place la signification de la richesse pour la main du troisième monde clairement déterminé, on le sait, par la forme
des doigts et les lignes principales), il dénote une perte de fortune survenue par suite d’excès de ce genre. S’il est coupé par une ligne placée sous le doigt de Saturne (la fatalité), cela signifie, selon le chiromancien helot, que la personne sera assassinée dans la compagnie de Icmmes de mauvaise vie, ou à cause d’elles. Toutefois, si cet anneau n’est conpé que par la saturnienne, celle-ci doit alors entrer dans la racine du doigt pour avoir la meme
signification.
LES MYSTÈRES 1»E LA M A 1 iX
I,E SYSTÈME DR M. d’aP.PENTIGNY ENRICHI PAR RA KABBALE.
Nous avons développé le système de M. d’Arpentigny en y ajoutant le résultat de nos observations particulières; mais, tout en l’expliquant à l’aide des trois inondes, qui appartiennent à la kabbale, nous n’avons pu expliquer aussi les modifications que l’influence des planètes apportait à ce système puisqu’il aurait fallu appliquer à la chirognomonie, qui a été trouvée sans l’aide de la kabbale, un système qui appartient entièrement à la chiromancie. Nous avions déjà à démontrer trop de choses à la fois pour ne pas craindre de nous rendre obscur en compliquant encore les études. Maintenant que le lecteur connaît l’influence des planètes sur les monts et sur les lignes nous pouvons, sûr d’être facilement compris cette fois, revenir sur la chirognomonie , pour en enrichir le système et le compléter.
M. d’Arpentigny attribue, on le sait, des qualités diverses aux doigts pointus, — carrés, — spatulés et mixtes. Mais M. d’Arpentigny, en les classant par catégories, n’a pas remarqué que tous les doigts d’une main n’adoptent jamais un type exclusif et qu’une main carrée peut avoir un ou deux doigts spatulés ou un doigt pointu , et un autre spatulé, et ainsi des autres types. S’il a remarqué ces dilférences, il les a regardées comme des exceptons, sans chercher à s’en rendre compte, et sans penser (jii’il ii’y a pas d’exceptions dans la nature, qui, tou-
jours sage et harmonieuse, ne fait jamais rien en vain.
La kabbale seule pouvait lui venir en aide, mais la kabbale au temps où M. d’Arpentigny écrivait son livre était inconnue ou méprisée.
Chaque doigt, nous l’avons vu, prend le nom d’une planète, et en prenant son nom, elle en prend aussi les qualités attribuées à son influence.
L’ikdex, on le sait, c’est Jupiter; — le grand doigt (médius), c’est Saturne; — l’annulaire, c’est le Soleil; — l’auriculaire, c’est Mercure.
L’index (Jupiter), le doigt divin, est pointu chez les gensd’intuition,OLi portéspar instinct à la contemplation do la nature.
Si le mont de Jupiter est en même temps développé, et si les doigts sont lisses, l’amour de la contemplation s’exercera dans la religion et s’élèvera jusqu’aux extases, au mysticisme pur.
Jupiter peut être pointu avec les autres doigts carrés ou spatLilés, et il leur donne la contemplation en rapport avec leurs instincts.
Il est de même évident que le doigt pointu reçoit aussi une induence des autres doigts lorsque le type est écrit.
L’index carré donnera la recherche de la vérité, basée sur la nature ; l’aptitude chez (m peintre , chez un paysagiste, [lar exemple, à saisir le coté, vrai de la natui’C,
plutôt que le côté d’arrangement. Avec le mont développé, l’index donnera le goût de la religion tolé-
rante.
Si Jupiter était spatulé (cette forme est très-rare) il annoncerait, surtout si la main était molle, ce qui en serait une conséquence presque forcée, le mysticisme exagéré, le mouvement dans les choses spirituelles, mais
pouvant précipiter dans l’erreur.
Le grand doigt, le médius, le doigt de Satin ne, est rarement pointu. Saturne est triste, mais s il est pointu ou mixte, l’influence de Saturne sera diminuée; il y
aura insouciance, peu
d’amour de la gravité, frivolité
même s’il y a excès, et si le pouce est court.
Si le doigt est carré, on prendra un caractère plus grave à mesure que le doigt prendra plus d am plein , mais si le doigt s’élargit tout a fait par le haut, s il se gonfle en quelque sorte, alors le caractère de Satuine domine, alors on est triste, porté aux idées lugubres, et l’on a (et ceci est toujours vrai) l’horrible amour de la mort, on se complaît dans les iclees funèbres. Ion veut connaître les secrets de l’autre vie, et l’on sent une attraction vertigineuse à se délivrer, pour arriver a ce but, des entraves de l’existence. Si Saturne est plutôt spatulé que gondé et que la forme soit bien écrite (et cette forme exige ordinairement des mains molles), c est . activité dans le lugubre, c’est le peintre des tombeaux, c est le dramaturge échevelé, et jouant aux boules avec des crânes humains; c’est le poète anglais Young, pleurant éternellement la mort de sa fdle et passant ses nuits sur
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son tombeau; c’est surtout le nécromant exerçant la magie noire : l’homme porté vers la goëtie.
Le doigt d’Apollon, l’annulaire pointu, c’est l’art apte à recevoir des intuitions; si les autres doigts s’y opposent, c’est la légèreté, le bavardage.
Apollon carré, c’est l’art positif, la recherche de vérité, la raison dans l’art et dans la vie.
Si la main appartient au troisième monde, c’est l’amour de la richesse.
Apollon mixte annonce souvent, lorsqu’il est seul de cette forme, positivisme, et, par suite, aptitude au commerce.
Apollon spatulé, c’est le mouvement dans l’art, la peinture de batailles, le mouvement dans le style, le mouvement dans les idées, souvent le don de la couleur, beaucoup d’acteurs ont Apollon spatulé; c’est l’art qui chez eux a besoin du mouvement du théâtre poui* faire comme explosion; c’est l’art qui marche, qui parle, qui se traduit par la voix et par les gestes.
Mercure, l’auriculaire pointu, c’est intuition hermétique, aptitude à comprendre les sciences mystiques, comme la kabbale, ou toute étude appliquée du coté divin; c’est aussi perspicacité, finesse et ruse en prenant du côté matériel; c’est encore l’éloquence naturelle.
Mercure carré, c’est la raison dans la science, l’amour des recherches, de l’étude, l’aptitude aux découvertes abstraites, basées sur la logique, c’est facilité a s exprimer clairement, c’est le doigt du professeur, de l’anatomiste, du physiologiste, du médecin, de l’avocat logique, du commerçant aux vues saines.
les MYSTÈllES DE LA MAIN.
Mercure spatulé, c’est le mouvement dans la science, c’est l’éloquence mouvementée, la mécanique, lesmachines, ou la science traitée d’une manière fantastique. Mercure spatulé peut clans son acception mauvaise, si les autres lignes indiquent le troisième monde, conduire au vol.
Nous avons, on le sait, expliqué déjà les tendances du pouce qui, lui, n’adopte aucune forme significative.
Ainsi, la même main peut recevoir de la forme de scs doigts, des tendances bien marquées et diverses.
La Fontaine avait évidemment Jupiter très-pointu, puisqu’il recevait de la contemplation ses intuitions admirables. Le doigt de Saturne, chez lui, était mixte, puisqu’il était grave et insouciant à la fois, celui du soleil était carré, épousant la forme spatulée, puisque l’art
était chez lui basé sur la vérité , mais qu’il y mettait le
mouvement des fables. Mercure était carré, puisque son éloquence était vraie, naïve; en somme sa main devait avoir un aspect carré; mais Jupiter devait être trèspointu, et cela absolument.
La longueur des doigts et ensuite la longueur des phalanges apportent encore des modifications.
Ainsi, les hommes peu contemplateurs ont Jupiter rond et plutôt court que long. Chez les gens très -tristes, Saturne prend des dimensions plus grandes. Apollon est grand ou petit selon les aptitudes artistiques ou les appétits de richesse, et Mercure chez les savants est quel(|U(!fois assez long pour se trouver presque de niveau avec l’ammhLre. Nous avons reconnu une fois un savant à la Seule longueur de son auriculaire (doigt de Mercure.)
Maintenant, selon que les doigts s’avancent ou se reculent, ils apportent des significations diverses. Ainsi, nous avons vu une cantatrice dont l’annulaire se trouvait tout à fait en retraite sur les autres doigts, et nous avons été à même de savoir que chez elle l’amour de l’art venait après l’ambition, la ruse, et l’amour matériel.
Si Jupiter est en avant de tous les autres doigts, c’est l’ambition ou la religion qui dominera la vie.
Si c’est Saturne, c’est la fatalité.
Si c’est le Soleil, c’est l’art ou la richesse, selon les lignes.
Si c’est Mercure, c’est la science ou la ruse.
Si le Soleil, si Mercure sont plus en avant que Saturne, c’est l’art, c’est la science triomphant de la fatalité, et ainsi de suite des autres.
Mais les phalanges jouent aussi un rôle important selon leur longueur plus ou moins grande.
On sait déjà que les doigts sont divisés en trois phalanges qui représentent les trois mondes. Ces phalanges sont aussi inégales dans les doigts et ont leur signification particulière.
On sait que la première représente le monde divin ; la seconde, le monde naturel; la troisième, le monde matériel, au dedans comme au dehors de la main.
Ainsi donc si l’index Jupiter a la première phalange longue relativement, on sera apte au côté divin de Jupiter : intuitions, religion.
Si la seconde est plus longue, c’est l’ambition, le côté positif de Jupiter.
La troisième phalange plus développée, plus forte, plus longue, indiquera le désir d’arriver aux honneurs par l’orgueil, le désir de dominer.
La première phalange de Saturne longue et large donnera, nous venons de le dire, la tristesse, la superstition, et si elle est très-forte le désir de la mort.
La seconde donnera, selon ses dimensions plus ou moins grandes, le goût de l’agriculture, des sciences exactes, si les doigts sont noueux; et si les doigts sont lisses, l’aptitude aux sciences occultes déterminée par les lignes.
La troisième phalange longue indique l’avarice.
La première phalange d’Apollon plus longue donnera le goût noble des arts ;
La seconde, la partie utile dans l’art, la logique, la raison dans l’art, le désir raisonnable d’arriver par le travail
La troisième, l’art matériel, l’amour de la forme sans pensée, le désir de briller, la vanité de paraître, l’appétit vers la richesse.
La première phalange de Mercure longue indiquera l’amour de la science, pour la science elle-même, l’éloquence;
La seconde, l’industrie, le commerce, la partie raisonnable de Mercure ;
La troisième, la partie matérielle, • la ruse, l’adresse, l’éloquence mal dirigée, allant jusqu’au mensonge.
Ainsi, les savants auront la première phalange relativement longue.
Chez les commerçants, les mécaniciens, les industriels, ce sera la seconde; la troisième chez les gens matériels.
it).
LES iMYSTEUES DE LA iMAlN.
La signification de ces phalanges est encore augmentée par des signes qui s’y tracent, et dont nous parlerons tout à l’heure. Disons, en attendant, que les anciens chiromanciens et les médecins avec eux, Hippocrate en tête, ont prétendu que le doigt Jupiter était en sympathie avec le foie , le grand doigt Saturne , celui surtout de la main gauche, avec la rate, l’annulaire avec le cœur. 11 est évident que l’auriculaire et le pouce ont aussi leurs sympathies correspondantes. Nous ne pouvons nous appuyer sur le témoignage d’aucun médecin; nous attendrons donc. Ajoutons, toutefois, que de Lachambre dit : «La lune a sous sa direction, selon l’astrologie, le cerveau, l’estomac, les intestins, la vessie, la matrice, tpii sont les plus considérables cavités du corps. » [l.’Jrl de connoUre les hommes, page /i5, partie.)
Disons aussi que d’autres chiromanciens mettent l’index (Jupiter) en sympathie avec les poumons, le médius (Saturne) avec le foie, l’annulaire (le Soleil) avec le c(pur, et l’auriculaire (Mercure) avec la rate.
Ceci posé, voyons ce qu’écrivait en 1662, au sujet de ces relations étranges, le docteur de Lachambre, premier médecin du roi Louis XIV :
SYMPATHIES DE l.’iNDEX , DU DOIGT DE SATÜR^E ET DE l’annulaire avec le foie et la POITRINE , LA RATE ET LE COEUR.
« î.a médecine nous apprend que la Ladreri ' a sa source et son siège principal dans le foye, et qu'un des
pi’oiiiicrs signes cju’elle donne pour se faire reconnaît! e paraît à l’index; car lorsque les muscles de la main et de tout le corps même sont pleins et succulents, ceux qui servent au mouvement de ce doigt se fléti issent et se de.sseichent, principalement celuy qui est dans le Tlienos, (3’est-à-dire dans l’espace qui est entre luy et le poulce, où tout ce qui est de cliarneux se consume, et où il ne reste -que la peau et les fibres qui sont applaties contre l’os. Or, cela ne peut arriver de la sorte qu’il n’y ait quelqu’analogie et quelque secret commerce entre le foye et cette partie, puisque c’est une des premières qui ressent l’altération qui se fait dans la substance, etc. ’ » Selon lui, cette maladie est appelée le cancer universel du foie et de la masse du sang.
Tous les médecins, nous l’avons dit page 56, reconnaissent la phthisie et la scrofule innées à la forme que prend alors le doigt index. Sa première phalange devient courte, large, arrondie en massue, tandis que l’ongle bascule pour ainsi dire et se recourbe au point d’entrer parfois dans les chairs.
PliUtîsici tmçines aciiinci , a dit Hippocrate.
Ce fait est acquis à la médecine moderne. M. Trousseau et M. Guitton ont écrit à ce sujet, Tun un mémoire très-remarquable , et l’auu'3 une thèse très-savante publiée en 18/43.
De Lacharabre dit du doigt médius (Saturne) :
« .le pourvois adjouster pour vne obseruation qui feroit voir la sympathie de la rate aveclegrand doigt, les mer
1. De LachamLre, page 379. L’Arl de conuotire les hommes, t. IV.
voi lieux effets que l’ouverture de la saluatelle produit dans les maladies de la rate ; car cette veine coulant ordinairement entre le grand doigt et le troisième, comme dit Hippocrate, ou entre celuy-cy et le petit, enuoyant quelque rameau au grand doigt, on peut très -probablement croire que la vertu de la rate se porte par cette veine à ce doigt-là, et que le troisième doigt étant occupé par l’influence du cœur, il ne peut recevoir celle de la rate, s’il est vrai que les vertus ne se confondent point comme nous avons démontré »
Il ajoute plus loin , et après de nombreuses dissertations scientifiques - :
« Je connois un homme qui est sujet aux maux de rate, lequel n’en est jamais attaqué que le grand doigt de la main gauche ne devienne froid, stupide et pasle, comme s’il estoit privé de vie. »
il dit à propos de la sympathie du doigt annulaire avec le cœ.ur :
« Cette observation est pour montrer que le cœur a aussi communication particulière et amitié secrète avec le trosième doigt que l’on appelle l’annulaire; car c’est une chose merveilleuse que lorsque la goûte tombe sur les mains, ce doigt en est toujours le dernier attaqué, et heuinus rapporte qu’en tous ceux qu’il a veus travaillez de ce mal , le troisième doigt de la main gauche s’ost toujours trouué libre, pendant que les autres étoient cruellement aflligez d’enflammation et de douleur’. »
1. Do Lacliambre, page 38 i, t. IV. I/Arl de connoilre /e-y hommes.