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Doyme et rituel de la haute magie, page

Le corps sidéral est l’intermédiaire entre Tàme et le corps matériel; il sert de lien entre le cœur, source de la vie du corps, et le cerveau, siège de la vie de l’àme.

Le mens. Pâme, est l’étincelle divine qui vit en nous; c’est notre guide, notre conscience, notre flambeau, pendant notre séjour sur la terre.

L’âme, disons-nous, doit asservir le corps.

Elle peut lui permettre, de temps en temps, de goûter les plaisirs de la vie, mais à la condition de n’en être jamais l’esclave. Si l’âme est tempérante, si elle est juste, si elle aime tout ce qui est beau, tout ce qui est noble, tout ce qui est élevé, l’humanité, la justice, la bonne foi, la patrie, et si elle a avant tout l’amour du prochain, la charité sublime ! alors au jour de la mort elle quitte l’enveloppe terrestre, s’envole en suivant l’attraction de son étoile, et va revivre dans un autre univers où elle se fait un nouveau vêtement analogue au progrès de sa beauté, en laissant d’une part, sur terre, le cadavre matériel inerte en apparence, mais qui déjà travaille par sa décomposition même à concourir à des ci’éations nouvelles, et, de l’autre, le cadavre sidéral qui s’élève comme un manteau lumineux, pour aller porter dans la lumière astrale, où tout s’imprègne, l’image, le rellet, le fantôme du corps sur la terre.

Si, au contraire, le mens s’est laissé subjuguer par les passions grossières du corps, s’il a permis le mensonge, les voluptés crapuleuses, l’injustice, tout ce qui est bas, tout ce qui est mal, alors, au jour de la mort, le cadavre astral rendu fort par les condescendances de l’esprit le

LES MYSTÈRES DE LA MAIN. ’ô^

retient prisonnier comme pendant sa vie, et le livre au corps sidéral qui l’entraîne dans les tourbillons de la lumière astrale.

« L’immersion de l’étoile vivante dans la lumière morte est un affreux supplice comparable à celui deMézence; rùme y gèle et y brûle à la fois, et n’a aucun moyen pour s’en dégager que de rentrer dans le courant des formes extérieures, de prendre une enveloppe de chair, et de lutter avec énergie contre les instincts pour affermir la liberté morale qui lui permettra, au moment de la mort, de rompre les chaînes de la terre et de s’envoler triomphante vers l’astre consolateur dont la lumière lui a souri 1. »

Ainsi donc, le mens vient de nouveau s’emprisonner dans im corps pour recommencer une vie nouvelle, mais comme AME de retour.

La première fois, âme neuve, tout lui souriait; il avait, comme l’ops des mystères orphiques, la richesse, la noblesse et la beauté.

Cette fois, il vient pour expier, pour souffrir.

Il était riche, il rentre pauvre; il était beau, il revient laid; il a le goût des plaisirs sensuels dans lesquels il avait mis son bonheur, et qui sont maintenant une source de tentations impossibles à satisfaire, d’appétits monstrueux qui le déchirent et qu’il ne peut assouvir; ce qui faisaitsa joie devient son tourment le plus affreux; il était maître, il revient esclave; il humitiait, il est humilié; il était cruel, il souffre.

i. Dogme el riliiel de la haute magie, page 2 43.

S’il souffre avec courage, si son âme, retrempée par le malheur, résiste à ses mauvais instincts, alors il reprend, lorsqu’il quitte sa hideuse et souffreteuse enveloppe, son glorieux chemin vers l’astre où tendent ses aspirations.

Mais s’il succombe de nouveau, alors il revient poitrinaire, idiot, fiévreux, impotent, condamné dès sa naissance à une souffrance physique de chaque jour, incapable dès lors de passions mauvaises , et il s’envole un jour purifié par la douleur, et c’est pour cela sans doute que les fous chez les Arabes, et les crétins dans les vallées de la Suisse, sont respectés comme des êtres touchés par la main de Dieu b

Le mens doit revivre encore; mais alors il rentre dans le monde avec les qualités des âmes neuves, et, de plus, il a comme une mémoire vague de ses souffrances passées. Il a, pour se guider, ses pressentiments , et puis une horreur secrète des penchants funestes qui l’ont perdu. La nature ne violente jamais; elle lui laisse donc son libre arbitre, mais elle lui donne pour appui et pour conseil la faculté de recevoir plus énergiquement les in- ' spirations divines, qu’il suivra plus volontiers.

En théologie, cette faculté s’appelle la grâce. Si Eàme triomplie alors, ses épreuves sont finies.

L’étincelle divine, partie du ciel, doit retourner au ciel.

1. Nous ferons remarquer ici, en anticipant nn peu sur le système de la chiiomaiicio,(pic l'ongle hippocraliq^te qni indique la phthisie innée est placé non pas snr le doigt du imWan, Saturne, qni est. la fatalité, mais snr l'indei, Jupiter, qni représente la divinité, par conséquent la volonté divine.

C’est ainsi que les anciens mages expliquaient l’inégalité des conditions, qui nous paraît injuste sur terre. Et l’on ne peut refuser un sens moral à leur système.

L’homme riche injuste et méchant devait craindre la loi du talion ; l’homme souffrant pouvait voir dans sa vie de douleur une expiation, et, tout en plaignant ses persécuteurs injustes d’être un jour destinés à éprouver ses propres souffrances, supporter ses privations douloureuses par l’espérance d’un meilleur avenir.

Ajoutons ici , pour terminer notre définition , que le corps sidéral est notre instinct, comme notre mens est notre raison ; il doit se taire quand notre raison veille, et ne reprendre son empire que dans le sommeil. Il est toutefois l’intermédiaire entre l’ànie et le corps matériel, et son influence peut être grande. Selon les kabbalistes , il prend peu à peu la forme des animaux dont tel ou tel penchant nous rapproche le plus, et modifie ainsi les traits du visage et l’allure du corps, en y mêlant comme une vague ressemblance avec ces mêmes animaux. De plus, toujours selon les kabbalistes , le corps sidéral n’est pas toujours ^ du même sexe que le corps terrestre : il y a très-souvent en nous une espèce d’hermaphrodisme; ce qui fait que, lorsque l’homme laisse dominer en lui l’influence des passions mesquines, il abandonne sa virilité, et se fait réellement femme par les goûts, les manières et les actions. Plus d’une femme devient homme, et, chez l’un et l’autre sexe, cet abandon de sa propre nature, lorsqu’il va jus()Li’à l’excès, conduit souvent aux plus infâmes débauches. Cet hermaphrodisme, bien dirigé, crée en nous

des qualités exquises : il fait, chez les hommes, les poètes et les gens charitables et dévoués, et donne aux femmes l’énergie nécessaire pour les grands sacrifices et les grandes vertus.

Les excès matériels altèrent l’organisation du corps ^sidéral , qui réagit à son tour sympathiquement sur le cerveau et lui fait sentir le contre-coup de sa blessure ; de là viennent les maladies nerveuses, car le corps souffre à son tour des défaillances de l’iime.

Une maladie, dit Éliphas Lévi , provient toujours d’un défaut ou d’un excès, et vous retrouvez souvent, à la source d’un mal physique, un désordre moral.

Le mens est la seule chose qui nous distingue des animaux, qui ont, comme nous, le corps sidéral. Ils peuvent lire dans la lumière astrale , dont nous parlerons tout à l’heure, comme les somnambules, auxquels on donne cette faculté en plongeant le mens”" dans un sommeil, un engourdissement factice, au moyen de l’enivrement astral projeté par le magnétiseur. Les animaux, comme les somnambules , devinent les tempêtes , les tremblements de terre, les grands cataclysmes de la nature ; ils près- . sentent les apparitions surnaturelles.

« L’instinct, a dit Cuvier, est une sorte de rêve ou de vision qui poursuit toujours les animaux, et ceux-ci semblent avoir dans leur sensorium commune (centre de sensation) des images ou des sensations innées et constantes qui les déterminent à agir, comme les sensations ordinaires et accidentelles déterminent cominunémenti »

Les idiots , qui n’agissent aussi que par l’instinct , reçoivent souvent le don de seconde vue, et souvent ils ont annoncé ce qui se passait à une grande distance, comme François les bas bleus dont parle Nodier, comme une foule de vieux bergers entièrement livrés à la vue instincto-contemplative, et tant d’autres.

Toutefois, il y a plusieurs classes dans l’idiotisme.

Ceux qui , par les excès et la débauche , finissent par enchaîner le mens de manière à le rendre tout à fait inactif, ne vivent plus que par l’instinct; mais comme chez l’homme l’instinct n’est que secondaire, ils se mettent volontairement au-dessous des animaux, dont l’instinct est la raison nécessaire.

Ces hommes sont morts avant la mort ; ils marchent, ils parlent , et pourtant ce sont déjà des cadavres. Ils font froid quand ils vous approchent, et vous donnent la chair de poule quand ils vous touchent.

Ils ont l’œil vitreux, une bouche béante, dont les coins sont tombés ; leurs paupières s’affaissent.

Ils pourront se promener encore longtemps sur terre, mais ils ne vivront jamais, plus.

Ils forment la transition entre l’homme et le fantôme.

C’est par le corps sidéral que l’homme communique avec les astres.

Ceci demande une explication particulière détaillée.

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