LIGNE DU SOLEIL
La ligne du Soleil part, ou de la ligne de vie ou du mont de la lame, et va tracer un sillon dans le mont du Soleil (de l’annulaire).
Elle signifie : gloire, célébrité, amour de 1 art.
Elle signifie aussi : richesse, faveur.
Elle signifie encore ; mérite, réussite par le travail, selon celui des trois mondes qu’elle représente.
Si elle est droite, bien creuse, bien nette, longue, si elle ouvre le mont du Soleil comme le soc de la charrue ouvre la terre, elle signifie : célébrité dans l’art, mérite, richesse ou amour de l’or, selon les aptitudes plus ou moins élevées.
Ceux-h'i même qui ne seront pas artistes recevront de cette ligne le désir des belles choses, des riches étolîes; ils auront l’œil artiste, s’ils n’en ont ni le goût, ni l’âme, s’ils appartiennent au monde matériel.
Si la ligne du Soleil se subdivise en plusieurs petites lignes en arrivant au mont, c’est une sève trop abondante, une trop grande furie dans l’art, un trop grand désir d’effets ; c’est une flèche lancée avec trop de force, qui dépasse le but et se perd sans utilité dans l’espace.
Si les lignes sont placées en travers sur le mont, c’est obstacle dans l’art qui annule tous les efforts.
Si deux ou trois lignes de même force s’élèvent, mais toujours inégales et un peu tortueuses; c’est le goût ou la culture de plusieurs branches de l’art qui dissémine les forces et empêche une réussite complète.
Si d’un seul faisceau d’une seule ligne partent, en arrivant au haut du mont, deux brandies qui s’en vont à droite et à gauche, en forme de Y, c’est la force neutralisée par la division. Ce sont des efforts qui secontre-balancent et s’annulent en tirant chacun en sens inverse,
c’est riminobilité dans l’art, causée par les efforts mêmes que l’on fait pour marcher en avant. C’est un désir de célébrité sans réalisation.
Loi'sque trois branches s’échappent d’un seul faisceau ce sont des désirs de gloire, de richesse et de talent, mais qui en se combattant restent à l’état de désir, ou donnent seulement la richesse, qui forme ici le troisième monde.
Lorsqu’au contraire la ligne du Soleil forme trois branches qui se réunissent en un seul canal au moment de traverser le mont, üi partir de la ligne de cœur, alors elle annonce fortune par la branche qui vient du côté de .Mercure, gloire par la branche directe, mérite par la branche qui vient du côté de Saturne.
Mais si trois lignes de même grandeur, de même pi*ofondeur, tout à fait de même forme, montent vers l’annulaire en ouvrant sur le mont du Soleil trois sill ’V s éffmtx, c’est un signe de gloire et de célébrité ^mircrselles.
La ligne du Soleil bien profonde, bien nette, donne aussi la faveur des grands.
l.orsque la ligne s’élève, mais accompagnée de lignes qui la barrent sans la couper entièrement, c’est : obstacles à la gloire élevés par l’envie, ou la mauvaise volonté des puissants du monde.
Nous avons parlé jusqu’à présent de tous les monts de la paume de la main et des qualités qu’ils inspirent par leurs influences.
Nous avons parlé des lignes principales :
La ligne du cœur, de tête, de vie, du Soleil, de fatalité, de l’anneau de Vénus qui rentre aussi dans la fatalité.
D’autres signes, dont il nous reste à parler, viendront changer les qualités en défauts ou en vices.
Le lecteur aura remarqué la simplicité du système, .lusqu’à présent tout est indiqué par la forme même des lignes en suivant les lois de l’analogie.
La ligne de vie est courte, la vie est courte ; elle est longue, la vie est longue; elle est formée en chaînes, l’existence est pénible; elle est pâle, mal formée, la santé est frêle, languissante, et ainsi de suite. Tout est basé sur les calculs les plus simples, et cela doit être. La nature ne donne rien sans peine : elle cache, mais elle cache comme une mère cache à son enfant le jouet qu’elle veut qu’il trouve. Elle met tout auprès de nous, elle nous enseigne tout par l’analogie.
Aux premiers jours, elle offrait aux hommes le modèle d’un canot, en faisant voguer une coquille de noix vide sur un étang. Un arbre renversé sur un torrent , donnait l’idée d’un pont, et les hommes l’écoutaient alors, parce qu’ils étaient simples et qu’elle leur montrait clairement ce qui était utile. Plus tard elle indiquait aussi les découvertes plus importantes: elle expliquait tous les jours dans la marmite de la ménagère leuigine de la vapeur. Mais alors on fermait les yeux.
Quand on se croit savant et habile, on ne veut jamais voir ce qui est trop simple, on trouve que c’est indigne de ce qu’on appelle le génie. Et quand un homme a trouvé, on dit : mais c’était si facile! et l’on conteste la gloire. Quand Christophe Colomb eut découvert l’Amérique, les envieux rabaissaient son mérite. Qu’avait-il fait, après tout! On lui avait donné une flotte, de braves matelots, et il avait toujours été droit devant lui : la belle affaire! Une fallait que de la patience, et il en avait eu. Qui de vous fera tenir un œuf en équilibre sur sa pointe, leur dit Colomb? et tous d’essayer, mais en vain.
Faites-le donc lui crièrent-ils. Colomb prend lœuf.
en écrase le bout sur la table et l’œuf reste droit.
Ah 1 voilà qui est bien difficile, s’écrièrent-ils tous a la
fois!
Pourquoi ne l’avez vous pas fait, répondit Colomb?
Lorsque l'Jewton trouva les lois de l’attraction et de la pesanteur dans la chute d’une poire, combien de poires n’étaient-elles pas tombées devant les savants de son époque et ceux qui l’avaient précédé ?
Mais il faut bien en convenir , il n’y a que les grands hommes qui cherchent la vérité avec un cœur naïf. Plus on devient fort et plus la manière se fait simple partout, même en littérature et en art. Chateaubriand a commencé par le romantisme, et il en est venu a écrire le Génie du christianisme et le Voyage a Jérusalem, parce qu’il est devenu fort; Molière était la simplicité môme et la vérité; La Fontaine, le plus fort de tous, est aussi le plus vrai et le plus simple de tous. Et
en effet, il faut qu’un homme se sente puissant et riche en lui-même, pour laisser tous les faux brillants du style et se contenter du langage naturel et lucide de la saine raison. Il ne croit jamais être assez clair, parce qu’il veut que son idée soit comprise, et c’est de l’amour paternel ; mais celui dont le mérite repose sur des mots se garderait bien d’agir ainsi : d’abord, parce qu’il ne pourrait expliquer ce qu’il ne comprend pas lui-même, et ensuite parce qu’il sent qu’il ne lui resterait plus rien du moment où il jetterait tambour, trompette, et quitterait ses brillants oripeaux.
Voyez nos grands peintres: Titien, Paul Véronèse. Dans leurs tableaux, pas de tours de force ; rien n’est maniéré, ni dans le faire ni dans la pose, ni dans l’expression; ils cherchent d’abord la forme, le sentiment, Pâme, la couleur, la vérité enfin qui passe avant toutes choses, et puis ils sont adroits, parce que la nature est adroite, et comme à leur corps défendant; mais aussi quelle adresse 1 Ge n’est pas du clinquant, c’est de la perfection. Aujour d’hui ce sont les escamoteurs en peinture qui enlèvent tous les sulïrages, et cela se conçoit. Le faire est ce qui embarrasse le plus les amateurs, et ils trépignent d’aise en voyant les peintures enlevées. Que cela soit juste ou non, peu importe; leur éducation artistique ne va pas si loin, car alors ils seraient peintres et non amateurs. C’est brillant, c’est facile, donc l’homme est fort. Et il en est de môme partout. Un bavard, aux grandes périodes éclatantes, réussit toujours dans une asscmlih'c
composée de gens ignorants, et même de gens intelligents, mais qui doutent d’eux-mêmes.
Ainsi la chiromancie fille de la magie, la chiromancie ancienne comme le monde, cultivée, perfectionnée par les hommes les plus éminents, les génies les plus sublimes, la chiromancie est si simple, qu’un enfant pourrait l’apprendre en quelques jours.