‹ Les mystères de la scienceChapitre 12 sur 117 · Delancre, ouvrage cité, p · texte numérisé non relu

Delancre, ouvrage cité, p

LE JIAHTVRE DE GAUfHlLil (PAGE GJj.

INTRODUCTION

se trouva deux témoins qui déclarèrent l'avoir vu au sabbat, et lui-même convenait d'ailleurs d'y avoir assisté, et d'avoir môme renoncé à la prêtrise pour prendre l'ordre du diable. Enfin, dans les perquisitions qui furent faites à son domicile, on trouva une croix qui n'avait que trois côtés comme celle des sorciers. Malgré de pareilles charges et ses propres aveux, qu'on lui fit répéter et signer par trois fois, son grand âge et son état de démence donnaient bien encore quelque embarras aux commissaires ; mais ils décidèrent que ni la vieillesse ni la folie ne pouvaient excuser le crime de lèsemajesté diinne^ comme leur jurisprudence qualifiait la sorcellerie. L'infortuné vieillard, ayant été préalablement dégradé par l'évêqued'Acqs (de Dax), monta sur un bûcher dressé à Ascain, la paroisse qu'il avait desservie.

(( La mort de ce prêtre, nous dit Delancre, fit un grand éclat dans la ville de Bayonne... La terreur se répandit dans tout le pays, si bien que les habitants prirent la liberté et assurance de dénoncer d'autres curés. Plusienrs prêtres prirent l'essor, d'autres prirent la naer, d'autres forgèrent des vœux à Notre-Dame de Montserrat, pour couvrir, sous ce prétexte, l'ignominie de leur fuite. On voit que la licence de s'entr'accuser et déférer devant nous semblait aucunement dangereuse. Mais tant d'enfants innocents et autres témoins étrangers à la paroisse, indifférents et de toutes sortes, nous disoient ingénument avoir vu au sabbat des prêtres, que nous fusmes contraints, voyant que c'étoit eux qui gastoient et infesloient le pays, d'en faire prendre quelques-uns des plus chargés. Nous en flsmes prendre d'abord sept des plus notables de tout le pays; nous en trouvasmes deux de Sibora (Siboure), savoir: Migalena, âgé de soixante-dix- ans, et maître Pierre Bocal, âgé de vingt-sept ans, beaucoup plus chargés que les autres; bien que, contre le moins coupable, il n'y eust que trop de preuves'. »

Ces deux accusés furent du moins sans faiblesse ; ils n'avouèrent rien, et ne répondirent même à aucune des questions qui leur furent posées, ils n'en durent pas moins passer par le feu.

Le lendemain, le peuple s'attendait à voir périr du même supplice les cinq autres prêtres arrêtés avec eux. Le théâtre sur lequel Migalena et Bocal avaient été dégradés dans l'église de Notre-Dame, était encore dressé; mais, pour le coup, l'évêque de Bayonne, sentant sa conscience troublée, refusa net de se prêter à ces afïreuses hécatombes. Peut-être s'avisa-t-il enfin que trois prêtres immolés pour le même crime, dans un diocèse aussi petit que le sien, c'était assez de sacrifices à la justice divine comme à la justice humaine. Il est certain qu'on le vit plusieurs fois verser des larmes sur le sort des condamnés. Leurs amis, d'ailleurs, et leurs avocats commençaient à lutter avec énergie pour arracher aux commissaires cette

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