‹ Les mystères de la scienceChapitre 48 sur 117 · Ue Lan, Dissertation théologique sur les convulsions · texte numérisé non relu

Ue Lan, Dissertation théologique sur les convulsions

L'auteur que nous venons de citer parle de v'mi^ et l'on est porté à croire qu'il atténue plutôt qu'il n'exagère les faits dont il a été témoin, Dom Lataste, bien qu'il n'approuve pas les secours, ni en général toutes les extravagances des convulsionnaires, complète dans les lignes suivantes le témoignage précédent :

<( On sait que plusieurs convulsionnaires ont eu pendant des mois entiers des convulsions qui exigeaient trente à quarante mille coups de bâches sur le corps. Les coups violents que l'on continue encore à donner avec une bûclie à un convulsionnaire noué, et qui, loin de l'épuiser depuis huit ou dix mois qu'il les exige, le soulagent au contraire beaucoup, ne doivent pas vous être inconnus »

Les convulsionnaires déclaraient généralement que c'était l'instinct de leurs convulsions qui les portait à réclamer ces secours. Les convulsions n'offrant pas toutes les mêmes caractères, les secours pouvaient varier en conséquence ; de là une assez grande différence dans la manière de les administrer.

La sœur Scholastique était une convulsionnaire qui annonçait la venue prochaine du prophète Élie, prêchait la nécessité de faire pénitence, et s'imaginait que Dieu ne lui avait pas donné d'autre emploi. Au début, elle ne demandait point de secours; il lui arriva même de déclamer vivement contre les personnes qui en demandaient et contre celles qui en accordaient. Cependant elle ne guérissait ni d'une lèpre qui couvrait quelques parties de sa peau, ni d'un abcès qu'elle avait au sein, ni de quelques autres affections dont elle souffrait beaucoup. Dieu lui tint rigueur jusqu'à ce qu'elle fût venue à récipiscence. Elle dut d'abord rétracter tout ce qu'elle avait dit contre les secours, et ensuite s'en faire administrer de terribles. Elle en imagina même un tout nouveau, auquel son nom resta attaché. L'esprit frappé de la manière dont les paveurs manœuvrent la demoiselle (c'est ainsi que l'on nomme cet instrument pesant qui sert à enfoncer les pavés dans la terre), elle fît lier toutes ses jupes au-dessous du genou, se fit suspendre en l'air, la tête en bas, les pieds en haut, et précipiter la tête sur le carreau un grand nombre de fois.

Une autre convulsionnaire se courbe en arc au milieu de la chambre, soutenue par les reins sur la pointe d'un bâton, et dans cette posture, elle se met à crier: biscuit! biscuit! La douceur qu'elle demandait était une pierre du poids de cinquante livres, attachée aune corde qui s'enroulait sur une poulie fixée au plancher. On élevait cette pierre jusqu'au- haut delà chambre et on la laissait retomber, à plusieurs reprises, sur l'estomac de la

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