‹ Les mystères de la scienceChapitre 96 sur 117 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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avec une véhémence extraordinaire, l'Esprit lui dit : Je t'assure, mon enfant, que, pour persuader à ceux qui sont ici présents que c'est moi qui te parle, je veux que tu frappes ta poitrine à coups de couteau sans qu elle puisse en être offensée. Ne crains point, car je ne permettrai pas que tu sois blessé. Mon frère insista, en demandant des couteaux; mais il ne s'en trouva qu'un : il était grand et pointu. Il le prit de la main droite et il se frappa plusieurs fois, de la pointe, le ventre et l'estomac, avec une très grande force ; mais son corps résistait comme s'il eût été de fer, et son habit même ne fut pas percé. Tout le monde était effrayé et fondait en larmes. J'étais présent »

Le caractère épidémiqiie ou contagieux de la maladie des trembleurs des Cévemies doit être mis bien en évidence ici, car c'est un des caractères les plus importants de cette affection extraordinaire.

David Flottard, du Vigan (hautes Gévennes), dans sa déposition, dit que dans sa province il y avait au moins huit mille inspirés, et il ajoute :

« Les prisons se trouvèrent en peu de temps si remplies de ces pauvres gens-là et particulièrement d'enfants, qu'on ne savait qu'en faire ^ »

Brueys reconnaît que, dans le Dauphiné et le Vivarais :

« Les vallées en fourmillèrent et les montagnes en furent couvertes... Il y avait une infinité de petits prophètes, il y en avait des milliers. »

Nous avons déjà dit que l'extase se propagea parmi les Anglais, lorsque les Camisards réfugiés vivaient à Londres. D'un autre côté, le maréchal de Villars, témoin oculaire, a écrit :

« J'ai vu dans ce genre des choses que je n'aurais jamais crues, si elles ne s'étaient passées sous mes yeux : une ville entière dont toutes les femmes et les filles, sans exception, paraissent possédées du diable. Elles tremblaient et prophétisaient publiquement dans les rues^ »

Voilà une épidémie parfaitement caractérisée, et qui peut se rattacher à l'épilepsie. Elle a pris ici tous les développements qu'elle peut recevoir, puisque toutes les femmes d'une même ville sont en proie au même mal.

Les catholiques eux-mêmes étaient quelquefois surpris par celte sorte d'épilepsie contagieuse, et alors ils obéissaient, comme les protestants, aux suggestions du Saint-Esprit. « Quand il arrivait que quelque papiste était touché par r Esprit., il criait contre la messe, et courait aux assemblées, tout comme les autres \ » 11 y a de bien curieux exemples de cette influence.

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