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L ENSEIGNE DE SHAKSPEARE

Stephen avait complètement oublié le pauvre Irlandais. En entrant dans le parloir, il reconnut Donnor endormi, et s'arrêta désappointé.

— Il n'y a que vous ici'' s'écria-t-il.

Donnor s'éveilla en sursaut ; sa main s'appuya tout d'abord sur son estomac.

— Oh ! murmura-t-il ; j'ai rêvé que je mangeais du pain ! Il aperçut Stephen et tressaillit de la tète aux pieds.

— Je n'ai pas rêvé, reprit-il ; j'ai mangé le prix de mon sang. Me voilà, Votre Honneur, poursuivit-il avec une tristesse calme. Je suis allé dans Saint-Gilles. La petite fille a des habits, et j'ai acheté du pain. J'ai eu tort d'acheter du pain, ajouta-t-il en soupirant, car le pain est bon et donne envie de vivre.

Donnor s'était levé et se tenait debout, les bras croisés, en face de Stephen, qui, harassé de fatigue, venait de se jeter dans un fauteuil.

— C'est bien, murmura ce dernier avec distraction. Je verrai à vous employer.

— Écoutez, Votre Honneur, dit résolument Donnor, pas de retard ! Maintenant que je ne souffre plus, je me sens des idées de vivre. Je n'ai que quarante ans, après tout. Finissons-en!

Le souvenir de ce qui s'était passé revint tout à coup à Stephen.

— J'ai besoin d'amis vivants, Donnor, dit-il avec un sourire involontaire, et je tâcherai de vous ôter l'envie de vous pendre.

— Votre Honneur ! Votre Honneur ! s'écria Donnor, dites-moi cela mieux et plus long. Ne voulez-vous donc point mon corps en échange de votre argent ?

— Assurément non, mon ami, répliqua doucement Stephen.

— Oh! fit Donnor, étouffé par la surprise.

Puis, il poursuivit avec un flot de volubilité sans pareille :

— J'aurais dû m'en douter. Et ne me l'aviez-vous pas dit déjà dans

Worship-Street ? mais je ne voulais pas vous comprendre, parce que j'ai bien souvent espéré. Mais quand j'ai vu que vous demeuriez dans cette maison, d'où les deux petites demoiselles m'ont bien des fois Jeté leur aumône...

— C'est donc vous qui avez parlé d'elles à ma servante ? interrompit Stephen.

— C'est moi, Votre Honneur.

— Vous les reconnaîtriez?

— Entre mille, sur mon salut éternel! J'ai parlé d'elles parce que vous m'avez dit que vous cherchiez deux jeunes filles enlevées... et. j'ai eu peur...

— Ce sont elles que je cherche, Donner.

— Ce sont elles ! répéta l'irlandais en joignant ses maigres mains, ce sont elles, les deux pauvres anges! Et les avez-vous retrouvées, Votre Honneur?

Stephen secoua la tête avec tristesse.

— Oh ! je les retrouverai, moi ! s'écria Donnoren saisissant le bras de Mac-Nab ; je les retrouverai, fussent-elles entre les griffes de ce démon à mille têtes, la Famille!

— Merci, Donnor, dit Stephen ; mais qu'espérez-vous ?

— La petite Loo a bon cœur, répondit l'Irlandais, et Snail est un garçon avisé. Si la Famille est pour quelque chose dans l'enlèvement des deux demoiselles, je le saurai. Au revoir, Votre Honneur, vous aurez bientôt de mes nouvelles.

Donnor descendit de toute la vitesse de ses jarrets le trottoir de Cornhill, en se dirigeant vers Saint-Paul. Il était toujours bien faible, mais sa figure avait perdu son aspect morne. Il allait le front haut, l'œil assuré.

Il s'arrêta, essoufflé, au bout de Fleet-Street, devant Temple-Bar.

— Où le trouver, maintenant, ce méchant enfant de Snail ? pensat-il ; Dieu sait où il loge, s'il loge quelque part! Il y a le public-house de Before-Lane ; mais c'est le soir, aux heures du spectacle. Il y a l'asile du Temple ; mais je n'ai pas le mot : on me refusera la porte. Ah ! il y a le spirit-shop de Shakspeare ! à deux pas d'ici. Mes pauvres jambes ont grand besoin de se reposer.

Donnor reprit sa course, passa sur la gauche de l'église de Saint-

Clément et tourna dans Wych-Street, où est situé le spirit-shop de Shakspeare, connu dans Londres entier pour élre le rendez-vous des voleurs de toute sorte. A cette époque, on voyait encore au-dessus de la devanture, badigeonnée d'éclatantes couleurs, la fameuse enseigne allégorique : un poisson ei un oiseau dans un globe de verre.

Nous avons peine à croire que les habitués de Shakspeare eussent besoin de cet avertissement symbolique pour craindre Newgate et la déportation.

11 était alors quatre heures de l'après-midi environ. Le parloir du rookery était presque vide. Cependant deux ou trois cases étaient occupées, et, dans l'une d'elles, maître Snail, revêtu du fameux costume de gentleman qu'il avait acheté deux jours auparavant dans Harte-Sireet, sur l'ordre du capitaine Paddy O'Chrane, jouait gravement au whist avec Tom Turnbull et deux autres hommes de la Famille. Tom avait le front bandé à l'aide d'un mouchoir ; mais, du reste, il ne gardait aucune trace de l'affreux combat soutenu par lui à The Pipe and Pot. Le gros Mich, moins heureux ou plus sensible, était entre les mains d'un chirurgien.

Dans une autre case, vis-à-vis d'un miroir suspendu à !a muraille, la petite Loo faisait sa toilette pour la promenade du soir. Elle avait disposé en boucles les masses abondantes de ses cheveux blonds, et passait sur ses joues hâves un tampon chargé de vermillon. La pâleur livide de la pauvre enfant perçait son rouge. Chaque fois qu'elle levait les bras au-dessus de sa tête pour arranger sa chevelure, l'effort arrachait à sa poitrine malade un râle plaintif et rauque. Elle s'arrêtait alors et buvait du gin.

L'infortunée présentait à elle seule un tableau complet de la dégradation hâtive où meurt en son germe une partie de la jeunesse pauvr» de Londres. Tout cœur honnête se fût empli d'une douleur profonde en voyant cette prêtresse impubère de Vénus anglaise, usée par les repoussants labeurs de ses nuits d'infamie, combattant l'agonie par l'ivresse, et chantant à travers le râle de ses poumons en feu.

Mais il ne faudrait point ici mêler à la pitié le mépris ou la colère.

L'homme qui sent donne une larme i ces tristes enfants que la main

du vice a flétris et va tuer ; l'homme qui pense cherche un remède à

cette lèpre hideuse et mortelle ; l'homme fort s'indigne et se retourne

contre le monstre qui pollue ainsi sa propre race, contre ce peuple pourri jusqu'à la moelle, contre cette capitale, grande prostituée experte à toutes hontes, dont la corruption colossale, mise a nu quelque jour, épouvantera le monde, et qui finira par s'écrouler, abîmée comme Sodome ou Ninive, sous le fardeau trop lourd de son ignominie.

Or, il y avait à Londres, en ce temps, un homme qui sentait, qui pensait et qui était fort. Cet homme avait un coup d'œil perçant et juste ; il vit l'excès du mal et leva pour le combattre un bras de puissance à renverser un empire. Mais peut-être Dieu veut-il un cœur pur aux ministres de ses vengeances, et cet homme s'était fait bien souvent du crime une arme pour lutter, un moyen pour monter et se grandir à la taille de son gigantesque ennemi...

Pendant que la petite Loo se parait, Snail poursuivait sa partie de whist avec ses trois camarades qui le trichaient.

— Trois et les honneurs ! dit-il en mêlant les cartes, gagné triple, mon camarade Tom. Qui est-ce qui dirait, en me voyant jouer comme cela vis-à-vis de vous, que vous avez presque tué Mich, mon beaufrère ?

— Pauvre Mich ! dit de loin Loo ; voilà trois jours qu'il ne m'a battue.

— Buvez, ma sœur Loo, buvez et ne nous empêchez pas de jouer tranquillement, nous autres hommes!

Le tour commença et s'acheva. On avait beau tricher Snail, il gagnait toujours.

— Honneurs égaux ! marquez trois points seulement, Tom, dit-il. Ma jolie Madge m'a conté cette nuit une histoire de tous les diables. Elle dit que milords de la nuit ont acheté Saunders l'Éléphant, l'ancien géant du cirque d'Astley, pour creuser une mine sous le palais du roi.

— Ce n'est pas sous le palais du roi, répliqua Charlie, le gros waterman, c'est sous le magasin des joyaux de la couronne, dans la Tour.

— Bonne idée 1 s'écria Snail ; ma femme Madge raconte des choses très-curieuses là-dessus. Elle dit que Saunders fait autant de besogne à lui seul que douze hommes.

. — Douze hommes comme toi, escargot bavard ! grommela Tom.

— Comme moi ou comme vous, Turnbuli : nous sommes tous deux des gaillards! Quant à ce Saunders: vous souvenez-vous? l'ar dernier, au cirque d'Asiley, il soulevait un cheval ! C'est Paddy, It capitaine, savez-vous, qui est le cornac de l'éléphant. Je lui demanderai de me faire voir cela.

— Le fait est que ce doit être joli, dit Charlie.

Loo toussa dans sa case et sa salive se teignit de sang.

— Je n'ai plus de gin, murmura-t-elle.

Puis elle ajouta en pressant de ses deux mains sa poitrine haletante :

— Le feu revient. C'est du ftu que j'ai là-dedans!

Ce fut à ce moment que la porte du parloir, brusquement ouverte, donna passage à Donnor d'Ardagh.

— Tiens! tiens! s'écria Snail sans se déconcerter; voilà le père! Vous feriez bien d'ôter votre chapeau, Tom Turnbuli. Ma sœur Loo, faites la révérence, je vous prie.

DONNOR

A l'aspect de Donnor d'Ardagh et de son habit noir en lambeaux, le premier mouvement des bandits assemblés dans le parloir fut de rire, mais l'honnête visage du pauvre Irlandais portait en soi quelque chose qui commandait l'intérêt.

— Ah! c'est ton père, cela, Snail, dit Tom en touchant son chapeau ; diable !

Le gros Charlie et l'autre joueur firent un signe de tète amical.

— Oui, c'est mon père, s'écria Snail, mon brave homme de père qui vient boire avec nous, pardieu !

Donnor se laissa tomber sur un banc et tâcha d'étancher, avec l'aide de ses deux mains la sueur de son front.

— Voulez-vous boire, daddy (papa)? demanda Snail; je vous pré-

sente ces trois gentlemen qui sont mes amis et mes camarades. Les trois genllemen firent trois saints tels quels.

— Si ma femme Madge était ici, poursuivit Snail en relevant son col avec une gravité grotesque, je vous la présenterais, daddy.

Donnor regardait son fils avec un muet étonnement. Le ton de Snail avait été, depuis le commencement de cette scène, sans aucun mélange d'irrespectueuse raillerie. Le petit drôle était arrivé à ce point de pouvoir dire toates ces sottises de la meilleure foi du monde.

— Je n'ai pas soif, dit enfin l'Irlandais avec effort ; vous avez de beaux habits, Snail.

— Oui, daddy; ma toilette est celle de tous les gens comme il faut.

— Pauvre Nell ! murmura Donnor.

Snail n'entendit pas.

— Daddy, reprit-il de ce ton de bonne amitié que prendrait un fils honnêtement parvenu en face de son père resté pauvre, vous ne vous soignez pas assez! Vous êtes maigre comme un paratonnerre! N'estce pas Tom ?

— Laissons cela, enfant, dit Donnor avec une gravité pleine de tristesse ; je ne suis point venu ici pour m' occuper de moi. Où donc est votre sœur Loo?

— J'avais engagé Loo à venir vous faire la révérence, comme c'est son devoir. Elle sera ivre, peut-être ; c'est la moindre des choses. Mais où diable est-elle? ajouta-t-il en parcourant le parloir du regard.

Loo avait disparu.

— Par exemple, voilà qui n'est pas bien, reprit Snail d'un Ion sentencieux. Que diable! il faut savoir un peu se conduire. Loo! ma sœur Loo !

— Assez, Snail, dit l'Irlandais, je vous parlerai seul.

— Du tout, daddy, Loo est la sœur d'un gentleman et ne doit point agir comme une fille sans aveu. Loo!

On entendit le bruit étouffé d'une toux convulsive.

— Celte toux est affreuse, murmura Donnor.

— Avec du gin on la fait taire. Tenez! je vois le bout de sa robe.

Il s'élança et tira le bras de Loo cachée derrière la cloison d'une case. La pauvre petite pouvait encore avoir honte devant son père qu'elle aimait. Snail la poussa au-devant de Donnor en disant :

— Faites la révérence au daddy, Loo !

La petite fille, confuse, mit ses deux mains sur ses yeux humides.

— Père! oh! père,! murmura-t-elle en pleurant.

— Elle ressemblait à Nell pourtant autrefois, pensa Donnor. Nell a ^ien fait de mourir !

Loo se tenait toujours devant son père, immobile et les yeux couverts de ses mains. Donnor lui mit au front un baiser en levant son regard humide vers le ciel.

— Que Dieu ait pitié de vous, ma fille, dit-il.

— Oh! murmura Loo, je vous aime, daddy... et je pleure quand je pense à vous!

Donnor fît un gesie de muet désespoir.

-— Diable, dit le gros Gharlie, ça commence à m'ennuyer !

— Cet habit noir est un vrai rabat-joie, répliqua Tom Turnbull. Mais il a l'air d'un brave homme.

— Vous me faites pleurer comme un enfant, s'écriait pendant cela Snail, qui, réellement, s'était ému sans trop savoir pourquoi. Un gentleman ne doit pas pleurer, que diable! Allons daddy ! allons Lool assez de jérémiades comme cela, et vive la joie!

Un regard de son père lui ferma la bouche.

— Du diable si on peut rire avec vous, ciàddy, grommela-t-il.

— J'ai à vous parler, dit doucement Donnor.

— Me parler, daddy? répéta Snail. Quelque secret de famille, ajoutat-il en se tournant vers ses camarades. Je suis le fils aîné, l'héritier présomptif!

— Faites vos affaires, monsieur Snail, dit gravement Tom Turnbull.

Donnor conduisit ses deux enfants à la case la plus éloignée et s'assit entre eux. Turnbull se prit à mêler les cartes. ' — Le fait est, dit-il avec une sorte de sérieux, que si j'étais le père de deux vermines semblables, je les écraserais l'une contre l'autre, laoi!

— Bah! grommela Charlie, Loo n'a pas quinze jours à vivre, et

Snail ne fera pas longtemps attendre le gibet. Tu perdrais ta peine, Tiirnbull.

Le pauvre Donnor d'Ardagh avait promis à Stephen plus qu'il ne pouvait tenir. Snail ne savait rien, Loo ne pouvait rien savoir. Snail jura qu'il s'informerait. Trois jours se passèrent ; au bout de ces trois jours, Stephen n'avait encore aucun indice qui pût le mettre sur la trace des deux sœurs.

Donnor, cependant, ne se décourageait point. Il allait, tant que durait le jour, furetant, épiant. Le soir, il rendait compte à Stephen des efforts de sa journée, et s'accusait amèrement de son impuissance. Donnor appartenait à Stephen plus complètement que si le jeune médecin eût accepté le fantastique marché proposé naguère devant la porte de Mr Bishop, dans Worship-Street.

Stephen luttait avec son énergie calme et le sang-froid de son courage contre l'accablement qui le gagnait. Sa mère gardait le lit, et Mac-Nab partageait le temps que lui laissait l'activité de ses recherches entre le chevet de la vieille dame et le chevet de Frank Perceval. Ce dernier était en voie de convalescence.

Depuis cette nuit de veille qui avait précédé la fatale nouvelle, f»ette nuit où le monologue de Stephen s'était rencontré d'une façon «^i extraordinaire avec le rêve de Perceval, le jeune médecin n'avait point eu le temps d'entretenir son ami. Ses visites n'avaient été que de courtes apparitions où il se hâtait de faire son office de médecin, pour s'échapper aussitôt après et reprendre sa tâche. Il n'avait point cependant oublié son dessein d'interroger Perceval. Loin de là, son désir s'était accru parmi les circonstances funestes où il avait passé, parce que l'enlèvement des deux sœurs se rattachait, pour lui, par lin lien qu'il ne savait point définir, au sujet de ses sombres méditations durant la nuit de veille.

Le soir de ce troisième jour, il quitta sa mère à la brune et s'achemina vers Dudley-House, résolu à tenter de découvrir ce qu'il pouvait y avoir de commun entre le rêve de Perceval et ses propres souvenirs.

— Eh bieni ami, s'écria Frank en l'apercevant, quelles nouvelles ?

— Aucune, répondit tristement Stephen.

. — Pauvre Mac-Nab! que je voudrais être debout pour vous aider dans vos recherches. Pensez-vous que je me puisse lever demain ? Slephen lui tàta le pouls et l'examina.

— Peut-êlre, dit-il; vous êtes mieux Perceval; on ne peut plus craindre de vous faire parler; et j'ai d'importantes questions à vous Taire.

— Des questions? répéta Frank étonné ; que pouvez- vous avoir à me demander qui nécessite un début si solennel?

Stephen essaya de sourire.

— Mon Dieu 1 dit-il, ce que j'ai à vous demander n'est rien moins que solennel. Au contraire, il s'agit d'une circonstance futile et qui emprunte tout son intérêt à un souvenir terrible.

Stephen raconta ici en peu de mots ses sombres méditations, tandis qu'il veillait au chevet de son ami blessé. Il parla de sa jalousie, de l'inconnu de Temple-Church et delà vague ressemblance qui existait entre cet homme et l'assassin de son père.

— Quelque chose manquait à cette ressemblance, Frank, ajoutat-il; quelque chose dont je ne pouvais me rendre compte... et c'est vous qui, en rêvant, avez mis fin à mes incertitudes.

— Comment cela? dit Frank, qui avait attentivement écouté.

— Je cherchais le trait, la chose qui manquait à cet homme pour ressembler parfaitement au meurtrier; et vous avez prononcé le nom de la chose qui manquait.

— Ah! fît Perceval.

— Vous avez dit : La cicatrice...

— La cicatrice! répéta Frank, qui pâlit et se souleva à demi.

— Puis vous avez dépeint cette cicatrice.

— Ah! fit encore Perceval, mais cette fois avec une vive émotion. Et, dites-moi, ai-je prononcé le nom du marquis de Rio-Sanlo ?

— Non, répondit Stephen qui, à son tour, s'étonna ; vous savez donc ce que je veux dire?

Frank tourna la tête vers le portrait de miss Harriet Perceval qu'éclairaient confusément les derniers rayons du jour.

— Oui, Stephen, oh! oui, murmura-t-ii, je sais ce que vous voulez dire. Pauvre sœur! ce rêve me vient souvent.... et c'est un horrible rêve î

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