IIS LA GROSSE PICOTTE
Lorsque Ursule entra chez ses parents, après 8a rencontre avec Bénoni au Jardin-Viger, deux heures venaient de sonner à une grands horloge au tic-tac mono.
tone placée dans un coin de la salle à mavger.
Ursule fut surprise en entraut dans l’appartement de voir sa mère en grande conversation avec M. Cardinal, de la police sanitaire.
La mère Brind’amour hochait la tête et ne paraissait point partager les idées de l’homme de police,
—Fooutez-moi, lui disait l’ins pecteur, c’est l’cflicier de santé qui m'a envoyé ici, (C’est la deuxième fois que je vous préviens en ami. Il faut que vous fassiez nettoyer votre cour pas
lus tard que demain, sinon votre
Alaine,
L'homme de po'ice sanitaire renouvela sa menace, en griffonvant quelques notes sur ue feuille de papier qu'il avait tiré d’an portefeuille gras, il dit bon:
jour à la dame et sortit de la maison.
Après son départ madame Brind’amour se tourna du côté d’'Ursale et lui dit :
—Tu vois ce qui sous arrive.
Je te gage que les Saneïaçon sont encore au fond de l’atfaire.
Ursule après s'être débarrassée
d’une partie de ss toilette s’assit
près d’une table et se porta la
main au front en disant qu'elle
souffrait d’un violent mal de tête.
Elle pâlit et parut sur le point de tomber en défaillance. Sa mère voyant que ls maladie était grave la fit coucher sur son lit.
Les services d’un médecin étaient urgents.
La mère Brind’amour alla sur sa galerie et appela Ti-Pite,
Celui-ci ne tarda pas d'arriver,
Ti Pite était le véritable type du gamin de Montréal.
Outre la vente du Canard, il exerçgait le métier de cireur de
RTL MES
De au coin de [3 Place Ja.
ques- Cartier,
portait un vieux feutre qui avait essuyé les ravages de dix automnes sur Ja tête de son père.
Ce feutre était percé À certains endroits et laïissaient passer quelques mèches de ses cheveux mal peignés.
Ba ch-mise blone carreantée n'avait pas été chaugéo depuis quings jours.
Ses pantalons étaient composés d’étoffes aux couleurs et aux nuances ‘ } plus disparates. Les pièces s’y appelaient légion. Les pautalons de Ti Pite étaient retenus en sautoir depuis. l’épanle -ganche jusqu’à la hanche droite.
Ses souliers craquelés et veufs de leurs lacets, n’avaient plus qu’on rudiment de semelle.
Le reste de son costume était à Pavenant.
—Ti:Pite, dit: Madame Brind'amour tu vas aller cri le doëteur,
—Y a desimites pour couriran diable au vert. Le docteur äit qu'il ne viendrait pas nous eoi gner paroc que poupa a pas payé le dernier compte.
—Ta vas aller en cri un autre.
Qa presse, Tu iras chez le do> teur Bibaud. Hourra dépêche-toi.
- Bontnne ta bougrine, amarre ta cravate comme y faut et range ton aste pour avoir li palette par de-
LME CP 70 vant. Tache & pes A Pair polison, Amuse-toi pas en chemin.
Ti Pite détala en disant : Je cré ben que notre chien est mort chez le docteur.
Une heure plus ‘tard -Pite rentra dans la maison paternelle tout bourré de sang.
—Qui estce qui ta équipé comme ça? demanda la mère Brind’amour, As-tu vu le docteur ?
—Oui, moumar, répondit Ti- Pite. Les petits Irlandais m’ont attsqué au coin de la rue Lagrossechaudière et de la rue J acques- Cuùrquier, comme je revenais de ch le docteur. Je léur disait rien
et ils ont foncé sur moi. Ils étaient :
trois et je les ai poqués l’un après autre. Une gang s’est mise après moi et ils m'ont garoch$ avec des cailloux. Le dosteur y’ dit qu'il viendra betôt.
Madame Brind’amour prit son garçon parle bras et letonduisit près de l’évier et lui débarbouilla le visge.
Quelques minutes après le doc.
teur frappait à la porte de la çuisine.
Madame Brind’amour conduiait le médecin au chevêt d'Ureule qui paraissait en proie à une fièvre ardente accompagnée de délire,
Le docteur prit lé pouls de la malade et compta les pualsations,
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