‹ Les mystères de Paris (volume 2)Chapitre 24 sur 96 · ACTE il, TABLEAU II, SCE^E III · texte numérisé non relu

ACTE il, TABLEAU II, SCE^E III

M'^e PIPF.LFT.

Eh bien ! vous clcs-vous bien amusé hier au spe^acle ?

GKHMAI>.

Beaucoup... Mais j'y pense, voilà votre passepartout que je vuus rends. Dites donc, il parait que vous n'êtes pas sé\crc pour tout le monde comme pour moi. Vous répétez toujours : Personne ne doit rentrer plus tard que minuit... Passé niinuit, je ne tire plus le cordon à personne.

M™'- PIPELET

C'est touj.iurs comme ça dans les maisons sévères.

CEUM.ilX.

C'est égal , hier soir, ce Yi'élait pas la peine de me donner votre passe-parlout pour aller au spectacle.

j^me PIPELET.

Pourquoi donc ça ?

GEUMAIX.

Puisque après que j'ai été rentré, vouî avez encore ouvert la portcà quel(|u'un.

jinio PIPELET.

Par exemple! le dernier rentré a été M. Férand, à dix heures moins un quart ; à preuve qu'à cause du mauvais temps il s'était entortille dans son manteau, que je ne l'ai reconnu qu'à sa voix el à ses lunettes vertes.

GERMAIX.

Comment! vers minuit, personne ne vous a demandé le cordon ?

M»nc> PIPELET.

■^'"'^ quel propos me dites- vous ça ?

GERMAIX.

Parce qu'en rentrant, je me suis croisé sur l'escalier avec quelqu'un qui descendait.

«me PIPELET.

Quelqu'un de la maison ?

GEUUAIX.

Non, quelqu'un que je ne connais pas.

jime PIPELET.

Bah ! vous rêvez.

CERMAIX.

Je rêve si peu, qu'à la clarté de mon bougeoir, sans bien voir sa figure, j'ai remarqué qu'il avait une grande barbe rouge. Vous avez dû lui ouvrir la porte.

Mme piPEIET.

Du tout. Eh bien ! voyez-vous, c'est que vous ne l'aurez pas bien fermée, vous.

GERUAIX.

Je vous assure que si.

Mine PIPELET.

Ah ! je suis béte, c'est mon vieux chéri qui lui aura ouvert, el qui n'aura pas voulu m'éveilicr.

GERMAIX.

 la bonne heure... ça devenait inquiétant

Je monte à mon bureau... je suis un peu en retard, et M. Férand doit m'atlcndrc.

(Germain «ntrc dans Iç corps de l()8is dç Férand.)

scènl: III.

Mme PIPELET, RODOLPHE, entrant sur les

derniers mots cl cxainiiiaiii U niaisou.

RODOLPHE, à paif.

Ce doit être ici ! Quel pent être ce M. Férand chez qui la comtesse Sarah nie donne un rendezvous pour ce soir?... Est-ce quelque piège!... Hélas! l'espérance avec laquelle elle m'attire est une espérance insensée.

aime PIPELET, se rclournant.

Monsieur, où aliez-vous?

RODOLPUE.

Madame...

M"'C PIPELET

Monsieur, chez qui allez- vous? On ne s'introduit pas ainsi dans les maisons.

nODOLPUE.

Madame, j'avais vu un écriloau à celte porte et je venais savoir quel appartement était à louor. aime PIPELET.

Celui du premier...

RODOLPHE, â part.

Tâchons de la faire causer. (Haut.) Si, comme je l'espère, cet appartement me convient, je vous prierais, madame, de vouloir bien vous charger de mon modeste ménage de garçon.

aime PIPELET.

Comment donc, mosineur, mois avec délices ; vous serez servi comme un prince pour six francs par mois ; nous ne serons pas pour vous des portiers, mais des amis.

nODOLPHE.

Mais dites-moi, madame...

aime PIPELET, avec une révérence.

Pomone-Fortunée-Diane-Anastasie Pipelet.

KODGLpnn.

Pourrais-je, madame Pipelet, vous demander sans indiscrétion qui habile tcttc maison ? Vous concevez, quand on vient loger quelque part...

aime PIPELET.

Comment donc? monsieur, rien de plus naturel... La maison est très bien composée, monsieur, tous gens conmie il faut... Nous ne parlerons pas du premier, puisqu'il est vacant... tout ce que je peux dire, c'est que le dernier locataire est un fier gueux qui a empoisonné et qui empoisonne encore la vie de mou vieux chéri d'Alfred, mon époux.

Ah : mon Dieu ! quel était donc ce malheureux ?

aime PIPELET.

Un peintre, nommé Cabrion, que Dieu le confonde : il en a lanl fait à Alfred, qu'il en csl comroc

a LIvS MYSTÈIU-S DE PARIS.

ilbruti, In p.mvre clicr lioinme... Pardorfif monsieur... (Appelant Rigolettc.) N'allez donc pas si vile, madeiiioiscllc RîgolcUc. (A RcJoiplic) Une pcilc de pclilc ouvrière tiui habile une clianibre du second... leirne toujours paye d'avance.

oooooocf-eooooe&cccoooccioocooococococoiiOvoooccsooco

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