‹ Les mystères de Paris (volume 2)Chapitre 47 sur 96 · ACTE 111, TABLEAU IV, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE 111, TABLEAU IV, SCENE V

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CERMAl.N.

Mademoiselle Rigolette, je vous aime.

RIGOLKTTE.

El moi donc !

CEUMAIX.

Vous m'aimez ?

KIGOLETTE.

Certainement : vous êtes bon, complaisant, doux... est-ce que je peux ne pas vous aimer?

GUUMAIX.

Mais dites-moi, bien vrai, bien vrai; commcnl est-ce que vous m'aimez ?

niCOLETTE.

Bien vrai, bien vrai, je vous aime comme un excellent voisin.

GEIIMAIX.

Mais ce n'est pas cela, je voudrais cire aim6 comme amant.

RIGOLETTE

Comme amant ! Ah ! bien par exemple, voilà une idée folle ! comme amant ! Esl-te qticj'ile temps 1

GERMAIN

Qu'est-ce que le temps fait à cela?

RIGOLETTE

Le temps ! mais c'est tout pour moi... Ah bien ! je n'aurais qu'à cire jalouse, à me faire des peines de cœur 1 Eh bien ! est-ce que je gagne assez d'argent pour pouvoir perdre deux ou trois jours à pleurer, à me désoler? et si on me trompait... du désespoir ! C'est pour le coup que je serais terriblement arriérée.,.

GERMAIX.

Mais si je demande que vous m'aimiez, cTst pour devenir voire mari.

Mon mari ! mais vous êtes pauvre comme moi.

GERMAIN

J'ai un vieil oncle qui me laissera au moins mille écus.

RIGOLETTE

Mille écus ! Oui, mais en attendant nous n'aurions rien. Voyez les Morel... voilà où ça mène.

GERMAIN

Mais vous avez beau travailler, si vous tombiez malade ?

RIGOLETTE, riant.

Moi, malade! eslil drôle... Ah ça! pour qui voulez -vous donc que je tombe malade? Je mange à ma faim, je bois à ma soif, je dors comme une marmolte, je chante comme une aiouelle, j'ai de l'ouvrage, dix-huit ans. . le creur libre, joyeux... Est-ce qu'on tombe malade avec ça.

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