ACTE lY, TABLl'AU Vil, SCIiNE I
BENOIT, à Barbillon , qui écoule au gulclict de
gauclic.
El loi, à Ion guichet,
BAI'.BILLOX.
Le nouveau venu dhicr esl toujours à l'insliuclion.
BliNOIT.
Veille bien, car ce Germain, avec son air fier el son désespoir, il ne me va pas du lout. (Se tournant vers le groupe du poêle.) Eii bien ! lu bâilles, l-iquevinaigre?
PIQCEVIXAIGRE.
C'est vrai, je ne suis plus en train de conter... C'est l'appé-lit qui i!:'6k' la parole; mais une autrefois je vous dirai Gringalet et Coupe-en-Deux. Ah! (;a, voyez-vous, c'est une histoire à faiio desrendre les oiseaux des branches pour vous écouter.
BAiiBir.Lox, se rapprocliont, à nii-toix.
Le Germain, le Germain !
(FJcDoIt pousse lui cri : François saute hors du trou et Tcut Icndrc la maiii à un autre prisonnier qui y est encore et qui déjà lève le bras, mais au bruit des ïcrroux de la porte de gauche, Benoit met le picil sur la dalle qui retombe; les groupes, qui ont taché à Piqueviiiaigrc ce qui se passait, se dispersent. Germain entre par la gauche et va s'asseoir triitcmcr.t dans un coin ; les prisonniers s'éloignent de lui, exccp:é Piquevinaigre. Le Maître-d'iilcole revient du fond.)
FRANÇOIS, bas à Benoît.
Comment laulre va-t-il sortir de là, maintenant "que le nouveau est ici ?
BE.NOIT, bas.
Dame! il faudra qu'il attende le signal. (Au Maiirc-d'Ecolc.} Es-tu sur de lui encore?
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Comme de inoi-méine ; il a eu de la peine à se décider à voler, leChourineur, mais il s'y esl bien nus à ce qu'il parait ; il a même brise un volet, el quoiqu'il ne soit ici que depuis ce malin, vous avez vu qu'il n'a pas hésité à travailler avec nous. BENOIT, ù Fraiiçois,
Tout est-il prêt ?
FRANÇOIS
Il n'y a plus qu'un plancher à soulever, el on est dans une maison voisine; le camarade ne fait plus qu'élargir le passage.
riQlEViNAiGiiE.bas ù Germain.
N'ayei pas l'air lri>te comme cela... ils vous regardent d un mauvais œil; il faut prendre son parti... ne pouvant être ni courageux, ni fort, je suis bavard. (,Cris à mi-voix.) Le gatOicn ! le gardien !
LE PÈRE BOUSSEL, entrant.
Eb bien 1 est-on sage par ici ?
BENOIT
Comme des anges, comme des pcUU ange».
LE PÈRE ROUSSEL
A midi vous allez passer au piéau ; à cause des réparations qu'on fail au bâliinenl, celte salle va servir de parloir.
(Le gardien reste au fond avec quelques détenus.) LE MAITRE-D'ÉCOLE.
Alors, c'est ici que je vais recevoir mon homme ■ d'affaires.
BENOIT
Toi, un homme d'affaires!
LE MAITRE-U'ÊCOLE.
Te rappolles-lu un particulier qui avait une
iîi.rbe ronge et qu'on voyait quelquefois dans ta
Cité?... Il va venir ici prendre mes ordres, mais
sans barbe rouge el déguisé en honnête homiiîe.
GERMAIN, à part.
Quel soupçon !
LE MAITRE-DÉCOLE.
Hier, quand, avec François, nous avons clé arrêtés en arrivant dans la Cité, je lui ai écrit ; il va venir. Tout ce que je voudrai, il !e voudra, el si les amis ont besoin de quelque chose , il faudra bien qu'il obéisse.
LE PÈRE ROCSSEL.
Au préau : au préau 1 il y a là des visiteurs. CNE vois, en dehors du guichet de droite. Duresnil, dit le Mailre-d' École?
GERMAIN, à part.
Je vais savoir si je me suis trompé.
LE maitke-d'école, voyant entrer Férand.
fjuand je vous disais... le voilà.
germain, sarrctant près de Férand, pendant que les autres prisonniers sortent.
Monsieur Férand, je ne suis plus inquiet sur le sort des Jloiel.
FÉKAND.
Comment ?
GERÎIAIN.
Vous vous chargerez de leur avenir...
lÉRAND.
Pourquoi cela?
GER3IAIN.
Parce que c'est vous qui avez volé le diamant.. . parce que vous êtes reconnu... enfin'....
FÉRAND
Monsieur, je ne comprends pas les énigmes. Cela ne m'empêchera pas d'aller lout à Iheure :ccomniander votre aiïaire au groITe. Si vous aver quelque chuse à dire, vous pourrez parler qua:;d il vous plaira.
GERMAIN
Soyez tranquille, je parlerai.
FÉRAND, bas, au Maîirc-d'r.cole.
Regardez bien ce jeune homme...
LE rÉRE ROUSSEL.
.Vu préau ' au préau !
'.Gerinain sort avec le gardien. 1
oc0ooe«e»o oo«c6«oecc©eoeaooooooooe«ocooeoo«oo«oo©oo
SCÈNK IL
FÉRAND, LE MAITRE-D'ÉCOLE
LE MAITre-d'ùcolt:, qui a regardé sorlir Germair» Je le connais... Que lui voulez-vous?
FÉltAND.
Tout à Ihcuro... jMais comment ctcs-vous ici? Je vous croyais au thàleau de Mme d'ilarvilie...
LE BIAITUE-D'ÉCOLE.
J'y suis allé... j'ai réussi...
FÉIIAND,
Vous ave? retrouvé rieur de Marie?
Li: maitre-d'école.
Vos indications étaient excellentes.
FÉKAND.
Elle est entre vo? mains?
LE MAITKE-KÉCOLE.
Ce n'a pas été sans peine...
FÈI{A^■D.
Vous me la ramenez ?
LR MAITUE- d'école.
Un instant! il y a compte à faire.
FLllANU.
Voyons ! (Us s'asseyent.)
LE MAITlîE-D'tCOLE.
Après avoir conduit Fleur de :Maric en lieu de sûreté, et après avoir semé (juclqucs uns de ses véîemenssur le bord de la Seine, pour faire croire à sa mort volontaire, j';ii eu In niailiciireusc idée de revenir à Taris. En arrivant dans la Cité, j'ai été arrêté, conduit ici; mais, instruit par la Clioiiellc de votre double personnage, j'ai pensé que nous étions assez tinis par le crime pour compter sur votre secours, et je vous ai écrit. FÉBAKD, voyanl une ta'queuc coiunnaiit ilc la terre,
et oulUiéc sur le l)anc par un prisoiiiiier, à part.
De la terre !... C'est ciraitgo.
LE SIAITRE-d'lcole , nvoc une sombre aincrtuino.
Savcz-vousquc c'est une grande découverte qu'a faite là la Cliouelle. Ah! vous êtes l'Iionuiie à d-iubic face... Ah 1 c'est vuuskî complice de vousmême ! confident à barbe rou:c de riiommc daiïaires à laocttcs vertes; Comme votjs comptiez l'un sor l'autre î quelle discrétion! quelle obéissance!...
FÉnAjiD, «fui a suivi «le^; tracp«, à part.
Encore de la terre ! (La dalle «c soulève un pco, Cl l'on apcrroii un haut <lc lèie qui écoule. Té; juJ ne pcr.1 rioii (le ce Jeu t)e sdm. Apercovani la dalle soulevée. Jlam.) As'icz ! vous pouvez me perdre, mais vous éles un bomnie de «ens, nous pourrons nous «ntcndre...
LE MAITIlF,-D'i;COLC.
8oJf ! msit j» rtofe v»iM «firr franchement qw
je suis disposé à abuser de l'avantage que j'ai sur vous.
FÉRAND, allant du côté de la dalle, qu'il frappe de sa
canne.
Votre ironie est amèrc... Parlons sérieusement.
Quel prix mellez-vous à votre silence? (Frappant
la dalle de sa canne. — A part.) Ce doit être là...
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Si vous n'étiez qu'un scélérat sans consistance, vous en seriez quitte pour une douzaine de mille francs... mais l'austérité que vous avez airichce , mais la haute probité de votre caractère, mais la confiance illimitée à laquelle vous avez fait croire, augmentent nécessairement mes prétentions. Je ne vous demanderai ccpcndanl que dix raille francs par mensonge.
fï;ka>d.
Trente raille francs ?
LE MAITKE-d'ÉCOLE.
El plus tard nous nous reverrons.
FÉRAND , introduisant le bout de sa canne sous la dalle.
Nous nous reverrons.
LE MAITRE-D'ÉCOLE , lui saisisi^ant le bras. Grand Dieu !
FÉRAND
Plait-il ?
LE M.\iTr.E d'École.
Rien.
FÉRA>D
Si fait. Il me semble qu'il y là un coarant d'air.
LE MAITRE-DÉCOLE.
Ah bien ! on pense bien à cela ici.
FÉRAND , sotilevôiit la dalle.
On a tort , il n'y a rien de dangereux comme les couratis d'air... Je vais prévenir le gardien. LE BJAITKE-DÉCOLE, l'arrêtant vi\enient.
Grâce ! depuis trois mois on travaille à ce souterrain.
FÉRAND, impérieusement.
Où est Fleur de Marie?
(La (lalie se soulève et on voit la tèlcd'un liomiîic qui écouic. )
LE .MAIIRL-D'ÉCOLE.
A l'ilc des Ravageurs ; cl la Martial doit m'altendre avec elle, ce soir, au pont d'Asuicrcs.à sept luHires.
FÉRAND
A la bonne heure !
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Mais comment avez vous pu savoir que cette dalle?..,
lÉBAND.
Ce jeune homme que je voii;; ai fait renmr.^uer au inomeiil uù il soilnil... (A part.) Germain, Ui» '«•n^ranpf m ir frr» fwts 1n*ic-i#-m|« tif^tirh*.