I.E !\JAiTr.E-D"Éf.OI,E
Il cit resté en observation à la loîc de rilc. Tiens 1 le voilà !
)ii;NOlT , à François.
Qu'est-ce qu'il y a ?
FIIANÇOÎS.
Vu i;;.ileau (lui descend à i'ilc.
BENOlîi
Bes gciulannes ?
FUANÇOIS.
Non ! Il n'y a dedans qu'un hofur.ic qui ruuie, ♦H à la proue quelque chose de blanc.
BARBILLON , à la fcnèlic du fond.
Ils abordent.
BENOIT, qui csl aussi .'i la fenOirc.
Ce blanc , c'est une femme évanouie qu'il emporte. Il vient de ce côté.
LE siaitre-d'École, à la porte.
Mes amis , c'est Férand ! ( A la cantonade. ) La Martial , reçois-le , et envoie-Ic par ici. (Il ferme la porte.) Ne vous montrez pas, le voilà qui eiilro, écoutez ce qu'il va dire à la Slartial. BENOIT, écoulant.
Il lui recommande d'aliuJTii'r du fou et de faire revenir la jeune lille.
►LE MAITUE-D'ÉCOLK, regardant par le trou ds la
serrure.
C'est Fleur de Marie! vivante... (A pan.) Entre
les mains de Férand ! V\Tincu, toujours vaincu
par lui!... Que Satan m'oii'ie une revanche, et je
la prendrai large et belle.
BENOIT
A vous! le voilà.
( Ils se reculent vers le fond , ci Féiand entre sans les voir. )
SCÈNK II.
Les mêmes, férand.
FÉRAXD , se croyant seul.
Eîicorc une fuis le sort in'cst favorable; je ne fuirai pas seul, elle m'accoinp.igncra.
le maitbe-d'école , venant à lui.
Et moi qui craignais ds vous faire altciidie, làbas, au pont d'Asniéres.
FÉEAND , surpris.
Vous ici !
LE MAItkk-o'lcole , monlrimt les autres qiii s'avancent.
Avec quelques amis.
1 i;nAND.
Un piège?...
LE MAITRE-!/ iiCOf. F..
Votre discrétion , ce malin , nous a rendu un grand service; il faut que votre générosité achève une œuvre si bien commencée.
FÉRAND
Qu'cnlendez-vous par là ?
LE BIAITRE-D'ÉCOLE.
Nous fon;mes obligés de partir, cl nous n'avons i pas de quoi payer les frais de voyage.
' FÉRANO.
I La position est embaiTassante!
LE BlAlTRE-D'tCOLE.
Moins, depuis que vous êtes là.
FÉRAND
j'aime les qiic?lions nettement posées.
1 1>; iVv>i ! fît-s DE PAti'S,
DîS MYSTERKS DE PABIS,
LE MAITRE -D'ÉCOLK.
Vo il qui ne Inisscin rjen à disiicr. Vous allez doimor à l'un de nniis un énil (pii lui IVra ouvrir, rue du Temple, grandes el pcliles porles; vous lui donnerez encore elés de bureau, sccrél.iire, elc, et , quand il sera de retour ici, avec un résultat salisf.iisirit , vous pourrez vous en aller, comme chacun de rious, dans un pays où les yeux soient moins ouverts et les portes de prison moins béantes.
FÉKA>D.
Et si je refusais?
LE siAiTRE-D'icoLE , lui montrant un stylci.
Il c^■l empoisonné.
BENOIT
Et la rivière...
Ffcn.VND.
Voilà qui est net, et je réponds d'une manière non moins précise : Je vais donner l'écrit que vous dicterez , je remettrai les clés , etc. Votre envoyé visitera tout avec soin , et, à son retour, je ne serai pas surjjris , mais vous serez bien désappointés du niaigic bnlin pour Ic(iucl vous aurez risqué son cou et le vôtre.
LE MAITRE-O'ÉCOLE
Le trésor est donc délogé ?
FÉRA>D
mauvais plaisant... Est-ce qu'on n'a pas tout saisi chez moi ?
Br.NOlT.
Il nous faut de l'argent, cnlendez-vous? De plus honnêtes que vous y ont passé, pour le même motif; ainsi, de l'argent, beaucoup d'argent... Comment? je m'en moque... arrangez-vous, et vile, mais j'en veux.
FÉnA>D.
Je vais vous dire aussi ce que je veux. Vous allez tous partir, même la femme qui est là, et vous me laisserez tout à l'iicure, à l'instant , seul dans cette ile avec Fleur de Marie.
LE MAITUE-U'ÉCOLE.
Elle a mes secrets!
rÉUAND.
Soyez tranquille, elle ne vous trahira pas. Combien y a-t-il de bateaux ici?
LE maithe-d'lcole.
Le nôtre , un là- bas , au bout de la pointe de rilc, et celui que vous avez amené.
FfcnAND.
Et au bout, de l'autre (ùté?
LE llAITIlF.-ni.COLE.
Pas un.
I l'.n.iNn.
En dél.arquant, vou>; ferez couler votre bateau de manière à iiu\\io personne ne puisse venir ici. BtlfOir, prOl i éclater.
Ab ca I...
LE Vir.m D EJ JÎ.S.
]^coulc-le donc.
Et de ce moment, ici, en France, ailleurs, partout , j'aurai le dioit de tuer celui qui fera un geste, dira un mot, indiquant qu'il me connaît.
LE .«AITUIinÉCOLE.
Diable! les conditions sont dures.
ri: H AND.
Parce que le prix est magnifique.
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Quel est-il ?
FÉKAND.
Une fortune.
TOUS
Une fortune!
BENOIT
Si lu liens ce que lu promets là, je te jure au nom de tous, et ces scrmer..' là on les tient, je le jure que tout ce que tu veux sera fait... Maintenant, parle.
Fi-K\ND, montr.int le Mailre-d'École.
C'est à lui de parler.
B' NOIT
Comment !
FÉRAND.au M.tîirc-d'Ecole. Est-ce que ce n'cjt pas celle nuit que le prince de Gérolslcin épouse la marquise d'Harvillc?
LE MAJTP.E-.n'LCGLE.
Oui.
FÉRAM).
Est-ce qu'il; ne doivent pas partir aussitôt après la cérémonie?
LE MAITUE-D'ÉCOLE.
C'est vrai encore.
Fi';nAND.
Leur roule n'esl-elle pa« de traverser le bois de la Garenne, qui entoure le château ?
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Parfaitement oxacl.
FF.UAM).
Combien f.iudrait-il dhommcs déterminés pour arrêter la voiture malgré les postillons et les domcsli(|ues, et s'emparer de la casselle du prince contenant trois cent mille francs et les diamans de la marquise estimés le double.
LU MAITRE-D'ÉCOLE
Six hommes...
FÉRAND
Comptez-vous?
LE MAITRE D'ÉCOLIÎ.
Il a taison... c'était l'hoimie de cohfî.nncP de M""?d'llarvi!le; il a du lui remeilre... IlC'^t notre ami , notre sau\eiir! je le crois .. nous devons le croire.
TOLS.
Oui! oui!
FÉRANU.
Qho vous êtes Icnt« ù comprcQdrC !