ADAM
doulx Dieu, quant je voy Et des yeulx apperçoy Mon lignage, je doy Bien estre douloureux Et vivre en granf esmoy, Qui sont par mon desroy Tous subgetz a la loy Des pescheurs maleureux ^ .
Le vers décasyllabiquc est d'un emploi très fréquent : on lui trouvait plus de grandeur qu'au vers de huit syllabes, et Ton s'en servait volontiers pour les discours placés dans la bouche de Dieu ou des grands personnages. Dans le mystère de Saint Louis^ Gringore est fidèle à cette distinction. Mais autant son style est facile, aisé, coulant, lorsqu'il emploie le levers de huit syllabes, autant, lorsqu'il se hasarde à préférer le vers décasyllabiquc, sa phrase devient lourde, embarrassée, obscure. D'une façon générale, on peut avancer que les morceaux écrits dans cette mesure sont les plus mauvais dans tous les mystères : nous n'excepterons pas ce début du Vieux Testament :