‹ Les mystèresChapitre 78 sur 115 · Geoffroi Tory, Champ Fleury^ Paris, 1529, f · texte numérisé non relu

Geoffroi Tory, Champ Fleury^ Paris, 1529, f

GeDtil ouvrier en pareille science, Et inventeur de grande véhémence.

Or Tung et Tautre est digne d'estre aymé, S'en doit aymer les choses d'excellence.

En 1547, paraissait encore le dizain cité plushaut^ de Joachim du Bellay, où les deux Greban sont qualifiés de c divins esprits ». Mais, peu d'années plus tard, le triomphe des nou* velles doctrines poétiques, représentées par la Pléiade, faisait tomber dans le dédain le théâtre du moyen âge, et dans ToubU les deux Greban, qui en avaient été certainement les plus éminents représentants. 11 semble que le peuple oublia moins vite les noms d'Arnoul et de Simon. Dans une bibliothèque rustique formée d'un très petit nombre de volumes, Noël du Fail place encore les deux Greban *.

On ne sait presque rien sur Guillaume Flamant ou Fla- MANG, auteur du mystère de Saint Didier joué à Langres en 1482. 11 fut chanoine de Langres, curé de Montheries (près de Chaumont) et mourut moine à Glairvaux. Il composa plusieurs ouvrages dont M. Carnandet a dressé la liste dans sa préface du mystère de Saint Didier. T. Tabourot, dans son Histoire des évêques de Langres, attribue à Flamant le martyre des Saints Jumeaux, autre mystère, tout entier perdu, saut quelques vers cités par Tabourot, et qui sembleraient plutôt tirés de la Chronique rimée des Evesques de Lengres, autre ouvrage du même Guillaume Flamant. 11 avait aussi composé la Déclaration des Statuts de la Confrérie de M, S. Didier, el la Vie et Cano7iisation dudict sainct en briefve ryme françoise, poème de treize cents vers, en quatre parties : dans la première on trouve les statuts de la confrérie; la seconde contient la vie et le martyre du saint; la troisième, la relation des miracles opérés par lui; la quatrième, la translation de ses reliques. Le mystère de Saisit Didier, comme on a vu ci-dessus % n'est que le développement et la mise en scène

1. (Ëuvres de Noël du Fail^ Biblioth. clzéviricnne, t. l, p. 13. Voy., sur les Greban, Paulin Paris, Mantuorits françaisyi. VI, p. S30-311. 2; Voy. ci-dessus, p. 231.

dramatique de ce poème*. En 1501, Guillaume Flamant fut mandé à Dijon pour ordonner un mystère mimé qu'on devait jouer à l'entrée du roi Louis XII.

— Un homonyme du chanoine de Langres, Michel le Flameng, religieux jacobin, composa dans le même temps les Dioo mille martyrs^ mystère perdu aujourd'hui, qui fut représenté à Amiens en 1482. Le nom de l'auteur est tout ce que nous savons de lui ^

— On ne sait aussi que le nom de Jehan du Perier , ou DU Prier, dit le Prieur, « mareschal des logis du roi de Ci* cille i (René le Bon). Il composa, sur l'ordre de ce roi, le mystère du Roi Avenir : comme il l'expose lui-même dans le prologue de l'ouvrage ^ :

Il est yray que le noble Roy René, que Dieu veuille garder, S'avisa, pour plus augmenter La vie du Roy Advenir, Qu'ung mystaire en feroit ouvrer Pour jouer ou temps a venir.

Lors pour expédier ce fait Affin que plus tost fust parfait (Quoy que bien eust trouvé meilleur) Luy ayant vouloir au parfait, U appella un sion varlet De chambre, nommé Le Prieur, Comme peut faire son Seigneur.

11 le fist de ce fait acteur, Et luy commanda a l'ouvrer, Ce point priant son créateur, Que d'erreur ie voulult garder.

Le 3 septembre 1476, Jean le Prieur prenait part à la représentation d'une farce jouée devant le roi René à Tarascon ; des « menestrez » le conduisaient lui et « les joueux par la ville etjusques devant les chaffaulx * ». Jean le Prieur reçut aussi

1. Voy. Préface du mystère de Saint Didier, édité par J. CaJrnandet; Paris, 1855, in-S.

Page 1