SAN NAN NAN NON RDS
poste restante ; 1l sera incognito jusques à son arrivée dans la capitale.
Vous terminez votre aimable épître par dire que si le nom du prince demeuroit inconnu , le roman seroit froid : vous pouvez avoir raison, mais je suis bien aise de vous dire que le dénoûment sera trèschaud, malgré la rigueur de la saison; car le prince est vraiment un payeur d’arrérages ( ne prenez pas en mal ce petit badinage), et moi je soutiens bravement | l’honneur du pavillon (passez-moi je vous | prie cette bouffée de tempérament).
J’ai l'honneur d’être , etc.
Réponse.
Paris, le 28 novembre 1785.
| Jai recu, monsieur, dimanche dernier, | votre charmante lettre, que j’ai lue troisou quatre fois. En vérité, 1l faut avouer que vous êtes un homme consommé dans la ga-
lanterie, et qu'il y auroit du danger à vous voir de trop près; mais Je crois que lon peut s'amuser, sans que cela tire à conséquence.
Vous ne me croyez pas assez dépourvue de sens commun pour me persuader que l’istoire du Prince Kabardinski ne soit une chimère. Comme j’ai un peu d’expérience, je ne suis pas tout-à-fait crédule ; je ne peux deviner le motif qui vous anime, les gens d'esprit cherchent toujours les occasions de faire des complimens : si cela est vous avez parfaitement réussi. J’ai cherchez une journée entière le nom du prince Kabardinski dans Palmanac, et je suis persuadée qu’il n'existe point de prince de ce nom ni même un qui lui ressemble, non plus que celui de son frère. Je fais la réflecsion que puisqu’il a un frère souverain, ce n’est pas à lui à payer les dettes de son père, au monarque aussi peu galant que créancier exigeant.
Ma sœur voyant la plaisanterie, vouloit m'empêcher d'écrire, mais moi qui suis enchantée de faire un petit roman de toutes