‹ Les mystifications de Caillot-Duval avec une choix de ses lettres les plus étonnantes Suivies des Réponses de ses victimes Introduction et éclaircissementsChapitre 33 sur 69 · TT BA RAT · texte numérisé non relu

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que la méfiance et la circonspection soit notre sauve garde pour qu’on ne fasse pas des risées sur notre comte.

De plus quelque crédule et quelque simple que je fusse, comment vouderiez vous que je crusse ce que vous suposez que votre sécraiter à transcrit lui-même.

En véritté, 1l faudroit être bien complaisant pour souxcrire à un pareil aveu. Non, non, je n’en croi rien. Vous avez fait une école en prenent ce biais pour répondre à l’obgection que je vous fis de ce qu’en pareil cas vous vous serviez d’une main étrangere. Je me rappelle que dans une comédie moderne, je lu : Mondieu que ces gens d’esprit sont sot. Permettes moi de me servir de ce passage, et vous dire, moi: Mon dieu / que ces gens d’esprit sont étourdis.

Vous me renvoyez aux gasetes et aux journaux qui doivent m’instruire du prince Kabardinski et du prince son frère. Doi-je m'imposer une tache si dure que de les parcourir tous. À la bonheur si ces gazetes et ces journaux étoient écrites d’un

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stil tel que celui dé la Nouvelle Héloïse !

De plus, la Crimée désolée tour à tour par les armes des Turcs et des Russes, prouveroit elle quelque chose en faveur du héros phantastique qu’il vous plairoit d'imaginer.

Avec tout votre esprit, monsieur le romancier vous avez fait une école, et même je pourois en citer plus d’une. La tête du roman alloit bien, mais vous avez pechez par la queue, et je vous laisse à penser si je devois m’en appercevoir.

Jai lu la lettre de son altesse, elle n’est | pas moins intéressante que la votre, mais ma sœur ne peut y répondre actuelment.

Elle n’est point à Paris. Comme elle a été fort malade elle est partie pour la campagne afin d’y respirer un air plus salutere.

Je lui porterai la lettre, mais ce ne peut etre avant huit jours et je songe que dans cet intervalle je peux encore recevoir une lettre de vous. Je la lui enverrois, mais elle ne se détermineroit point à répondre si je métois présente, parce quelle présume qu’il en doit être de votre prince Héracrius,

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comme de celui de Cornail. Vous entendez ce que cela veut dire. Je lirai M. de Buffon. quoique je n’en puisse pas saisir toutes les beautés. Il n’est rien que je ne fasse pour connoitre les peuples de Kabardinski. Je vous prie de dire au prince que ma sœur est à trente lieue de Paris ou elle restera une quinzaine de jours pour sa santé, elle sera sans doutte bien flattée en recevant la lettre.

Vous me marquez que vous.venez à Paris, je n’ai pu voir en quel temps vous avez mis le cachet sur la datte et je l’ai ouverte de manier que Je n’ai pü la déchifrer. Marquez nous S. V. P. quand vous reviendrez , et ne douttez point de l’acueil que vous avez droit d’attendre en arrivant à Paris et des sentimens avec lesquels, etc.

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| A Mademoiselle S... l’ainée, à Paris.

| Nancy, le 25 décembre 1785.

| Votre lettre du 14, mademoiselle, | m'est parvenue il y a quelques jours; je |

vous avoue qu’elle m’a causé le plus grand | étonnement, par le ton de plaisanterie | qui y règne. La chose d’elle-même étoit assez sérieuse, soit par le personnage qu’elle mettoit en jeu, soit par la sincérité des aveux que renfermoient mes lettres. Le silence obstiné de votre sœur m’a forcé de montrer au prince votre réponse, pour me soustraire aux reproches dont il m’accabloit; il en a été indigné, et, dans sa colère , il m’a tenu à peu près ce langage (les yeux hagards, et l’écume sur les lèvres) : Vous êtes bien osé, de m’avoir compromis avec de pareilles caillettes (c’est son mot favori); vous mériteriez que je vous envoyasse à Lodeorbarli” (c’est la

* Ce mot énigmatique n’est, comme les suivants, qu’un anagramme peu honnête. Nous laissons aux amateurs de ce divertissement le soin de deviner.

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