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capitale, attaché indissolubiement à un corps respectable, je profiterai de la première occasion pour voler dans vos climats, qui retentissent si mélodieusement sous les touches bruyantes, mais moëlleuses , que vos doigts nerveux, mais souples, agitent d’une manière non moins séduisante que relevée ; je ne vous en dirai pas davantage, ce sera pour ma prochaine lettre. J’espère que notre correspondance n’en restera pas là.
Je compte que vous aurez la bonté de m'éclaircir au plus tôt le fait principal de cette lettre. J'ai fait un pari que votre réponse décidera. — J’ai l’honneur d’être avec attendrissement, mon cher monsieur et bon ami, votre, etc.
Réponse.
Nancy, le 24 décembre 1785.
J’ai recu votre lette du 19, monsieur, et
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je suis étonné qu’un évènement aussi simple ait pu se répandre jusques dans la capitale; c’est tout uniment un chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis qui est venu chez nous à l’heure du diné, et s’est mis à table avec nous*. Je le croyois invité par mon épouse, et mon épouse le croyoit invité par moi : ce n’a été qu’au moment de sa sortie que nous avons pu nous expliquer, et que nous avons vu que nous ne le connoissions ni l’un ni l'autre. Quant à mon épouse, elle ne se souvient pas du tout de vous, ni des promenades que vous prétendez avoir fait autrefois avec elle. Je ne sais quel a été votre but en m’écrivant tous ces détails ; mais sa réputation est trop bien établie, pour qu’on puisse rien croire de fàcheux sur son compte, et si Vous avez Cru me donner de la jalousie, vous vous êtes trompé; je vous prie, par la suite, de me faire grâce de lettres pareilles , vous
* « Ce chevalier de Saint-Louis n’était autre que M. Fortia de Pilles. » (Paul Lacroix, le Pays du 6 mai 1855.)