‹ Les mythes de la BibleChapitre 13 sur 118 · F. Lenormant, Origines deVHistoire, tome II, p · texte numérisé non relu

F. Lenormant, Origines deVHistoire, tome II, p

m. TouHANiENS. — L'erreur qui a régné au sujet des Scythes a reparu, dans les temps modernes, sous une autre forme. A côté des branches assers bien définies qu'on appelle la branche indo-européenne (Aryas) et la branche sémitique (Ghaldéens, Arabes), on a institué une troisième branche qu'on désigne sous le nom de branche touranienne * . Aux Touraniens on attribuait Tunité originelle de langage aussi bien que celle de race ; les idiomes de ce groupe auraient en commun non seulement un ensemble de procédés de structure, mais encore un grand nombre de racines; il y aurait eu une langue commune primordiale, c'est-à-dire une langue-mère touranienne. Il n'en est rien, ainsi qu'on Ta dit plus haut; les idiomes ouralo-altaïques n'ont de commun que d'être à la seconde étape du langage, à savoir, celle de la forme agglutinante; leurs racines sont irréductibles; or, c'est la communauté des racines qui est l'indice caractéristique de la communauté de langue. Il n'y a donc pas plus de langue touranienne ni de race touranienne de commune origine qu'il n'y a de souche unique pour les Scythes et pour une langue scythique '.

De ces considérations, il résulte que, dans l'état actuel de la science, le groupe indo-européen et le groupe sémitique sont les seuls qui soient suffisamment

1. TopiNARD, Anthropologie, page 45i. «Toura », en persan, signifierait pays des ennemis. — F. Lenormant, OrigineSt tome II, page 203. Dans le Zend-Avesta, Toura, Airya et Çairima sont trois frères, lesquels correspondraient à trois divisions fondamentales de la Terre et des peuples.

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