II. — Le nombre V
La valeur mystique du nombre 7 a son origine dans les 7 jours de la semaine.
Les Chaldéens divisaient l'année en 12 mois; le mois en 30 jours ; les trente jours étaient subdivisés en quatre parties égales de 7 jours chacune, à savoir, du 1er au 7 ; du 8 au 14 ; du 15 au 21 ; du 22 au 28 ; les deux derniers jours restaient en dehors de la série des quatre semaines; la série reprenait le mois suivant, du 1er au 7, etc. *.
La division de la semaine en 7 jours correspondait à la durée de chacune des phases de la Lune. Ce serait postérieurement, paraît-il, que, du caractère lunaire, la semaine serait passée au caractère planétaire.
D'après les écrivains classiques ', ce seraient les Égyptiens qui auraient donné à la semaine son caractère planétaire. C'est la semaine planétaire qui aujourd'hui est en usage et le sera vraisemblablement jusqu'à la consommation des siècles. En effet, si Ton veut bien se rappeler deux choses, à savoir que les Anciens regardaient le Soleil comme une planète ; ensuite, que le premier jour appelé par les peuples latins Dimanche se nommait autrefois le Jour du Soleil et porte encore ce nom chez les Anglais, Sunday, et
i. F. Lenormant, Originet, tome I^^ page 343^ la note. 2. Dion Gassius, IQCYII, 47 et 18 ; Aulu-Gelle, Nuits attiques, III, 10, etc.
chez les Allemands, Sonntag, on a pour chaque jour de la semaine les noms des sept planètes :
i^ Solis dieSj jour de la planète Soleil (Dimanche); ^ Lunœ dies, jour de la planète Lune ou Lundi; 3** Martis dies, jour de la planète Mars ou Mardi; 4<> Mercurii dies, jour de la planète Mercure ou Mercredi ; 50 Jovis dies, jour de la planète Jupiter ou Jeudi; 6° Veneris dies, jour de la planète Vénus ou Vendredi; 7* Saturni dies, jour de la planète Saturne ou Samedi.
Les écrivains catholiques modernes ont essayé d'attribuer la division de la semaine en 7 jours aux six jours de la Création augmentés du jour du repos *. La seule étymologie du nom des sept jours suffit pour réduire à néant cette assertion.
La vénération que les Sémites ont eue primitivement pour le chiffre 7 a laissé des traces dans la Genèse. Deux traditions de sources différentes, Tune jéhoviste, l'autre élohiste, ont donné chacune la ligne des descendants d'Adam. Ces deux listes généalogiques sont d'un grand intérêt, car les modifications que Tune d'elles plus tard a subies mettent en évidence le caractère mythique des généalogies de la Genèse, Les noms des deux listes sont hébreux ; la signification française en est donnée. Adam en hébreu signifie l'Homme par excellence; Enosch en hébreu signifie également l'Homme par excellence ; il est le synonyme exact de Adam *. Il suit de là que les deux listes sui-